TORONTO - Les parallèles sont nombreux à faire entre Jesperi Kotkaniemi et Timothy Liljegren. Les deux sont Scandinaves, ils ont été des hauts choix au repêchage dans la Ligue nationale et ils ont joué pros dans leur pays avant d’amorcer leur carrière professionnelle en Amérique du Nord, à seulement 18 ans. RDS.ca a rencontré Liljegren question de mieux comprendre la réalité de Kotkaniemi.

Une réalité qui est semblable, mais pas identique, puisque Liljegren a passé la dernière saison au complet dans la Ligue américaine, contrairement à Kotkaniemi, qui a percé la formation du Canadien dès son premier camp d’entraînement. Liljegren a donc vécu à plus petite échelle ce que vit présentement Kotkaniemi.

N’empêche que Liljegren a très frais en mémoire son premier camp chez les Maple Leafs de Toronto, en septembre 2017, à peine quelques mois après avoir été repêché au 17e rang au total.

Le Suédois ne savait pas, à ce moment, ce que l’avenir lui réservait.

« La Ligue nationale, la Ligue américaine et l’Europe étaient toutes des possibilités. Quand les Leafs m’ont retranché, on s’est assis, le directeur général [Lou Lamoriello], les entraîneurs, mon agent et moi pour prendre la meilleure décision pour ma carrière. On a opté pour la Ligue américaine et je ne le regrette pas », confiait Liljegren mardi midi, lorsque RDS.ca lui a parlé en marge de la visite du Rocket de Laval, à Toronto.

Un facteur qui a pesé lourd dans la balance, c’est que contrairement à Kotkaniemi, Liljegren a connu une dernière saison difficile en Europe avant de se faire repêcher. Il a en effet partagé la saison 2016-2017 entre Rogle, dans la Ligue élite, Timra, en deuxième division (Allsvenskan), et l’équipe des moins de 20 ans de Rogle. Cette instabilité a inquiété certaines formations de la Ligue nationale et l’a fait chuter hors du top-15 du repêchage.

Gagner en maturité

La perspective de retourner jouer chez lui était donc pas mal moins alléchante que pour Kotkaniemi, si jamais le Canadien décidait – à la surprise générale – de ne pas le garder dans ses rangs.

« Je n’aurais pas vu beaucoup d’action si j’étais retourné en Suède. Demeurer avec les Marlies m’a permis de jouer beaucoup et de devenir un meilleur professionnel. J’ai aussi pris de la maturité en vivant dans un nouveau pays, à seulement 18 ans », note Liljegren, qui a complété sa première saison avec les Marlies avec 17 points en 44 matchs réguliers, avant de les aider à remporter la coupe Calder, soit le titre dans la Ligue américaine.

Liljegren a aussi pu représenter son pays au Championnat mondial junior, en plus de côtoyer plusieurs compatriotes suédois dans le vestiaire des Marlies, notamment Andreas Johnsson, Dmytro Timashov, Calle Rosen et Andreas Borgman. Pouvoir parler sa langue et avoir des références concrètes avec certains de ses coéquipiers l’a aidé, affirme-t-il, comme ça doit être le cas pour Kotkaniemi à Montréal, avec Joel Armia et Artturi Lehkonen.

La LAH à 18 ans, un fait rare

Liljegren demeure l’un des rares à avoir traversé l’Atlantique, à 18 ans, pour venir jouer dans la Ligue américaine. À preuve, l’an dernier, seuls le Russe Klim Kostin (Chicago) et le Tchèque Filip Chytil (Hartford) ont fait de même.

En 2016-2017, le Suédois Alexander Nylander (Rochester) et le Finlandais Jesse Puljujarvi (Bakersfield) ont été les deux seuls Euros à jouer à temps plein dans la LAH après avoir atteint leur majorité.

Comme eux, sans doute, Liljegren a parfois eu le mal du pays, l’an dernier.

« J’ai dû m’adapter autant sur qu’à l’extérieur de la glace, avoue celui que l’on surnomme Tim. Le hockey ne se joue pas de la même manière ici et la glace est évidemment plus petite. Ça m’a aussi pris un ou deux mois à m’habituer à la nourriture, qui est différente de celle en Suède. »

Liljegren a également dû couper le cordon avec ses parents, qui faisaient souvent les 60 minutes de route séparant Rogle de la maison familiale. La saison dernière, ils sont allés à Toronto trois ou quatre fois, dit-il.

Un conseil pour Kotkaniemi?

Avec le recul, le jeune homme maintenant âgé de 19 ans croit vraiment qu’il a bien fait de demeurer avec les Marlies. Mais il ajoute du même souffle qu’il saurait bien mal quoi dire si Kotkaniemi lui demandait conseil, dans l’éventualité où le Canadien décidait de l’envoyer dans la Ligue américaine ou en Finlande. Une avenue qui semble de moins en moins envisageable, étant donné le bon début de saison du CH.

« Ça dépend d’à quel point il est mature et d’à quel point il jouerait s’il retourne en Finlande, analyse Liljegren. Moi, je sais que je n’aurais pas joué beaucoup en Suède, alors la décision a été facile. Mais si lui, il croit qu’il serait plus confortable de retourner en Finlande et qu’il y jouerait un grand rôle, contrairement à Laval, ce serait peut-être mieux pour lui.

« Jesperi est vraiment bon, ajoute-t-il. Rien ne presse dans son cas. Il va devenir un bon joueur dans la LNH, cette année ou plus tard. »

On devrait en savoir plus sur les intentions du Canadien à l’égard de Kotkaniemi au cours des prochains jours, puisque le Finlandais s’apprête à disputer son neuvième match en soirée, à Buffalo. S’il en joue un dixième samedi, à Boston, la première de ses trois années de contrat d’entrée entrera en vigueur. Un pensez-y-bien du côté du directeur général Marc Bergevin.

Quant à Liljegren, il cogne présentement à la porte de la Ligue nationale et des Maple Leafs. Une porte qui serait encore bien loin, croit-il, s’il était demeuré en Suède l’an passé.