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RÉSULTATS

L'Allemagne se sépare de son sélectionneur Hansi Flick, à neuf mois de l'Euro 2024

Hansi Flick Hansi Flick - Getty
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Mise à jour

MUNICH, Allemagne – Le sélectionneur de l'Allemagne Hansi Flick a été remercié dimanche au lendemain d'une défaite à domicile contre le Japon (4-1), énième déroute survenue à neuf mois d'un Euro-2024 à domicile.

Arrivé en poste en mai 2021 pour succéder à Joachim Löw, Flick, 58 ans, n'est pas parvenu à enrayer l'inexorable déclin de la Mannschaft, une sélection désormais de second ordre.

Elle va de déconvenue en déconvenue depuis sa demi-finale de l'Euro 2016 perdue contre la France qu'elle affronte en amical à Dortmund (ouest) mardi.

L'ancien entraîneur du Bayern Munich (2019-2021) et adjoint de Löw en sélection (2006-2014), dont le successeur n'a pas été désigné, avait pourtant affiché sa combativité dimanche matin lors d'un entraînement ouvert au public au lendemain de la défaite contre le Japon à Wolfsburg (centre).

« Les instances ont estimé unanimement que la sélection masculine avait besoin d'une nouvelle impulsion après les résultats récents décevants », a expliqué le président de la Fédération (DFB) Bernd Neuendorf, dans un communiqué publié dans l'après-midi.

Cette décision a été prise à l'issue d'une réunion de crise entre les dirigeants et d'une réunion extraordinaire du conseil de surveillance de la DFB.

L'intérim pour le match contre la France sera assuré par l'actuel directeur sportif Rudi Völler, sélectionneur de la Mannschaft quand elle a été finaliste de la Coupe du monde 2002, le sélectionneur des moins de 20 ans Hannes Wolf, et l'ancien attaquant Sandro Wagner.

Parmi les noms de potentiels successeurs évoqués dans la presse allemande figurent Julian Nagelsmann, l'ancien entraîneur du Bayern mis à l'écart fin mars, l'Autrichien Oliver Glasner, vainqueur de la Ligue Europa avec Francfort en 2022, ou encore Stefan Kuntz, double champion d'Europe avec les espoirs allemands en 2017 et 2021.

Nouveauté pour l'Allemagne

Le limogeage de Flick est une première en Allemagne. Aucun des dix prédécesseurs de Flick au poste de sélectionneur n'avait été licencié.

Berti Vogts en 1998, Erich Ribbeck en 2000 et Völler en 2004 avaient démissionné de leur plein gré après des sorties de piste prématurées en Coupe du monde ou en Championnat d'Europe.

Mais l'humiliation contre le Japon aura été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour une équipe sur le déclin depuis plusieurs années et en voie de déclassement sur la scène internationale.

De la fin mars 2022 à la mi-septembre 2023, l'Allemagne, éliminée dès les phases de poules au Mondial au Qatar, a joué 17 matchs officiels et ne s'est imposée qu'à quatre reprises.

Aucun des adversaires battus ne fait partie du gotha du football international actuellement : Pérou (2-0), Costa Rica (4-2), Oman (1-0) et Italie (5-2), un autre ancien géant en crise profonde.

Formation défaillante

D'où ce constat posé par Völler samedi soir : « On n'est plus au premier niveau en Europe ». Une réalité dure à accepter alors que se profile un Euro joué à domicile, pour la première fois depuis 1988.

Présente dans le dernier carré de toutes les grandes compétitions entre 2006 à 2016 (trois Coupes du monde et trois Championnats d'Europe, l'apogée étant atteinte en 2014 avec le titre mondial), l'Allemagne n'a connu depuis que des désillusions. Son meilleur résultat est un huitième de finale à l'Euro en 2021, perdu 2-0 contre l'Angleterre.

Réputée par le passé pour ses équipes de jeunes, l'Allemagne traverse une profonde crise de sa formation.

En Espoirs, le fiasco de l'Euro 2023 (élimination dès la phase de groupes) signifie l'absence de l'Allemagne au tournoi olympique en 2024 à Paris.

Et le titre européen décroché cet été chez les moins de 17 ans face à la France ne vient apporter qu'un peu de baume au coeur.

La fédération (DFB) a initié une réforme de la formation, qui passe notamment par la disparition des classements dans les championnats de jeunes, pour permettre aux clubs de développer les joueurs sans la pression de la relégation.

Une mesure qui ne fait pas l'unanimité avec des critiques du vice-président de la DFB et président du Borussia Dortmund Hans-Joachim Watzke.