MONTRÉAL – « Je suis jaloux de chacun de ces joueurs, mais je suis content pour eux quand même ! » Brad Marchand a réagi ainsi, sans filtre, au dévoilement de l’équipe olympique canadienne.

 

Après avoir représenté le Canada aux Championnats du monde, Marchand aurait pu aspirer à une première participation olympique si les représentants de la LNH y avaient été admis.

 

Sans vouloir trop égratigner les dirigeants du circuit Bettman, la réponse de Marchand était très significative. Un compétiteur comme lui aurait été prêt à tout faire pour enfiler le maillot olympique canadien.

 

Au lieu de vivre cette aventure en Corée du Sud, Marchand a dû se contenter de féliciter son ancien coéquipier Chris Kelly qui a été sélectionné en compagnie des Québécois Maxim Lapierre, Kevin Poulin, Maxim Noreau et Marc-André Gragnani.  

Tous ces joueurs ont donc hérité d’une « deuxième chance » unique dans leur carrière.

 

« Tous ces joueurs le méritent. Ce sera bien amusant de les regarder jouer, c’est un immense honneur de pouvoir représenter son pays surtout à ce niveau. C’est une opportunité d’envergure pour eux, je suis certain qu’ils vont tous beaucoup apprécier ce moment », a ajouté Marchand.

 

Il ne fallait pas s’attendre à ce que Patrice Bergeron ose choisir un discours semblable. Toujours articulé et posé dans ses déclarations, le centre qui a mérité l’or olympique en 2010 et 2014 était heureux pour tous les joueurs et particulièrement ceux qu’il connaît depuis longtemps.

 

« J’étais content pour un gars comme Chris Kelly qui a été mon coéquipier. Il était au camp d’entraînement à Edmonton et, quand il a vu que ça ne fonctionnait pas pour lui, il s’est tourné vers la possibilité olympique. Quant à Maxim Lapierre, j’ai quand même joué contre lui depuis le niveau pee-wee, je suis très content pour Max. Je pense aussi à Maxim Noreau avec qui j’ai joué à la coupe Spengler. C’est génial pour eux et je vais les suivre de loin en espérant qu’ils soient en mesure de remporter l’or », a déclaré Bergeron qui a récolté quatre buts et une aide lors de l’avant-dernier match des Bruins.

 

Marchand et Bergeron ont été invités à se prononcer sur les choix olympiques à la suite d’un entraînement d’une heure au Centre Bell. Tout comme le Canadien, les Bruins ont profité d’une semaine de répit et ils reprendront l’action, samedi soir, lors du premier affrontement de la saison entre les deux clubs.

 

La seule différence – et elle n’est pas banale – c’est que les Bruins jouent de l’excellent hockey par les temps qui courent. Ils n’ont pas perdu en temps réglementaire à leurs onze dernières sorties récoltant huit victoires au passage.

 

Considérant aussi que les Bruins ont marqué cinq buts ou plus dans cinq de leurs six plus récents matchs, on parle vraiment de deux équipes qui se dirigent dans des directions opposées.

 

L’entraîneur des Bruins, Bruce Cassidy, qui a succédé à Claude Julien, a probablement craint que cette trêve puisse freiner l’élan de sa troupe. Mais Cassidy n’y pouvait rien donc il préfère se concentrer sur le positif.

 

« C’était bien pour tout le monde. On sait qu’on doit disputer beaucoup de matchs à partir de maintenant, plus que n’importe quelle équipe de la ligue (à égalité avec les Sharks). C’était donc très utile de reprendre des forces même si on jouait très bien avant la pause », a noté Cassidy.

 

« On n’a pas encore joué contre Montréal, c’est la chose intéressante dans cette histoire. C’est un peu étrange de ne pas avoir affronté un rival de division à mi-chemin de la saison », a reconnu l’entraîneur.

 

Mais l’enjeu n’est pas uniquement cette première confrontation. En fait, les deux clubs vont s’entrechoquer trois fois en l’espace de huit jours. En somme, les Bruins pourraient pratiquement confirmer l’exclusion éliminatoire du Canadien avec ces matchs.

 

« Ce serait prématuré de dire qu’on peut clore la saison d’une équipe à la mi-janvier. Je ne veux pas m’aventurer là-dessus. On veut d’abord ajouter deux points au classement, on sait que c’est un long et éprouvant marathon. On n’a pas encore franchi la moitié. On veut devenir une équipe qui peut aspirer à la coupe Stanley sur notre chemin et on ne soucie pas des autres équipes autour », a prononcé Cassidy en donnant une bonne indication de ses objectifs.

 

Marchand, qui n’a pas besoin de s’étendre sur sa haine envers le Canadien, a également eu à répondre à cette question. Rapidement, il a confirmé que cette réflexion habite ses pensées avant jouer une carte plus prudente.  

 

« Un peu, quand on regarde le portrait général. Mais on ne peut pas penser trop loin. On doit se concentrer sur chaque match », a assuré Marchand qui a amassé 40 points (17 buts et 23 aides) en 32 matchs cette saison.