EDMONTON – La Tchéquie tirait de l’arrière 2-0 mardi, fidèle indicateur d’un début de match difficile contre ses rivaux slovaques, quand Jan Mysak s’est mis au travail.

À mi-chemin en deuxième période, après que son équipe eut déjà réduit l’écart de moitié, l’espoir du Canadien a hérité de la rondelle en zone neutre et a pris son envol sur l’aile droite. Il a aisément débordé un défenseur pour ensuite ramener la rondelle vers le filet. Quelques instants plus tard, son joueur de centre Michal Gut terminait l’action en créant l’égalité.

Mysak en a remis en début de troisième quand il a surgi derrière un défenseur en zone offensive, lui a refusé l’accès à la rondelle et s’est échappé devant le gardien Simon Latkoczy. Il l’a déjoué d’un tir vif pour ce qui allait s’avérer être le but victorieux.

Pour l’entraîneur-chef Radim Rulik, cette performance disait tout ce qu’il y a à dire sur les raisons qui l’ont incité à faire de Mysak son capitaine au Mondial junior 2022.

Tchéquie 5 - Slovaquie 4

« Ce match était l’illustration parfaite du genre de leader qu’il est, a commenté Rulik par le biais d’un traducteur. On était dans une mauvaise position et il a fait exactement ce qu’on attend de lui. Il a pris l’équipe sur ses épaules. Vous avez vu sa montée au filet. Il a marqué un but, en a préparé un autre. C’est pas mal ma définition du leadership. »

Il y a un moment déjà que Mysak est reconnu comme un exemple à suivre dans son pays. Il avait aussi amorcé l’édition 2021 du tournoi avec le « C » brodé sur son uniforme. Il n’était alors âgé que de 18 ans.

« J’ai l’impression d’avoir appris beaucoup de choses entre ces deux expériences, a-t-il affirmé après l’entrée en matière réussie de son équipe mardi. J’ai eu la chance de faire partie de l’équipe championne de la Ligue de l’Ontario (OHL). Ça a été très formateur et j’essaie maintenant d’apporter mes connaissances dans le vestiaire de l’équipe nationale. Il y a plusieurs de mes coéquipiers ici qui n’ont pas eu les opportunités que j’ai eues cette saison, alors je veux m’en servir à bon escient. Je veux leur transmettre l’importance du travail acharné et leur faire comprendre à quel point c’est difficile de gagner. »

Une saison qui a laissé des marques

Mysak n’a pas seulement gardé des perles de sagesse de sa dernière saison avec les Bulldogs de Hamilton. De toute évidence, il traine encore les stigmates de ce marathon qui s’est terminé en finale du tournoi de la coupe Memorial.

Lorsqu’on lui demande s’il a dû panser quelques blessures après avoir remisé son équipement, le jeune homme d’ordinaire loquace se braque. « Je ne veux pas en parler », met-il rapidement au clair avant de passer à la prochaine question. Quand on le relance sur son absence au camp de développement du Canadien, on doit se contenter de la même réponse.

« Je ne me sens pas en parfaite forme, mais ça s’en vient. Il n’y a pas de souci », s’est-il contenté de dire quelque part au milieu de sa mêlée de presse.
Clairement, il était important pour lui de faire le voyage à Edmonton.

« Dès que le tournoi a été annulé en décembre, mon idée était faite, je savais que je voulais revenir. Je n’étais pas certain que je serais capable de jouer parce que tout peut arriver dans une saison, mais je suis heureux d’y être finalement. Jouer pour son pays, il n’y a rien de mieux. »

Mysak retournera dans son pays après la conclusion du tournoi. On devrait ensuite le revoir au camp d’entraînement du Rocket de Laval, où il sera attendu pour sa première véritable saison chez les professionnels. Le choix de deuxième ronde en 2020 a joué 22 matchs avec le club-école du CH pendant que la COVID paralysait le calendrier de l’OHL à l’hiver 2021.

Mais ça non plus, il n’est pas vraiment intéressé à en parler pour l’instant.  

« Je ne pense même pas à ça en ce moment. Toute ma concentration est sur ce tournoi. Ensuite je penserai à mon camp LNH. »

Un fan de Slafkovsky

Ceci étant dit, Mysak a bel et bien passé un peu de temps à Montréal cet été. Après s’être fait brisé le cœur à Saint John, il a traversé au Québec pour rejoindre son agent qui accompagnait d’autres jeunes clients, dont David Jiricek et Tomas Hamara, au repêchage de la LNH qui avait lieu au Centre Bell.

« C’était du bon temps parce que pour mon propre repêchage, j’avais dû rester à la maison. C’était bien d’être là pour pouvoir encourager mes amis. Et la foule était débile. Surtout quand on a annoncé les échanges du Canadien, c’était fou! »

Et pour ce que ça vaut, il croit que Kent Hughes a fait bon usage de son premier choix.

« Pour moi, Juraj Slafkovsky est un joueur exceptionnel. J’ai joué toute l’année contre Shane Wright et si j’étais un directeur général, j’aurais choisi Slafkovsky. »