mercredi, 10 oct. 2012. 15:02

MONTRÉAL - La Ville de Montréal a tranché: elle rendra hommage à l'ex-receveur des Expos Gary Carter, décédé d'un cancer du cerveau le 16 février dernier, en rebaptisant à son nom la rue Faillon Ouest ainsi que le stade de baseball du parc Ahuntsic.

Le tout a été annoncé à l'hôtel de ville de Montréal, mercredi, en présence du maire Gérald Tremblay, du commentateur sportif Rodger Brulotte et du président-directeur général du Parc olympique, David Heurtel.

La rue Faillon Ouest se trouve devant le stade Uniprix du parc Jarry. Le stade, qui sert maintenant au tennis, a été le premier domicile des Expos lors de l'entrée de l'équipe dans le baseball majeur en 1969 et, par le fait même, le stade dans lequel Carter a fait ses débuts dans les majeures en 1974.

«Cette partie de la rue Faillon devient la rue Gary-Carter parce que c'est là qu'a commencé sa carrière dans l'uniforme des Expos. C'est là qu'a commencé notre histoire d'amour avec 'The Kid'», a expliqué M. Brulotte, qui a présidé le comité chargé d'évaluer la façon de rendre hommage à Carter dans la métropole.

Le stade du parc Ahuntsic, lui, se trouve dans le nord de la ville, dans le quartier montréalais du même nom.

«Pourquoi s'en aller aux coins d'Henri-Bourassa et Lajeunesse? C'est un superbe stade de baseball, comme un mini parc Jarry, a imagé M. Brulotte. Nous avons choisi ce parc pour une autre raison également: Gary représente la province. Les équipes d'élite montréalaises, notamment aux niveaux midget et junior, y jouent, et plusieurs tournois d'importance y sont disputés. Alors, toutes les équipes d'élite de la province viennent y jouer, comme des équipes américaines.»

Ces deux sites ont également reçu l'approbation de la famille Carter, qui a été consultée.

«Sandy (la veuve de Carter) a été très touchée, a dit M. Brulotte, car le parc Jarry représente pour elle les débuts de son histoire d'amour avec Gary (...) Si la famille n'avait pas été d'accord, nous ne l'aurions pas fait.»

En raison de la réglementation municipale, qui veut qu'on attende un an après le décès d'une personne avant de lui rendre hommage, l'inauguration de la rue Gary-Carter et du stade Gary-Carter auront lieu au mois de mai prochain.

Carter a disputé la majorité de sa carrière avec les Expos au Stade olympique. Les dirigeants de la RIO prévoient rendre leur propre hommage, à l'intérieur du Parc olympique, à un autre moment.

MM. Tremblay et Brulotte avaient lancé, l'hiver dernier, une vaste campagne publique d'appel d'idées afin de trouver la façon la plus adéquate d'honorer l'ex-receveur des Expos. Plus de 2000 personnes ont envoyé leur proposition via le site Internet créé à cet effet.

«Les idées n'ont pas manqué. Ça a été un travail magistral de faire le tri, a souligné le maire Tremblay. On voulait quelque chose de réaliste, qui allait bien représenter l'ensemble de sa carrière.»

«On a eu plusieurs excellentes idées, mais on ne pouvait pas toutes les mettre en place», a pour sa part indiqué M. Brulotte.

Carter, que l'on surnommait «The Kid», a évolué pendant 19 saisons dans les ligues majeures, dont 12 avec les Expos. Choisi à onze reprises au sein de l'équipe d'étoiles, il a conservé une moyenne au bâton de ,262, claqué 324 circuits et produit 1225 points.

Il a été proclamé le joueur par excellence des Expos en quatre occasions: 1975, 1977, 1980 et 1984. Il a été le meilleur joueur et aussi le plus populaire de la concession.

Carter a évolué avec les Expos de 1974 à 1984, puis avec les Mets de 1985 à 1989, remportant avec New York la Série mondiale en 1986. Il a poursuivi sa carrière en Californie avec les Giants de San Francisco et les Dodgers de Los Angeles, avant de revenir à Montréal pour une dernière saison en 1992.

Carter a toujours gardé un excellent souvenir de son séjour à Montréal, si bien que lors de son discours d'intronisation au Temple de la renommée du baseball, à Cooperstown en 2003, il a prononcé quelques phrases en français, disant que ce fut un grand honneur et très agréable de jouer à Montréal.

«Quand est venu le temps de choisir quelle casquette il allait porter pour son intronisation, Carter a choisi celle des Expos, a rappelé le maire Tremblay. Nous lui devions donc un hommage à la hauteur de celui qu'il avait fait à Montréal.»