Pleure, Cristiano, pleure... Tu peux le faire. Tu avais promis de le faire. En fait, tu l’as fait plus qu’à ton tour durant ces deux heures. Pas exactement comme prévu, mais au bout du compte, ce sont les larmes de bonheur qui achèvent cet Euro. Elles remplacent celles de frustration, de colère, de désespoir qui demeureront l’un des moments inoubliables de cette finale.

Tu t’étais promis d’être l’homme de ce match. En fait, tu n’es même pas passé au travers. C’est cette finale qui est passée à côté de toi, contraint de la regarder essentiellement du banc de touche. Cette finale qui n’aura duré pour toi que huit petites minutes. Jusqu’à ce tacle de Dimitri Payet. La quinzaine de minutes suivantes qui t’auront vu tenter de revenir par tous les moyens, t’allonger, redémarrer, pour enfin abdiquer, n’aura été en fait qu’une longue sortie de scène.

Le triomphe de Fernando Santos

Non, pas la façon dont tu l’envisageais. Mais d’une façon peut-être un peu plus poétique. Ce titre qui te manquait tant, ce sont finalement tes coéquipiers qui vont te l’offrir et non l’inverse.

Au bout du compte, c’est tout autant de Fernando Santos que l’on devrait se souvenir au moment d’évoquer cet Euro pour les années à venir. C’est lui qui a, dans un désintérêt quasi général avant le tournoi, patiemment mis en place un système de plus en plus pointu, de plus en plus rôdé au fil des matchs. Il a toujours reconnu que son Portugal ne serait pas le plus brillant, le plus irrésistible, mais certainement l’un des mieux organisés. Il n’a eu de cesse depuis le début de penser, repenser son organisation de jeu, l’utilisation de son personnel.

Les changements apportés en cours de compétition lui ont permis peu à peu de cerner son système le plus efficace. Au fil des matchs, Pepe et Fonte sont devenus la pierre angulaire de la défense et de tout le système. Cedric et Raphael Guerreiro ont gagné leur place sur les côtés, après des essais avec Vieirinha et Eliseu. William en homme de base au milieu, Adrian Silva, Renato Sanches, Joao Mario tant dans l’organisation que dans le ralentissement des mouvements adverses et la protection du milieu de terrain. Joao Moutinho, Danilo et Andre Gomes ont eux aussi été utilisés plus tôt dans le tournoi, mais le choix a été draconien. Cruel.

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