Tout comme en 2013, les Canadiennes ont eu le meilleur dans leur confrontation devant l’Ukraine lors de leur rencontre de barrage du Groupe Mondial II de la Coupe Fed grâce à la victoire en double, dimanche. 

 

Les Ukrainiennes avaient forcé la tenue du match ultime, mais la paire canadienne formée par Gabriela Dabrowski et Bianca Andreescu l’a emporté 6-3, 4-6 et 6-2 devant Olga Savchuk et Kateryna Bondarenko pour confirmer la place du Canada dans le Groupe Mondial II la saison prochaine.

« Elles ont fait preuve d’énormément de courage. Je suis content pour chacune d’entre elles qui sont allées au combat. Elles sont allées chercher la victoire et n’ont pas attendu que l’Ukraine leur donne. Je suis extrêmement fier en tant qu’entraîneur de la façon dont les filles ont joué », a mentionné Sylvain Bruneau.

 « J’étais si heureuse d’aider l’équipe à signer la victoire, a pour sa part mentionné Dabrowski. C’était difficile pour moi alors que j’ai aussi disputé seulement mon quatrième match en simple de la saison. En plus, je devais disputer quelques minutes après un match de double avec un enjeu énorme. »

Le scénario pouvait difficilement être plus similaire qu’il y a cinq ans. Eugenie Bouchard avait également donné les devants à son équipe 2 à 1, et tout comme en matinée au Stade IGA, elle affrontait alors Lesia Tsurenko. Le match de double avait alors aussi tranché le débat en faveur des Canadiennes. 

 

Si Dabrowski disputait un deuxième match consécutif, Andreescu était pour sa part de retour en action, après avoir abandonné lors de la manche ultime de son match de samedi en raison de crampes. 

 

 « C’est un moment très spécial pour moi, d’autant plus avec ce qui s’est produit samedi. Ce n’est jamais plaisant de devoir être retirée d’un match en raison des blessures. Je suis heureuse que Gabi et moi ayons enregistré la victoire en double et qu’Eugenie l’ait fait en simple », a annoncé Andreescu qui espère avoir d’autres occasions d’évoluer avec sa compatriote en double.

Savchuk disputait un premier match du côté de l’Ukraine au cours de cette compétition. Cette dernière a permis aux Canadiennes de mener 5-3 à la première manche lorsqu’elle a été victime d’une double faute. Les représentantes de l’unifolié n’ont pas gaspillé une telle chance de mettre la main sur la manche. 

 

En retard 5-4 à la seconde manche, Andreescu, qui évoluait avec un bandage autour du mollet gauche pour ce match, a vu les Ukrainiennes lui soutirer son service afin de pousser le duel à la limite. 

 

Andreescu ne s’est pas laissée déranger par ce point alors qu’elle a offert le bris à son équipe lors du set ultime à l’aide d’un puissant retour au corps de Savchuk. Au service pour le match et le billet pour le Groupe Mondial II, Dabrowski n’a pu conclure, mais la 10e joueuse au monde en double a mis le point d’exclamation en brisant le service de Bondarenko une dernière fois.

 

Privée de la quatrième joueuse au classement de la WTA, Elina Svitolina, l’Ukraine n’aura pas été en mesure de profiter des nombreux ajustements qu’a dû apporter Sylvain Bruneau au cours de la fin de semaine en raison des blessures qui ont affecté ses troupes.

 

« Il est arrivé des événements pour lesquels nous n’étions pas prêts. Il y a des blessures qui se sont accumulées. Je ne peux pas être plus fier de l’équipe et de la façon que les filles se sont battues. Elles ont tout  donné sur le terrain à chacun des matchs », a expliqué le capitaine de l’équipe canadienne.

« Avec toutes les courbes qui nous ont été envoyées depuis hier, c’est extrêmement satisfaisant de remporter cette rencontre-là. Je suis très impressionné par leur courage », a-t-il enchaîné.

Dabrowski appelée en renfort en simple

 

Après que Françoise Abanda ait annoncé par l’entremise de son compte Twitter plus tôt dans la journée qu’elle ne pouvait prendre part à une rencontre en simple, elle qui s’est blessée à la tête lors de l’échauffement avant son match samedi, Sylvain Bruneau a décidé de faire appel à Dabrowski pour affronter Bondarenko lors du quatrième match de simple, lui qui a préféré préservé Andreescu pour le double. 

 

Dabrowski s'incline devant Bondarenko

La Canadienne s’est inclinée en trois manches au compte de 3-6, 6-2 et 6-1 ce qui ramenait les deux équipes sur un pied d’égalité.

 

« Il y avait un risque avec Bianca de l’insérer dans le match de simple, alors qu’il y avait eu quelques difficultés lors de l’échauffement. Ça faisait partie de la stratégie et j’étais convaincu que Dabrowski pouvait l’emporter en simple », a indiqué Sylvain Bruneau tout en donnant le crédit à Bondarenko pour la victoire.

 

 

La double championne grand chelem en double mixte du côté du Canada avait sur papier tout un défi devant elle avec la 78e raquette mondiale. La Canadienne occupe présentement le 364e rang au classement de la WTA, mais elle pouvait cependant s’encourager, alors qu’elle avait des repères en simple. Dabrowski est parvenue en 2009, alors âgée de 17 ans, à triompher en simple lors de l’Orange Bowl, un tournoi d’envergure chez les moins de 18 ans. À titre indicatif, la Canadienne avait alors eu le meilleur sur Kristina Mladenovic qui fait aujourd’hui partie du top-20. 

