TORONTO - Si la tendance se maintient, Shea Weber reviendra au jeu deux semaines plus vite que prévu. Il est hors de question qu’il endosse l’uniforme au cours de la tournée du Tricolore dans l’Ouest canadien, mais il jouera vraisemblablement avant la fin du mois.

 

Opéré au genou l’été dernier, le capitaine du Canadien a participé à un premier entraînement avec ses coéquipiers, lundi, à Edmonton. S’il est en mesure d’ajouter rapidement la notion de contacts lors des prochains exercices, il n’est pas exclu qu’il puisse disputer un premier match la semaine prochaine : à Buffalo vendredi, ou le lendemain au Centre Bell dans le cadre de la première visite des Bruins de Boston? On verra. Mais cette hypothèse tient la route.

 

S’il est prêt pour affronter les Sabres, il est toutefois acquis qu’il ne disputerait pas deux matchs en deux soirs.

 

Initialement, Weber devait revenir au jeu au milieu, voire à la fin du mois de décembre. Il est donc en avance de deux semaines sur les paramètres initiaux établis par les médecins quant à son retour.

 

Si son retour hâtif se confirme, la présence du capitaine sera grandement bienvenue considérant la vulnérabilité de la défensive du Tricolore. Car bien qu’ils aient réussi à pallier un tant soit peu l’absence de leur capitaine et leader à la ligne bleue, Jeff Petry, Mike Reilly et les autres membres du groupe de défenseurs du Canadien sont beaucoup plus perméables depuis une dizaine de parties.

 

Avec les conséquences qu’Antti Niemi et Carey Price ont accordé beaucoup de buts au cours des dernières parties.

 

Wilson : suspension écourtée

 

L’état-major de la LNH et les directeurs généraux des 31 équipes étaient réunis à Toronto lundi dans la cadre d’une rencontre qui sert normalement à mettre la table sur les changements de règlements étudiés à la réunion printanière.

 

Pour une rare fois depuis des années, aucun changement d’importance n’est à l’ordre du jour.

 

« Nous passerons le livre des règlements en revue et Stephen Walkom – le responsable des arbitres – procédera à l’élimination ou la modification de règles qui sont soit désuètes ou qui ont besoin d’être mises à jour, mais ce seront des changements très mineurs qui n’auront pas d’impact sur le jeu », a indiqué le grand patron des opérations hockey, Colin Campbell.

 

Parallèlement aux discussions qui se sont déroulées dans les bureaux de la LNH, à un jet de pierre du domicile des Maple Leafs, la Ligue a essuyé un revers alors qu’un arbitre indépendant a réduit à 14 parties, la suspension initiale de 20 matchs imposée au gros attaquant, et récidiviste, Tom Wilson des Capitals de Washington.

 

Bien qu’aucune remarque officielle n’ait été offerte, il est clair que la réduction de la suspension a soulevé l’ire des responsables du département responsable de la sécurité des joueurs.

 

Aux yeux de la LNH, la suspension initiale était non seulement juste, mais elle respectait tous les paramètres déjà établis en matière de sanction. Et même en matière de sanctions sévères imposées dans les cas les plus dangereux ou dans les cas de récidives. Le commissaire Gary Bettman, après une première révision de la sanction, avait d’ailleurs maintenu la suspension de 20 matchs.

 

Par le biais de l’Association des joueurs, Tom Wilson a réclamé et obtenu l’intervention d’un arbitre indépendant. Une procédure qui a joué en sa faveur puisqu’il était de retour en uniforme dès lundi soir alors que les Caps croisaient le Wild du Minnesota. Wilson pourra aussi recouvrer les quelque 380 000 $ qu’il aurait perdu s’il avait raté les six derniers matchs de la suspension initiale.

 

C’est la deuxième fois que l’arbitre Shyam Das intervient en faveur d’un joueur de la LNH. Outre sa décision favorisant l’appel de Tom Wilson, Shyam Das a aussi réduit de 27 à 18 la suspension imposée à Auston Watson des Predators de Nashville dans une histoire de violence conjugale.

 

Un autre arbitre indépendant a aussi revu à la baisse – de 20 à 10 – la suspension imposée au défenseur Denis Wideman des Flames de Calgary qui avait frappé par derrière le juge de lignes Don Henderson alors qu’il revenait au banc des joueurs après avoir été secoué par une solide mise en échec en zone défensive.

 

Ces trois décisions pourraient inciter la LNH à mettre la pédale plus douce en matière de sanctions salées. Il sera intéressant de voir si cette conséquence s’avérera.

 

Repêchage d’expansion

 

En toute fin de rencontre, les directeurs généraux ont posé des questions associées à l’entrée en scène d’une 32e équipe à Seattle.

 

Bien que la LNH ne puisse encore déterminer – tout dépendra de l’allure des travaux de rénovation du Key Arena – si Seattle entrera en 2020 ou en 2021, le commissaire adjoint Bill Daly a une fois encore répété que les règles du repêchage d’expansion seront les mêmes qui étaient en vigueur il y a deux ans lors de l’entrée des Golden Knights de Las Vegas. Seul changement, Vegas sera exclu du processus en ce sens que le club du Nevada ne perdra pas de joueur.

