MONTRÉAL – Il est encore tôt pour dépoussiérer le qualificatif de « forteresse » qui lui a déjà été accolé, mais au cœur d’une saison de misère, le Stade Saputo est au moins devenu un havre où l’équipe locale peut cueillir un peu de positif.

 

L’Impact a signé une deuxième consécutive à domicile, mercredi soir, disposant du Orlando City SC par la marque de 3-0. Il s’agit de surcroît d’un deuxième gain par blanchissage d’affilée décroché dans l’enceinte de la rue Sherbrooke, après celui du 2 juin contre le Dynamo de Houston.

 

Après la rencontre, l’entraîneur-chef Rémi Garde a même étiré l’optimisme en rappelant l’aspect trompeur de l’échec subi dans l’intervalle à Dallas.

 

« Le dernier match qu’on a perdu, je l’avais rappelé, c’était sur deux coups de pied arrêtés avec pas mal de malchance. Donc sur les deux derniers matchs, dans le jeu, on n’a pas concédé de but. C’est la solidité sur laquelle on a besoin de s’appuyer », a établi le coach.

 

« Ça a été un de nos matchs les plus complets, estimait Samuel Piette. Offensivement, ce qui nous manquait depuis plusieurs matchs a débloqué. Le retour du grand Nacho fait du bien, mais il y a beaucoup de choses qui manquaient qu’aujourd’hui on a fait différemment et ça a porté fruits. »

 

Garde s’est aussi réjoui du réveil offensif de sa troupe, qui avait été limitée à un vulgaire but à ses six matchs précédents.

 

De retour au jeu après une brève absence d’un match justifiée par une légère blessure, Ignacio Piatti a mis fin à la plus longue sécheresse offensive de sa carrière en inscrivant un doublé. Un but contre son camp du défenseur du défenseur Amro Tarek, à la 55e minute, avait déjà donné à l’Impact une avance suffisante à laquelle s’accrocher.

 

« Ce but est probablement mon favori parce qu’il démontre que si on met l’adversaire sous pression avec les bons appels et les bons déplacements, les résultats suivront. Ce n’est rien contre Nacho, mais pour moi ce deuxième but est le plus significatif. J’espère qu’on pourra s’en inspirer, qu’on soit à domicile ou à l’extérieur. »

L'Impact s'amuse sous la pluie

 

Signataire de son quatrième jeu blanc de la saison avec une performance de trois arrêts, Bush a comparé la performance à celle que l’équipe avait livrée face au Toronto FC en début de saison au Stade olympique.

 

 « On n’avait pas paru aussi bien depuis un bon bout de temps. Collectivement, tout était à point. »

 

La victoire permet à l’Impact (5-11, 15 points) de s’approcher à quatre points d’Orlando et du sixième rang dans l’Est. Les deux équipes se reverront dans dix jours alors que le Bleu-blanc-noir se déplacera en Floride.

 

Seule tache au déroulement de la soirée : Jeisson Vargas a quitté le match à la 33e minute, visiblement touché au genou gauche après un contact avec Orio Rosell. Selon le premier diagnostic émis par Garde, le Chilien aurait aggravé la blessure qui l’avait tenu à l’écart plus tôt cette saison.

 

Piatti réagit aux propos de Saputo

 

Complètement écarté de la feuille de pointage à ses cinq matchs précédents, du jamais vu depuis son arrivée en MLS, Piatti a frappé plus vite que les éclairs qui allaient littéralement balafrer le ciel montréalais en milieu de soirée.

 

« Nacho » a ouvert le pointage dès la cinquième minute sur un penalty décerné après une faute sur Saphir Taïder. Alors que le gardien Joe Bendik plongeait sur sa gauche, le joueur désigné de l’Impact tirait à droite et mettait fin à sa disette.

« Quand Nacho est là, c'est différent! »

 

Piatti a ajouté son septième de la saison en toute fin de match, dans les arrêts de jeu, se moquant de nouveau de Bendik après s’être retrouvé seul devant le gardien.

 

« On n’a pas vu la meilleure version de Nacho, a jugé Garde. Mais on a constaté ce qu’on savait déjà : quand il est en uniforme, nous sommes une toute autre équipe. »

 

« Il n’y a pas de problème pour moi. Je fais mon travail sur le terrain. Ça faisait peut-être beaucoup de matchs que je voulais mieux jouer, mais  ça ne sortait pas. Ce n’était pas seulement moi, mais toute l’équipe. Il faut améliorer tout ça, mais moi je suis tranquille. »

 

Coïncidence ou pas, la léthargie de Piatti remontait aux plus récentes déclarations incendiaires faites par Joey Saputo. Le 21 mai, après une dure défaite contre le Galaxy de Los Angeles, le président de l’Impact avait déclaré qu’aucun joueur n’était intouchable et s’était ouvertement questionné sur la pertinence d’investir une portion substantielle du budget salarial sur une seule grande vedette.

 

Piatti, qui n’avait toujours pas rencontré les médias depuis la sortie publique de son patron, a offert une réplique courte, mais néanmoins cinglante.

 

« C’est bien, tout le monde est disponible. Lui c’est le président, moi je fais mon travail ici. Je fais tout pour Montréal et après, c’est lui qui décide. Moi, mon travail, c’est de faire tous les matchs. Pour moi, ça ne change rien. Je voulais rester, mais s’il pense que c’est moi le problème, je vais aller dans un autre club. »​

« Si je suis le problème, je vais aller dans un autre club! »