 

Beaucoup d’eau a cependant coulé sous les ponts depuis cette prestation en simple, mais Dabrowski semblait prête à réaliser un autre coup d’éclat lors de cette confrontation de la Coupe Fed. 

 

L’Ontarienne a soutiré le service de Bondarenko en début de match pour se forger une avance de 2-0. Dabrowski n’a rien donné à sa rivale au cours de la manche initiale qu’elle a pliée en seulement 28 minutes avec son troisième as. 

 

Il n’était pas question pour l’Ukrainienne de se laisser surprendre par une joueuse qui accuse 278 échelons de retard sur elle au classement. Bondarenko a brisé le service de la Canadienne à deux occasions pour mettre la main sur la manche 6-2.

 

Dabrowski n’a pas été en mesure de redresser la barre par la suite, alors que sa rivale signait sa première victoire en deux matchs de simple. 

 

Genie remporte une dure bataille

 

Si Dabrowski avait la chance de fermer les livres dès le quatrième match, c’est grâce à Eugenie Bouchard, qui avait mis le Canada en bonne posture grâce à sa victoire après une éreintante bataille contre Lesia Tsurenko par la marque de 4-6, 6-2 et 7-6  auparavant.

 

Bouchard vient à bout de Tsurenko

Même si elle a été la première à tirer de l’arrière par un bris à la troisième manche, Bouchard a su montrer toute sa ténacité pour demeurer au plus fort de la lutte contre la 41e joueuse au classement de la WTA. La Québécoise a notamment sauvé 12 balles de bris au cours de la rencontre pour signer son deuxième gain de la fin de semaine.

 

« C’était important pour moi de gagner un match 7-6 au troisième set. C’était difficile physiquement et mentalement. Je suis très fière de la façon dont je me suis battue aujourd’hui », a relaté la Canadienne.

 

Les deux joueuses étaient gagnées par la fatigue à la fin de ce marathon. Si Tsurenko a vu son adversaire de la veille abandonner en raison de crampes, c’est elle qui a eu à vivre avec cet inconfort à la fin du match et Bouchard en a profité pour se sauver avec le bris d’égalité à la manche ultime pour mettre un terme à un duel de 2 h 39 minutes. 

 

« Un match comme aujourd’hui passe d’une guerre physique à une guerre psychologique et j’ai l’impression d’avoir remporté cette bataille, a analysé Bouchard. Je suis demeurée calme et je me suis fiée à mon jeu. »

 

« Genie a vraiment bien joué aujourd’hui, alors j’ai dû me déplacer sans arrêt. En raison du match d’hier, j’étais un peu moins en bonnes conditions pour ce match », a expliqué Tsurenko après sa défaite, avançant que la surface a pu avoir une incidence sur les problèmes physiques survenus aux joueuses au cours des deux derniers jours.

 

« Ça donne confiance »

« J’ai disputé deux matchs difficiles en autant de jours. J’étais forcée d’être défensive sur le terrain puisque les deux étaient beaucoup en mode attaque », a-t-elle ajouté.

 

Si Tsurenko a souffert en fin de match, l’état de santé de la Canadienne était un point d’interrogation en début de rencontre, alors qu’elle s’était blessée à la main gauche la veille lors de sa victoire contre Bondarenko. Même si elle disait alors ressentir de la douleur lorsqu’elle frappait des revers, la représentante de l’unifolié s’est faite rassurante en milieu de première manche. Un revers sur la ligne lui a permis d’enregistrer le bris à la huitième partie pour recoller à 4-4. 

 

Tsurenko n’avait cependant pas l’intention de laisser son adversaire prendre son élan alors qu’elle a répliqué avec le bris dès le point suivant. L’Ukrainienne a ensuite tenu le coup au service pour la manche, qu’elle a remportée en 46 minutes. 

 

La 117e raquette mondiale a rapidement mis derrière elle ses 21 fautes directes du premier set en s’offrant une avance de 2 à 0 pour amorcer la manche médiane. La Québécoise a ensuite ravi les partisans réunis au Stade IGA en forçant la tenue d’une manche ultime. 

 

Le dernier affrontement entre les deux athlètes en 2015 à Indian Wells s’était également réglé au troisième set, à la faveur de l’Ukrainienne. Encore une fois, les deux joueuses ont laissé tout ce qu’elles avaient sur le terrain. La cinquième partie de cette manche montre à quel point la bataille était âprement disputée, alors qu’il aura fallu attendre la sixième balle de bris pour voir Tsurenko soutirer le service à sa rivale qui a alors envoyé la balle à l’extérieur sur une volée brossée.

 

La Canadienne ne s’est pas laissée gagner par le découragement alors qu’elle a regagné son dû dès le point suivant grâce à un passing du revers. 

 

En retard 4-5, Tsurenko s’est montrée incommodée par des crampes, elle qui disputait un deuxième match de trois manches en deux jours. Malgré le travail des soigneurs, elle n’a pu tenir le coup et la Canadienne s’est tirée avec les honneurs de la troisième manche qui a duré à elle seule plus d’une heure.​

Une longue journée à l'avantage des Canadiennes