 

« C’est un sujet important, car ce repêchage aura des répercussions sur chacune des 30 autres équipes », a indiqué Rob Blake, le directeur général des Kings de Los Angeles.

 

Comme tous ses homologues, Blake assure qu’il accordera beaucoup plus d’attention au prochain processus. « Nous n’étions pas familiers avec les règles lorsque Vegas est arrivé et nous allons sans doute jongler de façon différente avec nos listes de joueurs disponibles et protégés parce qu’il est clair que George (McPhee, le directeur général des Golden Knights) a tiré avantage du fait que plusieurs clubs ont peut-être été plus généreux qu’ils l’auraient voulu en raison du manque de connaissance », a ajouté Blake qui offrira du temps à son nouvel entraîneur-chef Willie Desjardins pour relancer les Kings.

 

« Nous avons très mal amorcé la saison et nous serons patients. Jonathan (Quick) devrait reprendre l’entraînement dans une dizaine de jours ce qui veut dire qu’il lui faudra au moins deux bonnes semaines avant de pouvoir reprendre sa place devant le filet. Il faudra du temps pour remonter la pente, mais ça ne veut pas dire que nous garderons les bras croisés », a conclu Blake.

 

Selon des informations obtenues par mon collègue Pierre Lebrun, à Toronto, Rob Blake tenterait d’ailleurs de trouver un terrain d’entente avec les Maple Leafs afin de conclure une transaction qui permettrait aux Kings de faire l’acquisition de William Nylander. Le jeune joueur autonome qui est actuellement en grève doit signer un contrat avant le premier décembre prochain s’il veut jouer dans la LNH en 2018-2019.

 

Ligue canadienne vs Ligue américaine

 

Les directeurs généraux voulaient saisir la LNH d’un projet qui permettrait aux équipes de céder à leur club-école plutôt qu’à leur club junior les choix de première ronde qui n’arrivent pas à complètement s’intégrer à la LNH, mais qui n’ont plus grand-chose à apprendre dans les rangs juniors.

 

Cette discussion a toutefois été remise au printemps faute de temps.

 

Comme tous ses homologues, le directeur général du Canadien Marc Bergevin favoriserait une telle modification de l’entente liant la LNH à la Ligue canadienne de hockey.

 

« Dans certains cas, c’est clair qu’on aimerait mieux pouvoir superviser le développement de certains de nos jeunes à Laval au lieu de les envoyer dans le junior. On pourrait les monter et les descendre au besoin alors que selon les règles actuelles, quand tu retournes un gars dans le junior, il ne peut plus revenir », a convenu Marc Bergevin.

 

Un tel changement aurait permis au Tricolore de garder Nick Suzuki au sein de l’organisation dès cette année au lieu de le retourner à Owen Sound dans la Ligue de l’Ontario.

 

Un amendement ferait bien sûr l’affaire des clubs de la LNH. Il priverait toutefois la Ligue canadienne de joueurs vedettes.

 

La Ligue canadienne pourrait aussi se défendre en soulignant que les choix de première ronde ne sont pas toujours ceux qui surprennent le plus. Pensons à Victor Mete qui a forcé la main du Canadien l’an dernier et qui a été sélectionné en quatrième ronde (100e sélection) en 2016 ou Patrice Bergeron qui a percé l’alignement des Bruins après sa sélection en 2e ronde (45e sélection) en 2003.

 

« Notre entente avec la Ligue canadienne est encore bonne pour un an. Nous allons certainement écouter les points de vue des directeurs généraux et verrons ensuite s’il est nécessaire de négocier avec la Ligue canadienne pour modifier notre entente. Je sais d’avance que les dirigeants de la Ligue canadienne s’opposeront et bien honnêtement, mais première réaction est de dire que j’aime bien le système actuel », a commenté Colin Campbell.

 

En ce qui a trait aux autres points à l’ordre du jour, les directeurs généraux ont bien sûr étudié les décisions rendues après les contestations des entraîneurs à la suite de buts litigieux.

 

« On voulait sensibiliser les nouveaux DG sur les modalités et les principes qui dictent nos décisions. Le système fonctionne très bien alors qu’il y a toujours au moins un ancien arbitre dans la salle de contrôle pour nous appuyer dans notre travail. La présence de ces arbitres – Bill McCreary, Don Van Massenhoven, Rob Shick en plus de Stephen Walkom – facilite beaucoup les conversations avec les arbitres qui sont sur la patinoire et aide à faire accepter les décisions finales qui reviennent maintenant au centre de contrôle », a indiqué Colin Campbell.

 

La réduction de l’équipement des gardiens a bien sûr été abordée. « Des gardiens se plaignent de petites blessures subies à cause de la réduction des protecteurs d’épaules et du plastron. Nous allons évaluer la teneur de ces doléances. Mais dans l’ensemble, nous sommes satisfaits des résultats obtenus. Le nombre plus élevé de buts est surtout attribuable selon nous à la rapidité accrue des joueurs », a plaidé Campbell.