MONTRÉAL - Toutes les victoires sont importantes. Surtout dans le cadre d’une saison écourtée de 56 matchs alors que les contrecoups de la Covid – la LNH a déjà reporté 26 matchs – pourraient rendre plus ardu un calendrier qui l’est déjà pas mal.

 

Certaines victoires le sont toutefois plus que d’autres. Celle de samedi, à Ottawa, aux dépens des Sénateurs, entre dans cette catégorie.

 

Pour deux raisons :

 

Battu à la maison par le pire club de la LNH, un club qui avait perdu ses neuf derniers matchs (0-8-1-0), un club qui complétait un voyage de sept matchs au cours duquel il avait effectué des escales à Winnipeg, Vancouver et Edmonton, le Canadien devait récupérer les points échappés aux mains des « Sens ». Et surtout éviter la « catastrophe » de perdre deux fois de suite contre un club condamné à jouer les trouble-fêtes encore cette année.

 

Mais voilà : contre des Sénateurs qui ont fait mentir le principe selon lequel les joueurs sont à plat lors du premier match disputé après un long séjour à l’étranger, le Canadien a été la moins bonne des deux équipes sur la patinoire. Mais il a gagné quand même.

 

Et ça, c’est important.

 

Pas question ici de prétendre que le Canadien a disputé un grand match samedi. Car ce serait faux. Vrai qu’il a été solide en première période. Mais il a été totalement éclipsé en deuxième alors que les Sénateurs ont mieux joué, mieux patiné, mieux travaillé en plus d’obtenir des attaques massives attribuables à de mauvaises pénalités écopées par les joueurs du Tricolore.

 

En troisième, malgré le sérieux rappel à l’ordre lancé par Claude Julien au cours deux deuxième entracte, un rappel à l’ordre qui a été suivi par le but rapide, et gagnant, de Josh Anderson, ce sont encore les Sénateurs qui ont été les meilleurs.

 

Le manque d’expérience, le manque de fini, un brin ou deux de malchance alors qu’ils ont frappé deux fois le poteau et la performance solide de Jake Allen ont empêché les Sénateurs de réaliser un doublé qui aurait soulevé une déferlante de grogne chez les partisans du CH.

 

Ce n’est pas pour rien que l’entraîneur-chef D.J. Smith semblait plus satisfait de ses jeunes joueurs dans la défaite que Claude Julien ne l’était dans la victoire.

 

« J’ai adoré l’effort déployé par nos joueurs. Nous avons été dans le coup du début à la fin de la rencontre. À cinq contre cinq, nous avons été très solides sur la rondelle. Le match s’est décidé en avantage numérique. Nous avons été efficaces et avons marqué une fois. Jake Allen a été très bon devant leur filet, mais nous devons être plus incisifs pour profiter de toutes ces chances », a indiqué Smith en faisant référence aux six attaques massives au cours desquelles son équipe a marqué une fois sur les huit tirs obtenus.

 

« Comme équipe, nous n’avons pas joué notre meilleur match », a reconnu le coach du Canadien qui a tenu à donner du crédit à l’adversaire.

 

« Gagner des matchs 5-1 ou 5-2 c’est beau, mais un moment donné il faut sortir gagnants des matchs serrés. Il faut donner du crédit à Ottawa. Les deux matchs contre nous, ils ont joué dur, ils ont travaillé fort. Je suis convaincu qu’ils sont en train de tourner le coin. Ils sont en train de gagner en confiance. Ce sera un club difficile à affronter, mais c’est bon d’avoir ce genre de défi, car on doit apprendre à jouer ce genre de défi. C’était notre quatrième match en six jours, ce ne sont pas tous les joueurs qui étaient à leur maximum, mais on a trouvé une façon de gagner. »

 

Perry réveille l’attaque massive

 

Blanchie en huit occasions lors des deux derniers matchs, l’attaque massive a donné le ton à la rencontre.

 

Petry exploite ses instincts offensifs

C’est Jeff Petry qui a marqué ce but, mais le gros du crédit doit aller à Corey Perry.

 

Quand on regarde la séquence qui a mené au but, on se rend compte que Perry est complètement oublié par les défenseurs des Sénateurs. Si c’est leur stratégie, elle est bien mauvaise.

 

Car avec Perry devant lui, Matt Murray ne voyait rien de rien. Le gardien des « Sens » n’a jamais vu la rondelle tirée de la pointe par Petry passer à ses côtés. Mais quelques secondes plus tard, toujours aveuglé par la présence de Perry, Murray ne s’est jamais rendu compte que la rondelle est passée tout juste devant lui pour glisser vers sa droite d’où Jonathan Drouin aurait pu marquer dans une cage déserte n’eût été fait que le « disque » était entre ses patins.

 

Perry n’a pas eu de passe sur ce premier but du Canadien. Mais c’est lui qui a sonné l’éveil de l’attaque massive.

