Les partisans du Canadien qui salivaient à l’idée de voir Marc Bergevin profiter de l’ouverture du marché des joueurs autonomes pour leur offrir Taylor Hall et conclure une transaction avec les Jets pour ajouter Patrik Laine sur la table sont déçus.

 

Car ce n’est que Brandon Baddock que le DG du Tricolore leur a offert en guise de collation.

 

Du moins pour l’instant.

 

Baddock est un colosse qui pourrait compléter un quatrième trio en cas de besoin. Mais comme l’Albertain âgé de 25 ans n’a jamais réussi à disputer un seul match – un vrai match puisqu’il a déjà fracturé la joue de Nicolas Deslauriers dans le cadre d’un match préparatoire contre Montréal – avec les Devils qui l’ont repêché (6e ronde) en 2014, c’est davantage avec le Rocket qu’avec le Canadien qu’on risque de le voir. D’où le contrat à deux volets – salaire de 700 000 $ dans la LNH et de 100 000 $ dans la Ligue américaine – qu’il a signé.

 

Taylor Hall dans la mire de Bergevin

On est loin de Taylor Hall et de Patrik Laine. Mettons!

 

Mais bien que Marc Bergevin ait convenu en point de presse vendredi après-midi qu’il s’intéressait à Taylor Hall et qu’il avait des discussions avec son camp, il serait périlleux de retenir son souffle en attendant la confirmation de sa mise sous contrat par le Canadien.

 

Taylor intéresse le Canadien parce que toutes les équipes de la LNH s’intéressent à un marqueur de son talent. Même chose pour Laine.

 

Mais est-ce que le Canadien a vraiment les moyens de s’offrir Taylor Hall?

 

Avec la mise sous contrat du nouveau venu Josh Anderson – 38,5 millions $ pour sept ans, moyenne annuelle sous le plafond de 5,5 millions $ -- et celles de Noah Juulsen, Victor Mete et Xavier Ouellet qui  signé un contrat de deux ans à deux volets (1,475 M $ dans la LNH et 425 000 $ à Laval où il pourrait reprendre son poste de capitaine du Rocket) le Canadien a près de 3,9 millions $ de marge sous le plafond comme nous l’indiquent les collègues du site CapFriendly.com.

 

Marc Bergevin ayant indiqué qu’il tient à se garder un coussin de 1,5 à 2 millions $ pour réagir face à d’éventuelles urgences lors de la prochaine saison, il lui reste donc quelque chose comme 1,9 million $ comme marge de manœuvre. C’est mince pour s’offrir Taylor Hall.

 

Surtout qu’il doit encore s’entendre avec les Charles Hudon qui peut profiter de l’arbitrage.

 

Je serais très surpris que Taylor Hall accepte de venir jouer à Montréal ou d’aller jouer n’importe où dans la LNH pour 6 millions $ par saison. Soit le salaire qu’il touchait l’an dernier.

 

Il ne pourra sans doute pas fracasser la barre des 8 millions $ par saison. Mais les 7 millions $ annuellement sont envisageables.

 

Serait-il possible de dégager une marge de 7 millions $ sous le plafond chez le Canadien?

 

Oui si Marc Bergevin décidait de se départir d’un gros contrat. Ce qui n’arrivera pas.

 

Oui Bergevin pourrait, disons, larguer Tomas Tatar (4,8 millions $) et Artturi Lehkonen (2,4 millions $) pour s’offrir de l’espace.

 

Mais en plus d’offrir 7 millions $ à Hall, il faut lui ajouter des années. Disons qu’il est généreux avec le Canadien et qu’il accepte un contrat de quatre ans. De trois. Même de deux ans. Qu’est-ce que le Canadien devra faire l’an prochain pour garder Brendan Gallagher et Phillip Danault et éviter de les perdre au marché des joueurs autonomes?

 

Convaincre Jake Allen de se contenter d’un million $ par année? Donner à Cayden Primeau le poste d’adjoint à Carey Price.

 

Ce ne serait pas suffisant.

 

Larguer en plus Paul Byron et Brett Kulak? Ok! Mais ce ne serait pas assez non plus. À moins de dire à Danault : merci pour tes bons services, mais va toucher le gros lot ailleurs.

 

Sacrifier en plus Ben Chiarot ou Joel Edmundson pour garder Danault?

