Loin de moi l’intention de gâcher la fête. De minimiser l’importance de la victoire arrachée par le Canadien samedi soir à Toronto.

 

Car oui elle est importante cette victoire. Elle pourrait même devenir très importante. Car si le Canadien fait les séries par deux points le printemps prochain au lieu de les rater par deux points comme ce fut le cas le printemps dernier, on pourra revenir sur cette partie du 5 octobre et louanger la belle remontée alors orchestrée par Carey Price et ses coéquipiers.

 

Mais! Car oui il y un gros, mais!

 

Bien que le Canadien ait bel et bien gagné, il y a des vérités deux brins négatives qui doivent être dites.

 

La première : pendant 40 minutes, le Canadien avait l’air de tout sauf d’un club qui avait des chances sortir de Toronto avec une première victoire à sa fiche.

 

Non seulement les Maple Leafs étaient trop forts, mais le Canadien s’assurait de leur remettre la rondelle de mille et une façons pour que les Matthews, Marner, Tavares et compagnie s’en donnent à cœur joie aux dépens de Carey Price. Et bon Dieu qu’ils semblaient s’amuser!

 

Et je parle ici bien sûr des Leafs.

 

Car en ce qui a trait au Canadien, il ne jouait vraiment pas bien. En fait il jouait mal.

 

Hormis le but magnifique de Max Domi 68 secondes après la mise en jeu initiale, un but offert par une passe savante d’Artturi Lehkonen dans l’enclave, le Canadien multipliait les passes molles, voire ratées, et bousillait sortie de zone, après sortie de zone.

 

Le meilleur pour la fin

 

Autre vérité : heureusement pour le Canadien, ces 40 minutes de mauvais hockey, c’est lors des deux premières périodes qu’il l’a disputé.

 

Une troisième : tout aussi heureusement pour le Canadien, laissé pratiquement à lui-même Carey Price a pris les moyens pour garder son club dans la rencontre. Non seulement n’avait-il rien à se reprocher sur les trois buts accordés sur les 24 tirs des Leafs au cours des deux premiers tiers, mais ses arrêts permettaient à son équipe de ne pas être complètement ridiculisée. Du moins au pointage. Car sur la glace, ce n’était vraiment pas beau.

 

ContentId(3.1340142):LNH : Canadiens 6 - Maple Leafs 5 (tirs de barrage)
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Qu’est-ce qui a changé? Et ça aussi c’est bien vrai n’en déplaise aux partisans qui voudraient que le gain se traduise par un concert d’éloges à l’endroit de leurs favoris, les Leafs ont arrêté de jouer lorsqu’ils ont pris les devants 4-1 en début de troisième.

 

Pas question ici de refuser de souligner le caractère du Canadien. Car oui il a ensuite marqué quatre buts sans riposte pour transformer le recul de 1-4 en avance de 5-4. Une avance qu’il a perdue en toute fin de rencontre avant que Price ne se dresse tel un mur dans une séance de tirs de barrage dont il était clair qu’il sortirait gagnant.

 

Price-Hutchinson : duel ô combien inégal

 

Pourquoi est-ce que ce résultat était écrit dans le ciel?

 

Parce que contrairement à Price qui a tenu le fort pendant que son équipe ne jouait pas lors des deux premières périodes, Michael Hutchinson a été à la hauteur du gardien auxiliaire bien ordinaire qu’il est lorsque son équipe a cru que le match était fini bien avec un peu moins de 15 minutes à faire en troisième.

 

« C'était extrêmement divertissant »

Hutchinson n’a pas fait d’arrêts. Ou pas assez. En fait, il n’a pas fait ce que Price a su faire à l’autre bout de la patinoire : c’est-à-dire les gros arrêts.

 

Il ne pouvait rien sur la rondelle que Morgan Rielly a fait dévier derrière lui sur la séquence qui s’est soldée par le 2e but du Tricolore. Un but octroyé à Jonathan Drouin. Un but chanceux? Oui un peu. Mais sur ce but, Drouin et ses coéquipiers ont mis les chances de leur côté en travaillant plus fort que l’adversaire et en convergeant au filet adversaire.

 

Et c’est exactement ce qu’ils ont continué à faire après ce deuxième but. Au lieu de regarder bêtement Carey Price se faire assaillir par les Leafs comme ils l’avaient fait pendant les deux premières périodes, ils ont pris le filet de Hutchinson d’assaut à leur tour.

 

Cette pression qui avait fait cruellement défaut lors des deux premières périodes a permis de profiter du gardien auxiliaire qui a accordé quatre buts sur 12 tirs.

 

Savoir profiter de ses chances

 

Est-ce que le caractère affiché par le Canadien a aussi joué un facteur?

 

Oui! Bien sûr!

 

Mais les arrêts de Price, la décision de Claude Julien de remanier ses trios pour survolter des joueurs qui en avaient vraiment besoin, le laisser-aller des Leafs et le manque à gagner d’arrêts réalisés par leur gardien ont ouvert la porte à cette démonstration de caractère.

 

Tout comme la crampe au cerveau de Kasperi Kapanen. J’avais déjà vu des joueurs lancer leur bâton en direction d’une rondelle qui s’en allait vers une cage déserte ou d’autres lancer leur bâton en direction d’un adversaire qui s’en allait en échappée.

 

ContentId(3.1340102):LNH : Crampe au cerveau de Kasperi Kapanen, but de Jeff Petry! (hockey)
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Mais je n’avais encore jamais vu un gars dont le bâton venait de se briser, lancer le manche dont il devait obligatoirement se débarrasser sur un joueur qui se tenait droit devant lui avec la rondelle.