 

Déjà quatre victoires pour Allen

 

J’ai décidé de glisser jusqu’ici le volet gardien, car j’ai bien peur que la performance de Jake Allen samedi, et ses performances depuis le début de la saison, lanceront un nouveau débat de gardiens.

 

Jake Allen performe, pas de controverse!

Un débat que je tiens à ne pas trop alimenter. Mais bon!

 

Il est aussi nécessaire de donner à Jake Allen tout le crédit qui lui revient. Et il lui en revient beaucoup.

 

À Ottawa samedi, Allen a réalisé 34 arrêts pour signer sa quatrième victoire cette saison. Le nouvel adjoint de Carey Price affiche déjà le même nombre de victoires que tous les adjoints qui ont défilé devant la cage du Tricolore l’an dernier : Charlie Lindgren a gagné deux fois, Keith Kinkaid et Cayden Primeau une fois chacun. C’est tout? Oui c’est tout!

 

Plus encore que ces quatre victoires, Allen a déjà obtenu cinq départs alors que les adjoints ont offert 13 matchs de congé à Carey Price qui a disputé 58 rencontres.

 

À ce rythme, Allen disputera 23 des 56 matchs du Tricolore. Une stratégie qui permettra de garder Carey Price frais et dispo en vue des séries. C’est clair. Mais en même temps, cette stratégie lui donnera-t-elle assez de « millage » pour composer avec le rythme effréné des séries? Lui donnera-t-elle assez de « millage » pour rebondir après des sorties plus ordinaires ou carrément mauvaises?

 

Après une sortie qu’on peut facilement qualifier de difficile jeudi, il aurait été normal que Carey Price obtienne l’occasion de rebondir dès le match suivant. Surtout qu’il croisait les mêmes adversaires.

 

S’il était aussi mal épaulé cette année qu’il l’était l’an dernier, c’est sans doute ce qui serait arrivé. Mais parce que l’état-major affiche, avec raison, beaucoup plus de confiance en Allen cette année, le Canadien a suivi le plan établi. Car le plan prévoyait que la rencontre de samedi serait amorcée par Allen qui a d’ailleurs indiqué après la victoire qu’il savait depuis quelques jours déjà qu’il sera de faction à Ottawa samedi.

 

Allen a relevé le défi avec brio.

 

Et voilà qu’après cinq départs, il présente non seulement quatre victoires, une petite de moins que Price qui a amorcé sept matchs, mais sa moyenne de buts alloués par match (1,81) et son efficacité (94 %) sont de beaucoup supérieures à celles de Price (2,81 et 89,9 %).

 

C’est assez pour permettre aux détracteurs de Carey Price pour reprendre le flambeau.

 

Avec trois jours de congé avant les deux prochains matchs – mercredi et jeudi au Centre Bell contre les Leafs et les Oilers – un troisième match la semaine prochaine qui sera disputé à Toronto samedi avant une longue pause de sept jours, les deux gardiens devraient encore voir de l’action.

 

On verra où tout ça mènera. Autant sur la glace que sur les médias sociaux et tribunes sportives...

 

Entre les lignes

 

Avec son but de samedi, Jeff Petry en revendique déjà six cette saison. Ça lui donne le premier rang chez les défenseurs avec une avance de deux – en fin d’après-midi samedi – que John Carlson des Capitals de Washington. Ces six buts permettent aussi à Petry de rejoindre Sheldon Souray à titre de seuls défenseurs de l’ère moderne du Canadien – depuis 1943-1944 – à revendiquer six buts après les 12 premiers matchs de la saison...

 

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Le but en attaque massive a aussi permis à Petry (2 buts, 6 points) de rejoindre Shea Weber (2 buts, 6 points lui aussi) au premier rang des marqueurs du Tricolore en supériorité numérique cette saison...

 

Claude Julien a signé, samedi, sa 200e victoire en carrière derrière le banc du Canadien. Julien a maintenant dirigé 430 rencontres au cours de ses deux séjours à Montréal. En 1268 parties dirigées dans la LNH – au New Jersey et à Boston en plus de Montréal – il revendique 666 gains et une récolte de 1492 points…

 

Avec sa victoire de samedi, à Ottawa, le Canadien n’a toujours pas encaissé de revers en temps réglementaire (5-0-1-1) sur la route cette saison. Les Panthers forment la seule équipe dans la même situation, mais ils n’ont disputé que quatre rencontres à l’étranger jusqu’ici (3-0-0-1)...

 

Josh Anderson a enfilé son 8e but de la saison samedi. Son troisième but gagnant en huit victoires du Tricolore. Anderson surfe aussi sur une séquence de quatre matchs consécutifs avec au moins un point, séquence au cours de laquelle il a marqué quatre buts et ajouté une passe...

 

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