LONDRES - Le président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), Max Mosley, mis en cause dans un scandale sexuel, se défend en expliquant qu'il n'avait en rien enfreint la loi, dans une lettre à des responsables du sport automobile rendue publique samedi.

"Un journal à scandales a obtenu par des moyens illégaux des images de quelque chose que j'ai fait en privé et qui était inoffensif et complètement légal, même si cela peut être considéré comme inacceptable par certaines personnes", a indiqué Mosley, qui réfute de nouveau le caractère "nazi" de sa séance sadomasochiste dans cette lettre à la Fédération allemande automobile révélée par l'agence britannique Press Association.

"Cela va sans dire que le soi-disant aspect nazi est une totale fabrication. Cela sera parfaitement clair quand l'affaire sera portée en justice. Le journal a inventé cela afin de pimenter son histoire et d'introduire mes origines familiales", a jugé le fils du dirigeant fasciste britannique Oswald Mosley.

Un tabloïd britannique a diffusé la semaine dernière une vidéo montrant Mosley dans une séance sadomasochiste avec cinq jeunes femmes, dont certaines habillées en costume rayé de prisonniers. Lors de simulacres d'interrogatoires, Mosley s'y exprime notamment en allemand, conduisant des médias britanniques à évoquer une "orgie nazie". Depuis, les appels à sa démission se sont multipliés.


"Conspiration écoeurante"

"Beaucoup de gens font des choses dans leur chambre à coucher ou ont des habitudes personnelles que d'autres peuvent trouver répugnantes. Mais tant que cela reste privé, personne ne trouve rien à redire", se défend Mosley, qui se présente comme la "victime d'une conspiration écoeurante".

"Pour faire court, je pense n'avoir rien fait de mal, et que le mal a été fait par ce journal", accuse-t-il.

Le légendaire pilote écossais Jackie Stewart a toutefois jugé "intenable" la position de Mosley.

"La FIA est composée de fédérations du monde entier, avec des religions, des cultures et des sensibilités différentes. Si Mosley avait des responsabilités gouvernementales en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou en Allemagne, s'il était à la tête d'une grande entreprise ou du Comité internationale olympique, il serait déjà parti", a jugé Stewart dans des propos rapportés par la presse britannique.

L'an passé, Mosley avait qualifié Stewart d'"idiot certifié".