COLLABORATION SPÉCIALE

Sans explications, le Baseball majeur a décidé que le projet de villes-sœurs entre Montréal et Tampa est terminé et que l’on passe à un autre appel!

Que le projet de villes-sœurs ne passe pas est une chose, mais que ça semble mettre une fin définitive au retour possible du baseball à Montréal en est une autre. Mon collègue Daniel Richard à RDS a écrit avec justesse sur son compte Twitter :

« Il n'y a à peu près personne de sérieux qui était vraiment convaincu du projet de villes-soeurs sans au moins être sceptique. Ce qui fait mal aujourd'hui, c'est d'entendre qu'il n'y a pas de plan B à un plan A qui traînait de la patte. C'est triste, désolant et frustrant. »

Ça dit tout!

Je suis déçu pour Stephen Bronfman et son groupe. Je pense que les gens n’ont pas idée du travail, de l’énergie et l’investissement mis dans ce projet jusqu’ici. Je sais que ce projet de villes partagées ne ressemble en rien à une équipe à temps plein, par expansion ou déménagement, surtout financièrement, mais de ne pas avoir ce plan B après tout ce travail m’apparaît impossible.

« On croyait tellement à ce plan, on n'a pas de plan B »

J’ai été impliqué de près dans l’aventure du départ des Expos vers Washington. Certes, une période très creuse pour moi et celle du baseball à Montréal.

Je me souviens de Claude Delorme, le vice-président exécutif à l’époque, qui travaillait sans relâche pour faire rouler les Expos de façon ultra professionnelle, même s’il ne restait qu’une poignée d’employés.

Le départ s’est fait sans même que la MLB remercie Claude ou les employés. Honnêtement, tout s’était fait de façon assez sauvage. 

La grève de 1994, le départ en 2005, je croyais et je crois toujours que le baseball, quelque part, en doit une à Montréal.  Je croyais que cette possibilité de villes-sœurs était un passage obligé vers l’obtention d’une franchise à temps plein. Encore une fois, de façon assez froide, la MLB annonce aux Rays que ce projet est maintenant une affaire du passé.

Selon moi, il est assez évident que tout ceci découle des négociations actuelles entre les propriétaires et l’association des joueurs.

Ils ont certainement d’autres priorités, mais je ne vois aucune autre raison d’annoncer le tout en plein mois de janvier durant un lock-out.  De toute évidence aussi, l’association des joueurs n’allait pas donner son aval pour un tel projet. Ce qui est décevant, c’est que Stephen Bronfman allait présenter quelque part en février son plan, ses idées, ses photos. Peut-être aurions-nous découvert un projet plus rassembleur que prévu?

Maintenant, les Rays font quoi?

Ça fait plus de trois ans que le propriétaire Stu Sternberg mentionne que la seule façon pour les Rays de survivre à moyen et long terme était ce projet avec Montréal.

« Les gens de Montréal étaient encore plus dévastés que moi »

Ne pensez pas non plus que les Rays ont utilisé Montréal dans ce dossier. C’est le baseball majeur qui a fermé la porte.

Les Rays sont en fâcheuse position. Le bail du Tropicana Field se termine en 2027. Les Rays n’ont pas de de nouveau stade et surtout peu de spectateurs, malgré une participation à la Série mondiale en 2020, plusieurs saisons gagnantes dont une saison de 100 victoires et plusieurs participations aux série, même si l’équipe joue dans la division Est de la ligue américaine.

La moyenne de 9000 spectateurs par match n’ira pas en s’améliorant.

La seule ouverture possible est la relation que monsieur Bronfman et son groupe ont créé avec les dirigeants des Rays. Les Rays sont dans le trouble et si jamais l’option de déménager la franchise arrive sur la table, qui sait si cette relation pourrait faire en sorte que Montréal hérite de l’équipe?

Chose certaine, on a senti Bronfman fatigué. Il n’a pas eu de relation avec les dirigeants du baseball, puisque c’est monsieur Sternberg qui s’occupait de cet aspect.

Il y a du très bon baseball au Québec. Les Capitales de Québec et les Aigles de Trois-Rivières dans la ligue Frontier en sont un exemple. Il y a le junior élite et le senior élite, et l’ABC. Sans oublier les plus de 30 000 jeunes qui, chaque été, sautent sur les terrains pour s’amuser. 

Le Québec, une terre de baseball!

Le baseball est bien vie au Québec, mais d’avoir eu cette possibilité d’ajouter une équipe des Majeures aurait donné une belle énergie au baseball à Montréal et au Québec.

« Ce chapitre est clos »

Je sais que nous sommes en pleine pandémie, mais je ne me cache pas que cette nouvelle aujourd’hui me rend bien triste.

Je suis impliqué dans le baseball à temps plein depuis 35 ans comme joueur, amateur et analyste. Même si ce n'était qu’un espoir, je m’accrochais à celui-ci, de voir les Expos revenir.

Qui sait, peut-être que la MLB va réaliser ses erreurs et facilité un retour de nos « Amours ». 

Ok, je m’accroche, encore!