MONTRÉAL – « Mike, c’est de l’or en barre! Une personne fantastique dans le même moule que Marc-André Fleury et il a toute une tête de hockey. »

Une belle amitié s’est développée entre Mike Grier et Alain Nasreddine depuis que les deux hommes ont travaillé ensemble, pendant deux saisons (2018-2019 et 2019-2020), au sein du personnel d’entraîneurs des Devils du New Jersey. 

Leur complicité a atteint un autre niveau à partir de décembre 2019 lorsque Nasreddine a été hérité du poste d’entraîneur-chef par intérim à la suite du congédiement de John Hynes. 

« Je me suis beaucoup appuyé sur lui pour qu’il m’aide. On a une excellente relation et on est demeurés en contact après qu’il soit parti des Devils », a confié le Québécois de 46 ans qui a été récemment embauché comme adjoint à Peter DeBoer avec les Stars de Dallas. 

Avant de le connaître derrière un banc, Nasreddine avait déjà un grand respect pour Grier et sa carrière de joueur qui s’est échelonnée sur plus de 1000 matchs dans le circuit Bettman. Au New Jersey, il a rapidement compris que Grier ferait son chemin avec aisance dans le prochain volet de son parcours. 

« Je ne savais juste pas s’il allait choisir d’être entraîneur-chef ou directeur général. Il y a deux ans, j’aurais dit que ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne devienne entraîneur-chef. Finalement, il a choisi l’autre voie, celle de la direction », a expliqué Nasreddine au RDS.ca

Ça faisait plus d’un mois que Nasreddine savait que Grier était dans la course pour accéder au titre de directeur général des Sharks de San Jose

« C’est très mérité. Il m’avait parlé qu’il faisait partie des candidats et qu’il espérait avoir le poste, je suis très content pour lui », a noté Nasreddine.

La seule expérience d’entraîneur dans la LNH de Grier se résume à celle avec les Devils. Son bon ami Chris Drury l’a ensuite embauché pendant un an comme coordonnateur des opérations hockey avec les Rangers de New York où il a notamment touché au développement des joueurs. Avant de joindre les Devils, il avait aussi œuvré comme dépisteur pendant quatre ans avec les Blackhawks de Chicago. 

D’un côté, sept années d’expérience, ce n’est pas immense pour se faire ouvrir les portes d’un bureau de directeur général. On doit ajouter à cette équation ses 1000 matchs en tant que joueur, mais surtout le profil très intéressant de sa famille. 

Depuis 2016, son frère Chris est le directeur général des Dolphins de Miami dans la NFL. Tandis que le paternel, Bobby, travaille dans la NFL depuis 1981. Après un rôle d’entraîneur, il s’est dirigé vers le recrutement et la gestion des joueurs.  

Nasreddine ne se fait pas d’illusions, il sait que le mandat s’annonce colossal pour redresser les Sharks. Mais, quand il additionne tous ces arguments, il juge que Grier détient tout ce qu’il faut pour réussir. 

« À 100%! Il est très intelligent et posé, il ne va pas se laisser emporter par les émotions. Il a tout fait dans ce milieu et il vient d’une famille de dirigeants. Il a grandi dans cet environnement », a justifié Nasreddine. 

« Ce n’est pas une job facile qui l’attend à San Jose. Mais je n’ai aucun doute qu’il peut y parvenir », a-t-il enchaîné. 

En grandissant, Grier se souvient que les discussions à la table tournaient autour de comment bâtir une organisation sportive et y inculquer la culture appropriée. Habitué à ce contexte, Grier n’est pas du style à se vanter des accomplissements de son père et son frère. Le sujet devenait plutôt un thème de rigolade. 

Mike Grier« Je ne suis pas un grand connaisseur de la NFL, mais je suis ça comme tout le monde. Je lui ai dit que les Dolphins étaient ma nouvelle équipe préférée. Chaque fois qu’ils perdaient, quand j’arrivais le matin, je lui disais de passer le message à son frère de se réveiller. On avait du plaisir avec ça », a décrit Nasreddine. 

« Bien des gens ne savaient pas ce que son frère fait comme travail. C’est un DG d’un club NFL, ce n’est pas rien. Maintenant, c’est Mike qui dirige un club de la LNH, c’est impressionnant comme famille, mais ce sont tellement de bonnes personnes », a-t-il poursuivi. 

Nasreddine réalise la portée historique de la nomination de son ami comme premier directeur général noir de la LNH. Cela dit, il ne voudrait pas que l’on remette en doute les compétences de Grier. 

« C’est sûr que c’est un moment historique, on en parle beaucoup dernièrement sauf que je ne suis pas du style à m’arrêter à ça. Oui, il va marquer l’histoire et il aura toujours réussi à briser cette barrière. Mais je regarde l’homme de hockey et il le mérite. Il va faire tellement un bon travail là-bas. Au final, je suis content que ce soit lui le premier DG noir, c’est quelque chose. On se souvient tous de Willy O’Ree, maintenant Mike Grier sera associé à ça », a conclu Nasreddine.