 

À un moment donné, il faut assez de joueurs, même s’ils ne sont que des joueurs de soutien, pour composer une équipe.

 

On aimerait tous voir Taylor Hall avec le Canadien. Encore faut-il avoir les moyens de ses ambitions. Et le Tricolore ne les a pas. Il les a en argent sonnant, mais pas en marge de manœuvre sous le plafond. Surtout que dans deux ans, ce sera au tour des Suzuki et Kotkaniemi à venir s’enrichir à leur tour.

C’est comme les voitures de luxe. Je ne sais pas pour vous, mais j’aimerais bien rouler en Ferrari ou en Maserati. Mais mon budget me permet seulement de m’asseoir derrière le volant d’une telle voiture au Salon de l’auto…

 

Wayne Simmonds a choisi Toronto

 

C’est pour cette raison qu’à défaut de pouvoir s’offrir Taylor Hall ou Patrik Laine, Marc Bergevin avait plutôt Wayne Simmonds dans la mire vendredi matin.

 

Wayne Simmonds prend le chemin de Toronto

Je sais! Simmonds n’est plus le joueur qu’il a déjà été. De pas très rapide, il est devenu lent. Et il n’a pas marqué au rythme que les Devils du New Jersey l’espéraient (8 buts, 24 points en 61 matchs) lorsqu’ils lui ont offert 5 millions $ pour un an au marché des joueurs autonomes à l’été 2019.

 

Mais à bon prix, dans un rôle de soutien, je suis convaincu que Simmonds aurait pu aider le Canadien.

 

Nous n’aurons pas à regarder très loin pour le savoir puisque le gros attaquant qui a déjà été un atout de premier plan en attaque massive s’est entendu avec les Maple Leafs de Toronto.

 

Simmonds aurait touché plus d’argent avec le Canadien qu’avec les Leafs qui lui ont offert un contrat d’un an d’une valeur de 1,5 million $.

 

Il a choisi de rentrer dans sa ville natale. Il a aussi choisi des Leafs qui, sur papier du moins, ont plus de chances d’aller loin en séries que le Canadien. Surtout s’ils arrivent à renflouer leur brigade défensive en s’offrant Alex Pietrangelo.

 

On verra.

 

À défaut d’avoir pu attirer Simmonds – au grand plaisir de plusieurs amateurs si je me fie aux échanges que j’ai eus toute la journée vendredi avec eux – c’est en direction de joueur de ce type que je crois que le Marc Bergevin se dirigera pour compléter les améliorations apportées à son club.

 

Des gars comme Erik Haula, Matt Martin, Corey Perry que je nomme à titre d’exemples et non comme suggestions. Ces joueurs sont disponibles à titre de joueurs autonomes. Mais d’autres du même genre sont aussi disponibles alors que de nombreux clubs sont prêts à larguer des contrats justement pour s’offrir un peu d’oxygène sous le plafond.

 

Anderson - CH: un pari mutuel

 

Si Marc Bergevin a refusé de dépenser sans compter vendredi, il est loin de s’être retenu jeudi soir alors qu’il a allongé les 38,5 millions $ que le Canadien paiera à Josh Anderson pour les sept prochaines années.

 

« Anderson, un joueur unique dans la LNH »

Dans ce contrat, ce n’est pas le salaire comme le nombre d’années qui surprend.

 

Alors que les Blue Jackets de Columbus ont offert un contrat de deux saisons seulement (10,6 millions $) à Max Domi qu’ils ont acquis en retour d’Anderson, le Canadien s’est montré très généreux.

 

Trop aux yeux de plusieurs.

 

Ce contrat, comme celui tout récent qu’a signé Jeff Petry (25 millions pour quatre ans) est à l’image des paris mutuels que les joueurs et les équipes prennent conjointement en ce temps d’incertitude.

 

Sept ans c’est long. Ce sera une éternité si Anderson ne redevient pas le joueur qu’il était il y a deux ans. Un joueur que le Canadien et bien d’autres clubs convoitaient alors.

 

Mais sept ans, ce sera une sécurité pour le Canadien si Anderson, comme il l’a assuré vendredi en point de presse, est remis à 100 % de sa blessure à l’épaule qui l’a miné l’an dernier. S’il est en mesure de se servir de cette épaule blessée et de l’autre qui ne l’était pas, pour frapper rondement ses adversaires et aider Nick Suzuki et Jonathan Drouin – ses compagnons de trio si j’avais à dresser l’alignement – à marquer des buts. À marquer plus de buts qu’ils ne l’ont fait l’an dernier. Et à marquer aussi en avantage numérique. Un avantage numérique qui a été une des faiblesses les plus marquantes du Canadien encore l’an dernier.