 

C’est ce que Kapanen a fait aux dépens de Jeff Petry. Un geste qui a donné au défenseur du Tricolore un tir de pénalité dont il a profité pour marquer. Ce qui nivelait alors des chances 4-4.

 

Là encore, le Canadien a été chanceux. Mais il a su profiter de cette chance. Et c’est là que je tiens à lui offrir tout le mérite de victoire de samedi.

 

Quand il s’est soudainement mis à jouer au hockey, à jouer du bon hockey au lieu de faire semblant comme cela avait le cas lors des deux premières périodes, le Canadien s’est donné une chance de gagner.

 

Petry a profité de la crampe au cerveau de Kapanen

 

Est-ce que le Canadien est meilleur que les Leafs?

 

Offensivement pas du tout.

 

Défensivement par exemple, les Leafs sont très vulnérables. Et lorsque leur gardien numéro un Frederik Andersen n’est pas au sommet de son art, ils le deviennent bien plus. Imaginez alors lorsque c’est un adjoint bien ordinaire qui est devant la cage et vous avez un club à qui il est possible de passer une jambette. Comme le Canadien l’a fait aux Leafs samedi. Quoique personnellement, je considère que les Leafs se sont enfargés eux même dans leurs patins qu’ils ont délassés bien trop vite.

 

Je veux bien donner au Canadien le crédit qui lui revient. Mais il serait malhonnête de croire que le résultat peut effacer tout ce que le Tricolore a fait de mal et de très mal samedi. Ce ne serait pas juste malhonnête. Ce serait dangereux. Car ce résultat pourrait laisser croire que le Canadien est meilleur qu’il ne l’est vraiment.

 

Fleury-Suzuki: soirée difficile  

 

Après Victor Mete et Shea Weber qui ont connu un match difficile en Caroline jeudi dernier, c’était au tour du duo de Brett Kulak et Cale Fleury d’en arracher. Le jeune Fleury était visiblement dépassé par ce qui se passait autour de lui. Et c’est normal pour un gars qui en était à son deuxième match en carrière dans la LNH.

 

Et vous savez quoi? Il en aura d’autres des matchs comme celui d’hier. Des rencontres au cours desquelles il devra être gardé au banc pour reprendre son souffle, ses esprits, ses moyens et sa confiance. Comme Claude Julien l’a fait avec lui samedi.

 

Cale Fleury a commis des erreurs de recrue

Et si ces matchs difficiles se succèdent trop souvent, le Canadien pourra le retourner à Laval pour qu’il poursuive son apprentissage.

 

Brett Kulak n’a pas aidé la cause de Fleury diront plusieurs. Avec raison. Mais l’important pour le Canadien n’est pas de partager les blâmes : c’est de compter sur la meilleure brigade défensive possible. Peu importe les noms des arrières en place.

 

Fleury a très bien paru en matchs préparatoires. Il est normal que ce soit plus difficile maintenant qu’il n’affronte que des vrais joueurs qui jouent pour vrai.

 

Il en va de même pour Nick Suzuki. À Toronto, contre les Leafs, devant parents et amis, Suzuki semblait vraiment étourdi samedi. Tout allait trop vite pour lui. D’où la décision de le garder avec le 4e trio au dernier tiers.

 

Le fait qu’il soit avec le grand club représente une surprise heureuse. S’il devait être cédé un jour à Laval lui aussi, ce ne serait pas nécessairement une surprise malheureuse.

 

En bref

  • Jeff Petry a marqué un but sur le tir de pénalité que lui a offert Kasperi Kapanen en cadeau samedi. Contre toute attente, il a marqué un très beau but qui pourrait peutêtre lui valoir une place dans les séances de tirs de barrage si les joueurs normalement utilisés devaient connaître des ratées…
     
  • Petry a été le joueur le plus occupé des deux camps samedi avec ses 30 présences totalisant 28:02 de temps d’utilisation…
     
  • Petry aussi dominé les joueurs du CH et des Leafs avec 14 tirs tentés, dont sept ont atteint la cible.
     
  • Brendan Gallagher aussi cadré sept de ses 12 tirs, mais c’est Shea Weber avec huit rondelles qui ont atteint la cible qui a été le meilleur à ce chapitre. Le capitaine du Canadien a toutefois raté le filet cinq fois...
     
  • Austin Matthews est un marqueur redoutable. Il l’a démontré en déjouant Carey Price à deux reprises avec des tirs précis alors que le gardien du Canadien était toutefois aux prises avec beaucoup d’action autour de son but...
     
  • Une fois en tirs de barrage, Price s’est dressé devant Matthews, Marner et Tavares à qui il n’a donné aucune chance tant il était imposant devant sa cage...
     
  • À l’autre bout de la patinoire, Hutchinson a été déjoué par Paul Byron avant d’effectuer l’arrêt aux dépens de Jordan Weal. Le Canadien n’a pas eu à envoyer de troisième tireur en raison de la perfection de son gardien...
     
  • Le trio de Phillip Danault a été le meilleur du Canadien samedi à Toronto. Tomas Tatar a été discret, mais Danault s’est distingué avec un but et une passe et il s’est surtout imposé avec 15 mises en jeu gagnées sur les 25 disputées (60 %). Il a gagné plusieurs de ces duels lors de mises en jeu très importantes…
     
  • Jesperi Kotkaniemi (2 en 7 = 22 %) et Max Domi (7 en 12 = 32 %) ont connu des soirées plus difficiles aux cercles de mises en jeu samedi. De fait, Kotkaniemi a connu un match difficile point...
     
  • Le Canadien profitera d’une pause de trois jours avant de disputer son prochain match mercredi à Buffalo. Il sera à Montréal le lendemain pour la première rencontre de la saison au Centre Bell alors que les Red Wings de Detroit seront les visiteurs...
     
  • Bon dimanche!