BOSTON - Les 12 arrêts effectués en première période et les 32 réalisés aux dépens des Bruins dans le septième match de la grande finale ont certainement donné du poids aux prétentions moussant l’élection de Jordan Binnington à titre de récipiendaire du trophée Conn-Smythe.

 

Blues 4 - Bruins 1

Mais l’ensemble des performances offertes par Ryan O’Reilly faisait du gros joueur de centre et pierre d’assise des Blues tout au long des séries un choix plus évident encore.

 

Du moins à mes yeux.

 

J’ai beaucoup jonglé avec la possibilité de donner mon vote de première place au capitaine Alex Pietrangelo.

 

Avec un but, une passe et plus de 25 minutes d’utilisation au cours desquelles il s’est imposé dans toutes les facettes du jeu, Pietrangelo a disputé un match sensationnel. Il a gonflé à trois buts et 19 points sa récolte en séries. Ces 19 points le hissent au premier rang chez les défenseurs de la LNH ce printemps. Ses 16 passes et 19 points représentent des records individuels dans l’histoire des Blues.

 

Mais j’ai préféré O’Reilly.

 

En plus de contenir le premier trio des Bruins contre qui il s’est souvent retrouvé, O’Reilly a été le meilleur marqueur de la finale avec ses cinq buts et quatre passes.

 

Non seulement a-t-il terminé la finale sur une séquence de six matchs de suite avec au moins un point, mais il a inscrit le premier but de la rencontre trois fois lors des quatre dernières parties de la finale en plus de marquer le premier but des Blues lors de leurs quatre dernières rencontres.

 

Les 23 points (huit buts) récoltés en 26 matchs par O’Reilly lui ont aussi permis de partager le premier rang des marqueurs de la LNH en séries avec Brad Marchand.

 

Déjà très confiant d’avoir pris la bonne décision en offrant à O’Reilly mon vote de première place, la confirmation qu’il évoluait en finale en dépit une fêlure aux côtes a renforcé ma position.

 

O’Reilly s’est blessé en deuxième ronde contre les Stars. « J’étais en mesure de bien composer avec la douleur initialement, mais j’ai été frappé en finale de l’Ouest contre San Jose et cela a compliqué les choses. Nos médecins ont fait un travail exceptionnel pour m’aider. J’ai connu quelques matchs plus difficiles, surtout aux cercles des mises en jeu, mais les traitements que j’ai reçus m’ont permis de rester dans l’action. Et une fois que l’adrénaline se met de la partie, tu ne sens plus grand-chose », a expliqué O’Reilly qui a été agréablement surpris de succéder à Alexander Ovechkin à titre de joueur le plus utile des séries.

 

L'attente de 51 ans est terminée pour les Blues

« La coupe Stanley demeure l’objectif ultime, mais de recevoir ce trophée (Conn-Smythe) démontre que tu as trouvé une façon de contribuer aux succès de ton équipe. Quand je regarde les noms inscrits sur ce trophée, je réalise que je rêvais d’être comme plusieurs d’entre eux quand j’étais petit. C’est un honneur indescriptible de savoir que mon nom est maintenant associé à eux. Mais je n’ai pas obtenu ce trophée seul. J’ai plein de gens à remercier à commencer par mes coéquipiers dont je suis si fier. On a traversé des tas d’épreuves au cours des derniers mois. Nous sommes maintenant champions de la coupe Stanley. En fin de rencontre, on tentait de garder le contrôle sur le banc. On avait une bonne avance qu’on ne voulait pas gaspiller. Je tentais de rester calme. De ne pas sourire. De demeurer concentrer. Mais quand tu te rends compte que c’est fait et que tu es sur le point de réaliser ton rêve de gagner la coupe Stanley, les émotions prennent le dessus. Je n’en reviens pas encore. »

 

Derrière O’Reilly et Pietrangelo, j’ai finalement opté pour Colton Parayko à titre de troisième candidat. Avec Jay Bouwmeester, Parayko a accompli du travail colossal contre les meilleurs trios des adversaires des Blues.

 

Pourquoi pas Binnington?

 

« Je savais en cr*** que nous allions gagner! »

Il était pratiquement à égalité avec Parayko dans mon évaluation. Et le fait qu’il ait amélioré à huit victoires et deux revers seulement sa fiche dans les matchs suivant une défaite depuis le début des séries m’a beaucoup titillé. Surtout qu’il a maintenu une moyenne de 1,78 et une efficacité de 93,7 % dans ces dix rencontres.

 

Mais j’ai tenu à récompenser davantage les défenseurs qui ont joué un rôle de premier plan pour l’aider à bien faire son travail.

 

Croisé sur la patinoire pendant les célébrations, Binnington ne s’est pas lancé dans de grandes analyses pour expliquer ses performances et le championnat que lui et ses coéquipiers commençaient à célébrer. Lorsqu’on lui a demandé de partager ses émotions, le gardien qui a amorcé la saison dans la Ligue américaine et qui a disputé son premier match avec les Blues le 7 janvier dernier et maintenu une fiche de 24-5-1 en saison régulière a simplement répondu : « On l’a fait! »

 

Avant de prendre congé et de retourner célébrer.

 

Les 18 journalistes sélectionnés pour déterminer le gagnant du Conn-Smythe devaient inscrire trois noms sur leur bulletin de vote. Un votre de première place donnait cinq points, trois points étaient accordés pour un vote de deuxième place et un point pour un vote de troisième.

 

Les votes devaient être reçus par la LNH avant la 10e minute de jeu en troisième période.

 

« J'ai toujours rêvé d'écrire mon nom sur la Coupe Stanley »