 

« Absolument ravi d'être à Montréal pour 7 ans »

Si Anderson redevient le joueur qu’il est en mesure d’être, le Canadien sera heureux de l’avoir mis sous contrat pour sept ans. Car contrairement à Max Domi qui pourra quitter Columbus dans deux ans et profiter de l’autonomie complète qui lui vaudra des offres alléchantes s’il joue à la hauteur de son talent au lieu de passer son temps à bougonner, Josh Anderson ne pourra pas être sollicité par des équipes qui pourraient alors envier le Canadien.

 

Anderson et le Canadien ont pris des paris chacun de leur côté avec ce contrat. Si tout va bien, les deux camps rentreront de la table des négociations avec de beaux gains en poche.

 

L’avenir nous le dira.

 

Mete : un tremplin vers Laval… ou ailleurs

 

Autre dossier réglé chez le Canadien, celui de Victor Mete qui a signé un contrat d’un an d’une valeur de 735 000 $.

 

Nouveau contrat d'une saison pour Victor Mete

Le seul point positif pour Mete dans ce contrat est qu’il l’assure d’un même salaire dans la Ligue nationale ou dans la Ligue américaine.

 

Car pour le reste, j’interprète ce contrat comme un tremplin qui le chassera du vestiaire du Canadien. Je n’ai jamais été vraiment convaincu de la valeur de Mete comme défenseur dans la LNH. Il est un habile patineur, il a une bonne vision du jeu, mais pour le reste, pour tout le reste, c’est mince.

 

Avec l’embauche de Joel Edmundson et l’arrivée d’Alexander Romanov, je ne crois pas que Mete ait encore une place au sein de la brigade défensive du Tricolore. Surtout que son manque de robustesse est loin d’en faire un candidat pour le troisième duo.

 

Au mieux, Mete sera un réserviste.

 

Et s’il doit être rétrogradé à Laval, il pourra profiter de son éventuel passage au ballottage pour peut-être obtenir une chance ailleurs. Cela dit, avec un contrat aussi léger en salaire et en durée, Mete pourrait facilement être échangé si jamais le Canadien décidait de le faire.

 

Ce qui me semble acquis, c’est que Mete jouera plus de matchs à Laval qu’à Montréal – si la saison débute un jour dans la Ligue américaine – ou qu’il passera à une autre organisation au cours de la prochaine saison.

 

En attendant la prochaine saison et le Masters!

 

Je ne sais pas combien de temps s’écoulera avant que les gros noms, les Taylor Hall, Alex Pietrangelo, Torey Krug obtiennent les gros contrats qu’ils espèrent.

 

Mais il est clair que l’incertitude financière créée par la Covid-19 cette saison a poussé les équipes à faire preuve d’une grande prudence et d’une plus grande retenue encore.

 

Bergevin : des cases étaient déjà cochées

On est loin, très loin, des folies des dernières années.

 

Ça prolongera les heures d’ouverture du marché des joueurs autonomes et ça poussera peut-être des clubs à se tourner vers des transactions plutôt que des embauches qu’ils ne peuvent pas vraiment se permettre.

 

Chose certaine, comme on ne sait pas encore si la prochaine saison débutera bel et bien en janvier, les équipes ont encore du temps pour compléter les améliorations qu’elles veulent apporter à leur formation.

 

Ça donne donc encore bien du temps à Marc Bergevin de compléter le travail amorcé depuis l’élimination du Canadien.

 

Normalement, je terminerais ce texte en vous souhaitant un bon été et en vous donnant rendez-vous en septembre pour l’ouverture du camp d’entraînement.

 

Cette année, c’est différent.

 

Entre les feuilles à ramasser et les quelques rondes de golf à disputer d’ici à ce le froid s’installe pour de bon, nous aurons l’occasion d’échanger souvent sur les projets de retour au jeu de la LNH.

 

Sans oublier le Tournoi des Maîtres qui mettra de l’éclat dans un mois de novembre habituellement bien gris.

 

On reconnecte bientôt!