HERSHEY, Pennsylvanie - À 27 ans, Alex Belzile participera pour la première fois, lundi soir, au Match des étoiles de la Ligue américaine. Il sera d’ailleurs le seul représentant du Rocket de Laval présent à Springfield. Rencontre avec un Québécois qui ne cesse de s’améliorer et qui rêve toujours à la Ligue nationale.

 

Quand le Rocket a accordé un contrat à Belzile l’été dernier, ça n’a pas fait les manchettes. Normal, on parlait ici d’un joueur qui venait à peine de disputer sa première saison complète dans la LAH, avec le Rampage de San Antonio, alors le club-école de l’Avalanche du Colorado.

 

Auparavant, lors de ses cinq premières saisons professionnelles, Belzile avait passé deux fois plus de temps dans la ECHL (168 matchs) que dans la LAH (84).

 

On ne s’attendait donc pas à des miracles de sa part à Laval. Or le voilà qui trône au sommet des marqueurs du Rocket avec 35 points (10-25) en 45 matchs. Une production déjà supérieure à celle qu’il a enregistrée l’an dernier, mais en 16 matchs de moins!

 

Bref, il méritait pleinement son invitation pour Springfield, bien qu’il ne l’avait pas vraiment vue venir. « J’ai été vraiment surpris. J’avais déjà fait des plans pour cette pause de cinq jours, avec ma famille et mes amis. Mais je suis très honoré de représenter l’organisation du Canadien et du Rocket », a-t-il dit simplement lorsque le RDS.ca l’a rencontré samedi matin, à Hershey.

 

Lundi soir, donc, les meilleurs joueurs de la Ligue américaine seront réunis. Tout comme la LNH, la LAH proposera un tournoi entre les quatre divisions. Belzile enfilera donc le même chandail que ses adversaires de la section Nord, où il ne doit pas faire l’unanimité.

 

C’est que non seulement Belzile est productif en attaque, mais en plus, c’est une vraie peste. Des coups de bâton derrière le jeu, il en donne un et un autre, en plus de sans cesse se faire aller le mâche-patate sur la glace. Le genre de joueur que tu aimes avoir dans ton équipe, mais que tu détestes affronter. 

 

Ce type de guerrier plaît à tout entraîneur, mais surtout à un très exigeant comme Joël Bouchard, qui voue une confiance aveugle envers Belzile cette saison.

 

« Avant de signer à Laval, je ne le connaissais pas personnellement. Je ne savais donc pas vraiment à quoi m’attendre. J’ai toujours été un joueur intense, avec de belles qualités offensives. Je peux jouer sur 200 pieds. Je crois que ça plaît à Joël », souligne Belzile qui, malgré le fait qu’il soit le deuxième plus vieux joueur du Rocket (si on exclut David Schlemko et Karl Alzner), a toujours comme objectif de décrocher un premier contrat dans la Ligue nationale.

 

Un contrat LNH?

 

Bien sûr, il aimerait que ce soit avec le Canadien et bien sûr, il sait que ce Match des étoiles sera une autre belle occasion de démontrer tout son talent. « Pour un late-bloomer comme moi, je vais prendre toute forme de visibilité, note le polyvalent attaquant de 6 pi et 205 lb. Je n’ai pas de contrôle sur mon prochain contrat et je n’y pense pas. Je fais mon p’tit train-train et je trouve que ça s’en va dans la bonne direction pour moi cette année. Depuis toujours, je me dis que si j’ai la bonne attitude et que je travaille fort, de bonnes choses vont arriver. »

 

Ce n’est pas d’hier que Belzile se développe sur le tard. Contrairement à plusieurs autres hockeyeurs professionnels, le natif de Saint-Éloi, dans le « bas du fleuve », n’a pas joué junior majeur à 16 ou 17 ans.

 

Il a plutôt joint l’Océanic de Rimouski à 18 ans et deux ans plus tard, il explosait pour 92 points en 63 matchs, ce qui lui a permis de débuter sa carrière professionnelle à Gwinnett, dans la ECHL.

 

Six ans plus tard, il dispute son meilleur hockey en carrière. Qu’a-t-il donc amélioré à Laval? « Dans les dernières années, je prenais beaucoup de pénalités pour coup de bâton, précise-t-il. Cette année, on m’a aidé à mieux placer et à mieux utiliser mon bâton. C’est ce genre de détails qui retient l’attention de Joël et de son groupe d’entraîneurs, et qui fait toute la différence. Je suis encore une éponge, j’aime apprendre. Mon sens du hockey a toujours été une de mes forces, mais la clé chez les pros, c’est la constance... »

 

Avec Audette et Evans

 

Cette constance est particulièrement palpable depuis le retour des Fêtes. À ses 14 derniers matchs, Belzile revendique 13 points, lui qui a été principalement utilisé au cours de cette période à la droite de Daniel Audette et Jake Evans (ce dernier a toutefois raté les quatre dernières rencontres du Rocket après avoir été frappé violemment par-derrière, le 18 janvier).

 

Belzile y est donc pour quelque chose dans la séquence de 17 points en 14 matchs d’Audette. « Daniel s’est vraiment amélioré. Il a toujours été doué offensivement, mais depuis deux mois, c’est rendu un joueur plus complet. Il est vraiment créatif et rapide avec la rondelle. J’aime aussi jouer avec Jake. C’est un joueur intelligent, avec une bonne vision du jeu. On avait aussi connu de bons moments ensemble en novembre », rappelle Belzile, qui croit en les chances du Rocket de combler ce retard de cinq points qui le sépare présentement d’une place en séries.

 

Cette qualification, c’est la priorité du Québécois présentement. Ensuite, il pourra rêver d’apposer sa signature au bas d’un contrat à deux volets LNH/LAH.