EDMONTON – Ça devait être le test le plus corsé d’Équipe Canada depuis le début du Mondial junior. Ça n’a finalement été rien de plus qu’une autre étape de routine, un ennuyant passage obligé vers le début des choses sérieuses.

Comme les Lettons et les Slovaques avant eux, les Tchèques n’ont pas été de taille contre la machine canadienne samedi soir. Sans grande opposition, l’équipe hôtesse s’est laissée glisser vers une victoire de 5-1 à son avant-dernier match de la ronde préliminaire.

Ne laissez pas le pointage vous berner : ce match n’a jamais vraiment été serré. C’est vrai, la Tchéquie a été la première à marquer et s’est accrochée à son avance pendant une bonne dizaine de minutes. Ce n’était qu’un mirage. Quand la logique s’est finalement invitée à la fête, seule l’excellence du gardien Tomas Suchanek a permis d’amoindrir la laideur du dérapage.  

À son premier départ du tournoi, celui qui a passé la dernière saison avec les Americans de Tri-City, dans la Ligue junior de l’Ouest, a admirablement tenu le fort devant un barrage de 57 tirs cadrés. Ses arrêts les plus spectaculaires sont survenus en première période, alors qu’il a réalisé des petits miracles aux dépens d’Olen Zellweger, Kent Johnson et Logan Stankoven.

« Fatigué, fatigué et fatigué », a répondu Suchanek, pince-sans-rire, quand on lui a demandé comment il se sentait au terme de sa performance.

« Il a été incroyable, a reconnu l’attaquant Brennan Othmann après le match. Il nous a volés à quelques reprises dans les dix premières minutes et je me souviens d’avoir regardé Mason [McTavish] sur le banc et de lui avoir dit : ‘Ok, on a un match mon gars’. On a commencé à créer plus de circulation devant lui et ça a débloqué. »

« "Nerveux" serait le meilleur mot pour décrire comment [Suchanek] me faisait sentir en début de match, a blagué l’entraîneur-chef Dave Cameron. Mais parce qu’il joue dans la WHL, on avait un bon rapport sur lui. Dans ce tournoi, à mesure que la compétition devient plus relevée, il faut s’accrocher et persévérer. C’est ce qu’on a fait et ça a fini par rentrer. »

Kent Johnson réalise un but « Michigan »! WOW!

Johnson a eu son propre moment de gloire, inscrivant le but qui allait s’avérer être celui de la victoire à l’aide de la désormais célèbre manœuvre « Michigan » à la fin du premier tiers. Après une chute de Stankoven à la gauche de Suchanek, Johnson est venu récupérer la rondelle derrière le filet et l’a collée sur la palette de son bâton avant de venir l’enrouler sous la barre horizontale.

« Ça s’est passé très vite. J’ai trouvé une rondelle libre derrière le filet, il n’y a pas de défenseur à droite du but, alors j’ai décidé de l’essayer », a résumé l’auteur de l’exploit.

Il s’agissait d’un premier but dans le tournoi pour l’espoir des Blue Jackets de Columbus, qui connaissait jusque-là un début de compétition difficile. Il est devenu le quatrième joueur de l’histoire à marquer, dans la même année, un but au Championnat du monde, aux Jeux olympiques et au Mondial junior.

Auteur d’un match de quatre buts deux jours plus tôt, McTavish a continué son travail de démolition en ajoutant un doublé. Le capitaine d’ÉCJ a fait dévier un tir de la pointe de Ronan Seeley au fond du filet en première période, puis a fait mouche sur une échappée mise en scène par Connor Bedard en deuxième.

McTavish a ainsi accentué son emprise sur le titre de meilleur marqueur du tournoi. Son compteur est désormais à dix points après seulement trois parties.

Ridly Greig et Tyson Foerster ont été les autres buteurs du Canada.

Dylan Garand a été titularisé pour un deuxième match consécutif devant le filet canadien. Il a été surpris par un tir de Martin Rysavy alors que le Canada profitait d’un avantage numérique de cinq minutes en début de match. Le Canada a d’ailleurs eu besoin d’une dizaine de minutes avant de trouver sa vitesse de croisière, mais au final, les 22 arrêts de son cerbère ont largement suffi à garder l’équipe hors de danger.

« Nos entraîneurs nous répètent sans cesse que les hauts et les bas sont inévitables dans ce genre de compétition, a retenu McTavish. C’est clair qu’on n’a pas montré le meilleur visage de notre jeu de puissance en première, c’est comme si on dormait un peu. »

« C’était juste un peu d’adversité, a minimisé Othmann. C’est correct, ça arrive dans ce genre de match. Ça démontre qu’est une équipe résiliente et ça fait juste nous préparer pour les matchs à élimination qui s’en viennent. »

Le Canada conclura la phase de groupe lundi avec un duel contre la Finlande.

ÉCJ continue son travail de démolition
ÉCJ crée l'égalité sur son 20e tir
Greig en rajoute en avantage numérique
Superbe manoeuvre de McTavish pour son 2e
Puissant tir de Foerster à bout portant