La Dorvalloise Christine Gauthier a terminé en quatrième place du 200 m chez les KL2, jeudi matin, à la première finale de parakayak de l’histoire des Jeux paralympiques, au stade de Lagoa, à Rio.

La quintuple championne du monde sur la distance, titres remportés entre 2009 et 2013, a franchi la ligne d’arrivée en 58,109 s. La Britannique Emma Wiggs a remporté la course en 53,288 s. Elle a devancé l’Ukrainienne Nataliia Lagutenko (55,599 s) et l’Australienne Susan Seipel (56,796 s).

« C’est sûr que dans les circonstances, je suis déçue du résultat, mais il n’y a pas de surprises non plus. En pratique c’était parfait ce matin, mais les conditions ont été tellement changeantes. Le vent n’était pas aussi fort que dans les derniers jours, mais il était complètement latéral, a expliqué la para-athlète de 46 ans. C’est le pire scénario pour moi par rapport à mon handicap si je veux avoir une condition optimale. Au niveau du bas du dos, je n’ai pas le ballant comme d’autres peuvent l’avoir. »

Christine Gauthier visait un podium, mais son début de course difficile l’a empêchée de réaliser son objectif. En raison de la direction du vent, son bateau n'était pas droit sur la ligne de départ. « Ça m’a pris un bon dix coups de rame pour redresser mon bateau parce que je n’utilise pas mon gouvernail. C’est vraiment avec ma pagaie que je me redresse. J’ai perdu du temps là. Ma fin de course est toujours plus rapide, mais ça n’a pas été suffisant. Je serais meilleure sur 500 m que 200 m. »

Les courses de paracanoë-kayak ont fait leur entrée au programme des Jeux paralympiques à Rio. Si pour Gauthier, une course reste une course, elle espère que cet ajout permettra un meilleur développement du sport. « Pour moi, il n’y avait pas vraiment de différence entre les Championnats du monde et les Jeux paralympiques. Les mondiaux existent depuis huit ans pour nous, mais j’espère que ça va permettre d’ajouter de nouvelles distances et créer un bon avancement pour le paracanoë-kayak à l’international et surtout au Canada. J’espère vraiment que les jeunes vont prendre la relève », a commenté Gauthier.

Encadrement négligé

Pour la vétérane de l’armée canadienne, ce qui est plus décevant, c’est de constater que les chronos réalisés par les médaillées n’étaient pas inatteignables pour elle. Selon Gauthier, le manque d’encadrement au sein de la fédération nationale ne l’a pas aidé à atteindre son plein potentiel pour Rio.

« J’étais capable de faire ces temps 20 fois sans arrêt dans les dernières années. Notre programme national est tombé presque dans le néant depuis les deux dernières années. Nous sommes deux sur l’équipe nationale paralympique dans la même situation. Tu ne peux pas te présenter aux Jeux avec un entraînement à temps partiel et espérer un podium. »

Gauthier est membre du club de canoë-kayak de Pointe-Claire et est entraînée par Marc Creamer. « Nous avons presque été laissés à nous même. Ce sont nos entraîneurs de club qui ont pris le relais. À l’époque, le Canada était un leader dans ce sport. C’est décevant de voir que maintenant on laisse tomber le programme. »

Maintenant son aventure paralympique terminée, Christine Gauthier s’offrira une période de vacances et de récupération après une longue saison.