L'une des pionnières et chefs de file du ski acrobatique canadien, Rosalind Groenewoud, a annoncé mardi qu'elle prenait sa retraite.

La spécialiste de la demi-lune quitte la compétition à l'âge de 28 ans, après avoir remporté un titre de championne du monde de la FIS dans sa discipline, en 2011, décroché huit médailles – dont deux d'or – en Coupe du monde et être devenue la troisième femme seulement à remporter les deux éditions des X Games, ceux d'Amérique et ceux d'Europe, la même année (en 2012). Celle qui a disputé ses premières étapes de la Coupe du monde en 2005-2006 a terminé deuxième au classement général de la Coupe du monde FIS en demi-lune trois années de suite, soit lors des saisons 2010-2011 à 2012-2013. Elle a par ailleurs été championne de l'AFP (Association des professionnels en ski freestyle).Au cours des quatre dernières saisons, Groenewound a subi quatre blessures importantes, dont deux qu’elle a dû surmonter juste avant les Jeux olympiques de 2014 et 2018.

« J'estime que toute personne a sa limite quant à la peine et la déception qu'elle peut vivre dans la poursuite de son rêve. J'ai atteint cette limite cette année, a indiqué Groenewoud. Bien que j'avais toujours prévu disputer les Championnats du monde 2019, je n'ai plus le feu sacré qui me permet de surmonter les blessures et le chagrin qui les accompagne. »

 « L'émotion la plus puissante que j'ai vécue durant ma carrière a été de remporter la médaille d'or aux X Games peu après la mort de Sarah (Burke) en 2012, a indiqué Groenewoud. J'étais tellement atterrée en arrivant à Aspen que je ne me sentais pas la force de skier. Puis, les X Games ont célébré la vie de Sarah – tous les athlètes des sports d'hiver ont entouré sa famille dans la demi-lune – et ç'a tout changé pour moi. Le lendemain matin, j'étais prête à me laisser transporter par tout cet amour. »

Groenewoud a aussi été l’une des principales actrices de l'équipe canadienne officieuse de demi-lune qui a été mise sur pied avant le lancement d'une véritable équipe nationale, en plus d’avoir milité pour que la FIS fasse davantage preuve d'équité envers les femmes en ski acrobatique, une cause qu'elle avait commencé à défendre avec Sarah Burke.

« Mes plus beaux souvenirs viennent des premiers jours avec l'équipe canadienne non-officielle. Maintenant, il ne restera plus aucun des athlètes " d'origine " dans l'équipe nationale, mais la tradition d'avoir des Canadiens qui font la différence en demi-lune continue », a noté celle qu'on surnomme « Roz G ».

Groenewoud aura par ailleurs contribué à donner à la demi-lune sa structure d'excellence actuelle pour que sa spécialité ainsi que la descente acrobatique soient acceptés dans le programme olympique. Ce qui est devenu réalité aux Olympiques de 2014 à Sotchi, où Groenewoud a pu savourer son rêve en prenant part à la toute première épreuve olympique de demi-lune de l'histoire des JO, en février 2014, puis en participant aux Jeux de 2018.

« Ç'a été un grand honneur et une expérience incroyable de skier pour le Canada à deux Jeux olympiques, a affirmé l'athlète originaire de Calgary. J'en suis tellement reconnaissante. J'aurai des histoires à raconter pour la vie! »

 « Roz est l’une des athlètes les plus dévouées, motivées et travaillantes que j'ai eu le privilège de côtoyer, a déclaré son entraîneur Trennon Paynter. Sa contribution à la fondation de l'équipe canadienne de demi-lune a été très importante. Et l'héritage sportif qu'elle laisse est éloquent. Nous lui souhaitons bon succès dans sa quête de nouveaux défis! »

« Roz est un merveilleux exemple de la force physique et mentale qu'une femme peut avoir, a déclaré Keltie Hansen, sa coéquipière au sein de l'équipe canadienne de demi-lune depuis une décennie. Mais avant tout, elle est pour moi celle qui fait partie du groupe d'origine de skieuses qui ont pavé la voie pour le slopestyle et la demi-lune, et qui se sont battues pour que les femmes aient droit à l'égalité aux chapitre des bourses, de la participation et des règlements. Roz a toujours eu une vision élargie de la vie et elle a été un merveilleux modèle pour moi à cet égard. »

« Roz a une force et une beauté en elle qui en font quelqu'un d'unique, a commenté Kaya Turski, une spécialiste de la descente acrobatique qui a côtoyé Groenewoud sur le circuit international jusqu'à sa retraite à l'automne 2017. Elle est une superpuissance! En dépit des grandes quêtes qu'elle poursuit, elle prend toujours le temps de tisser des liens. Elle allie une grande volonté à un côté humain tout à fait extraordinaire. C'est un honneur de l'avoir parmi mes amies et j'ai hâte de la voir grandir et prospérer dans ce qu'elle choisira de faire maintenant. »

Même si elle accroche ses skis, Groenewoud continuera de s'impliquer dans le monde du sport, elle qui fait maintenant partie de la Commission des athlètes du Comité olympique canadien. Elle continue par ailleurs d'être ambassadrice pour Right to Play. 

« Je prévois profiter du rôle de leadership qu'on me donne (au COC) pour m'intéresser de façon particulière aux nouvelles politiques dans le monde du sport en matière d'abus et de harcèlement sexuel. Par ailleurs, Right to Play a toujours eu une place spéciale dans mon coeur et je vais chercher d'autres moyens de m'impliquer », a indiqué Groenewoud, qui prévoit retourner aux études à l'automne, en médecine ou en neuroscience.

« Merci à mes parents, mon parrain, mes entraîneurs, mon chirurgien orthopédiste, mes physiothérapeutes, ma famille, mes meilleurs amis, mes psychologues sportifs, mes massothérapeutes, les techniciens, les membres du personnel à Freestyle Canada, les X Games et le COC, mes coéquipières et les autres skieuses en freestyle qui m'ont soutenue et inspirée, et tous mes commanditaires qui ont été là au fil des ans – et surtout ceux qui le sont à l'heure actuelle, soit MEC et Coalition Snow. »

Groenewoud a également tenu à remercier Rob McNeill, un homme d’affaire de Calgary qui a travaillé pour assurer le financement des athlètes canadiens de demi-lune avant la mise sur pied de l'équipe nationale officielle. « Il a cru dans l'avenir de notre sport, a souligné Groenewoud. Je ne sais pas comment on aurait pu faire sans lui. »