MONTRÉAL – En 2015, les Bruins de Boston ont repêché trois joueurs de suite en première ronde aux 13e, 14e et 15e échelons, mais ces trois sélections ont été tournées en dérision plus d'une fois. Mais leur véritable joyau, ils l’ont trouvé, un an plus tard, en la personne de Charlie McAvoy.

Ce défenseur droitier, qui vient tout juste de célébrer son 20e anniversaire, se classe déjà parmi les joueurs d’exception de la LNH. Chez les recrues à la ligne bleue, McAvoy (21 points) n’est devancé que par Mikhail Sergachev (26 points) et Will Butcher (25 points) au chapitre des points.  

En dépit de son âge, McAvoy représente une pièce maîtresse du retour en force des Bruins. Partenaire de Zdeno Chara sur le premier duo de défenseurs des Oursons, il est utilisé en moyenne 22:53 par rencontre alors qu’il vient tout juste de franchir le plateau des 40 parties régulières.

Fascinant sur la patinoire, McAvoy l’est tout autant sans ses patins. Dire qu’il a charmé les médias montréalais, vendredi après-midi, serait loin d’être exagéré. Généreux dans ses commentaires, honnête dans ses jugements, rafraîchissant dans ses observations, McAvoy a passé une quinzaine de minutes à répondre à des questions sur son éclatant début de carrière.

On aurait voulu ne pas tourner le fer dans la plaie, mais c'est le style d’espoir que les partisans du Canadien rêveraient d’épier. Sans avoir peur de se tromper, on peut conclure que les Devils du New Jersey et les Hurricanes de la Caroline, qui détenaient les deux choix avant les Bruins, auraient voulu prononcer son nom au lieu de ceux de Michael McLeod et Jake Bean.

McAvoy traverse sa première saison dans la LNH, mais il a connu son baptême au printemps passé avec six parties en séries éliminatoires. L’ancien de Boston University considère que cette étape a été déterminante.

« Je pense que les séries ont été très précieuses pour moi. J’ai pu commencer une nouvelle saison après avoir joué au plus haut niveau d’intensité. La chimie est aussi très importante et je me sens vraiment à l’aise dans ce groupe. Les entraîneurs me laissent jouer avec de la créativité, je peux rester moi-même et prendre quelques risques, mais de manière responsable. Ils me laissent jouer et on bâtit une belle relation », a exposé McAvoy avec un regard passionné.

En quelques mots prononcés de sa bouche, on peut saisir que McAvoy est animé par une confiance qui ne s’approche nullement de l’arrogance. D’ailleurs, il n’aurait jamais présumé qu’il parviendrait à briller si rapidement dans la LNH.

« Oh non! J’ai confiance en mes capacités, mais tu ne peux pas savoir tant que tu n’as pas joué à ce niveau. C’était vraiment un rêve pour moi de jouer dans la LNH. Je pense à tous ces gars dans ce vestiaire, les Bergeron, Backes, Marchand et Chara, ils étaient tous sur un piédestal à mes yeux. Je suis arrivé et je ne voulais pas leur parler, j’étais effrayé. Ce sont comme des héros d’enfance. J’ai fini par réaliser que ce sont des humains normaux comme moi. J’ai pris un pas de recul et réalisé que j’étais comme eux. Dans le fond, on ne fait que jouer au hockey. Dès le départ, ils ont été merveilleux avec moi. Je me sentais comme un membre de la famille après une semaine, c’est grâce à eux et j’en suis vraiment reconnaissant », a raconté McAvoy qui parlait de manière aussi naturelle avec les journalistes qu’il peut le faire avec ses amis.

Patrice Bergeron a entamé sa carrière dans la LNH à 18 ans. Le respecté vétéran de 32 ans s’avère donc un témoin pertinent et il ne cache pas son admiration pour son jeune coéquipier américain.

« Oui, il y a son intelligence et sa vision du jeu, mais c’est surtout sa patience avec la rondelle qui m’impressionne le plus. Il prend des risques calculés. Parfois, il va dégager sur la bande, mais il va surtout essayer de sortir la rondelle avec sa vitesse et une bonne première passe. Ça fait une grosse différence pour la transition », a vanté Bergeron.

L’entraîneur Bruce Cassidy aurait pu choisir l’approche prudente dans ses commentaires à propos de McAvoy. Comme on l’entend si souvent, Cassidy aurait pu mentionner que son protégé « a encore beaucoup de choses à apprendre ». Mais non, il a souligné sa progression fulgurante.

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« (Il s’est amélioré) sur tous les aspects! Il joue bien dans toutes les sphères du jeu. Il est mentalement fort et physiquement fort. Il est capable de bien tenir le coup contre des joueurs habiles, il transporte et distribue bien la rondelle. On ne peut pas identifier plusieurs aspects de son jeu qui ont besoin de beaucoup de travail », a témoigné Cassidy.

McAvoy est ainsi devenu un partenaire inestimable pour Zdeno Chara qui n’a rien de moins que le double de son âge!

« Zdeno aide beaucoup Charlie à se développer, mais Charlie progresse plus rapidement que bien des gens auraient pu le penser. C’est vraiment un très bon duo pour nous. On est tous habitués de voir Zdeno jouer autant de minutes, mais de la part d’un jeune, c’était difficile à imaginer pour plusieurs », a noté Bergeron.

À juste titre, McAvoy reçoit des éloges d’un peu partout. Mais il n’est pas l’unique jeune élément des Bruins à se démarquer. Danton Heinen (22 ans), Jake DeBrusk (21 ans), Anders Bjork (21 ans) et Brandon Carlo (21 ans) ont, à différents degrés, tous rendu de fiers services à Cassidy.

« On a été très transparents sur le fait qu’on voulait devenir une équipe plus rapide et on souhaitait ajouter de jeunes joueurs. Certains avaient déjà commencé leur développement avec nous. On leur a accordé des chances, mais on ne savait pas lesquels profiteraient de celles-ci. La recette a bien fonctionné pour nous. Les gens ont pu penser que c’était risqué de leur faire autant confiance, mais on était à l’aise avec cette approche. On trouvait qu’on avait de bons vétérans pour les encadrer et que certains jeunes seraient prêts », a justifié Cassidy.

En début de saison, les blessures ont compliqué la vie des Bruins, mais ils ont ensuite retrouvé leurs repères comme le prouve leur impressionnante de fiche de 17-3-3 depuis le 16 novembre. Mais ces absences ont ouvert des portes à la relève qui a appris rapidement.

« Je n’avais pas vu tous les jeunes jouer avant le camp d’entraînement. Je savais qu’il y en avait de très bons qui poussaient pour se tailler un poste, mais c’est au camp d’entraînement que j’ai vraiment réalisé qu’on avait quelque chose de spécial qui se dessinait : un bon mélange de jeunesse et d’expérience », a conclu Bergeron.