Le projet de loi 74 suggérant d’obliger les fournisseurs web d’empêcher l’accès a été adopté. La nouvelle a jusqu’ici fait bien peu de bruit, ayant été sanctionnée sans tambour ni trompette la semaine dernière. À partir d’une date n’ayant pas encore été annoncée, les joueurs québécois n’auront ainsi plus accès aux salles telles que les PokerStars, 888, PartyPoker et autres; du moins sous leur version .COM. Seuls les produits opérés par Loto-Québec, ceux d’Espacejeux dans l’ordre des choses actuel, pourront donc offrir du jeu à argent réel.Le projet suggère toutefois d’ouvrir la porte à d’autres fournisseurs de services. On ne parle pas ici d’un modèle de licences, alors que seule Loto-Québec conservera le droit d’opération. Les compagnies établies, on suggère sous toutes réserves PokerStars et 888Poker, pourraient fournir leur plateforme sous le giron d’Espacejeux. Ces compagnies verseraient en échange une partie de leurs revenus à Loto-Québec.

Sous ce modèle, les tables du réseau mondial ne seraient plus accessibles. Il reste à voir si on créerait des bassins québécois indépendants pour chaque salle, ou si les logiciels serviraient tous à accéder au même réseau pancanadien actuel (celui d’Espacejeux regroupant la Colombie-Britannique, le Manitoba et le Québec). Cette dernière option semble la plus probable.

Cette nouvelle risque fort de déplaire aux joueurs, alors qu’ils s’apprêtent à perdre leur accès au bassin mondial, peu importe leur salle favorite actuelle. Plusieurs souhaitaient plutôt voir un modèle comme celui d’Angleterre où les salles opèrent sur le réseau mondial, mais paient des redevances à l’État.  Pour l’instant, il semble toutefois acquis que nous devrons faire notre deuil de ce réseau.

Il ne faut toutefois pas voir que du noir dans cette nouvelle. En effet, un modèle clair et régulé permettra aux fournisseurs choisis de mettre sur pieds une offre locale alléchante, sans peur de répercussions légales. Cela pourrait donner un nouveau souffle à l’industrie. De plus, avec un modèle clair, il y a fort à parier que l’Ontario pourrait bientôt rejoindre le bateau. Avec les trois plus populeuses provinces du Canada à bord, le réseau pancanadien, sans rivaliser avec le .COM, pourrait néanmoins se montrer attrayant.

Ne paniquez pas en retirant vos fonds sans plus attendre. Un scénario à la Black Friday n’est pas dans les cartes, loin de là. De plus, l’implantation des dispositions de cette loi n’est pas chose faite. Censurer l’internet n’est pas mince affaire et il faut s’attendre à une levée de barricades chez différents groupes de pression. Une lettre de la Présidente de Cogeco datée de novembre 2015 s’étant retrouvée publique montrait aussi le désaccord évident du fournisseur web face à cette idée. Les télécommunications étant une juridiction fédérale, des bras de fer ne sont pas écartés.