(Collaboration spéciale Vincent Tougas) - Olga Hrycak est une femme passionnée de basketball, tellement passionnée qu'elle dirige les Citadins de l'UQAM. Cette université en est à sa deuxième année d'existence et il est bien de pouvoir avoir du basketball dans une université francophone à Montréal. Olga est une femme respectée dans le milieu et elle a fait tout un cheminement pour se rendre où elle est.

Elle a été au Cégep Champlain de 1979 à 1988 avant d'aller au Cégep Dawson à Montréal de 1989 à 2002 et avant d'accepter le grand défi de construire une nouvelle équipe dans une prestigieuse université québécoise.

À sa première année, c'était difficile pour Olga puisqu'elle n'avait pas pu nécessairement attirer les joueurs de grand talent pour jouer avec l'équipe mais cette année, ce fut différent. Elle est allée dans des Cégeps voir les talents du niveau AA et AAA pour y découvrir un joueur, Francois Yelle, qui pensait aller jouer pour Laval mais qui a finalement opté pour l'UQAM en grande partie à cause d'Olga Hrycak. Elle a réussi un coup fumant en allant chercher les deux meilleurs pointeurs du collégial AAA et le meilleur compteur du collégial AA.

Elle a aussi été assistante-entraîneur de l'équipe nationale canadienne avec le regretté Jack Donahue de 1985 à 1987 et elle parle de cette expérience de très enrichissante puisque Jack l'avait invité comme apprenti avec l'équipe, mais avec le désistement de l'assistant-entraîneur, elle se voyait donner son titre. Elle s'est occupée de la défensive et des entraînements. Elle a appris beaucoup de nouvelles stratégies avec Donahue. Jay Triano était d'ailleurs de cette équipe lui qui a été coach de l'équipe nationale et assistant avec les Raptors de Toronto l'année dernière.

Elle a eu beaucoup de plaisir à tourner une publicité avec l'équipe pour 3M et s'est beaucoup amusée avec les gars.
Le basketball à l'UQAM est dû en grande partie aux efforts de Manon Vaillancourt, la directive du centre sportif qui a fait des pressions pour avoir ce sport et de basketball Québec qui a été d'une grande aide pour trouver les fonds nécessaires.

Mme Hrycak est une coach très émotive et elle en rit lorsque je lui ai demandé et cela donne quelques bonnes prises de bec avec les arbitres dont elle ne veut pas trop commenter leur travail. Elle a tout de même un bon mot pour eux puisque dans les différents championnats nationaux, plusieurs arbitres québécois sont d'office et ils sont très bien cotés au pays. Elle ne veut pas que ses joueurs embarquent dans le jeu des crises, c'est son travail et les joueurs n'ont qu'à faire ce qu'elle leur demande.

Elle raconte comment il y a des joueurs de talent à Montréal, dont plusieurs font partie de la communauté ethnique mais qui ne sont pas trouvés pour différentes raisons comme le manque d'argent pour se rendre à l'université. Il y a des joueurs dans les quartiers pauvres à Montréal tout près de Lucien-Pagé et il faut les trouver pour améliorer l'équipe des Citadins.

Faire des études à l'université n'est pas si coûteux que ça lorsqu'on regarde les chiffres. Il en coûte de 800 à 1000$ par session et les joueurs qui ont de bons résultats obtiennent des bourses pour les aider et les différents joueurs travaillent très fort tout l'été pour pouvoir se payer leur session.

L'ambiance des matchs, selon Alain Giasson (directeur des communications à l'UQAM) et Olga est incroyable. De 500 à 800 personnes assistent aux matchs pour voir une équipe compétitive qui se donne à chaque match. Il y a des estrades dans les lignes de fonds en arrière des paniers et la place se compare avantageusement à McGill. Je me promets d'y aller pour vous en faire part de mes propres yeux!

L'équipe joue un style up-tempo et très agressif puisque l'équipe ne possède pas de grands joueurs. Olga demande aux Québécois de manger leurs croûtes puisqu'il n'y a pas énormément de grands joueurs au Québec comparativement aux autres provinces. Il n'est pas rare de voir des joueurs de 6 et 8, 6 et 9 dans les provinces maritimes.

L'UQAM ira au Manitoba pendant le temps des Fêtes pour participer à un tournoi avec sept autres équipes. Olga voit une très bonne occasion pour son équipe d'affronter des grands joueurs de talent. Elle ne voit pas ce tournoi comme une réunion de famille, mais plutôt comme un tournoi important et les joueurs pourront profiter de cette expérience et mieux jouer à leur retour au Québec.

L'objectif d'Olga est de faire les séries dans la division Québec où 4 équipes sur 5 en font partie. Il n'y a pas de 2 de 3 ou de 4 de 7 mais seulement une partie demi-finale et une partie en finale. Donc les joueurs doivent être prêts physiquement et mentalement lorsque les matchs importants commenceront. Pour l'instant, les Citadins ont une fiche de 2 et 3 ce qui n'est pas mal pour une équipe qui en est à sa deuxième année.

J'espère que le basketball universitaire jouira d'une couverture médiatique aussi importante que le football puisqu'il s'agit d'un sport qui est pratiqué par 350 000 personnes dans les différents niveaux de scolarité au Québec.

Allez voir des matchs à l'UQAM, à Laval, à Concordia, à Bishop's et à McGill. Ces joueurs se donnent à chaque match et c'est du basketball très compétitif puisque les Citadins ont quasiment battu une équipe américaine de division un dans la NCAA en pré-saison. Le manque de grandeur et d'expérience a eu raison des Citadins, mais ils sont capables de tenir tête aux universités américaines.