Sans les rugissements de la foule, le Tournoi des Maîtres sera-t-il aussi magique?
Tournoi des Maîtres lundi, 9 nov. 2020. 09:16 samedi, 14 déc. 2024. 21:51Ne manquez pas notre couverture du Tournoi des Maîtres, jeudi dès 9 h, sur les ondes de RDS et dans notre environnement multiplex.
AUGUSTA, Georgie – Les rugissements de la foule sont réguliers chaque dimanche au Tournoi des Maîtres, et ils viennent d'un peu partout sur le terrain, peu importe le golfeur.
Un moment a marqué les esprits en 2011.
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À proximité de l'allée surélevée du huitième trou, une normale-5, on aurait dit qu'un avion de chasse brisait le mur du son. Le rugissement provenait du vert pour un aigle. Mais qui en était l'auteur?
« TIger Woods vient juste de passer », a dit un préposé du terrain, mettant un terme aux questionnements.
Mais ça ne s'est pas terminé là.
Woods, qui avait commencé la ronde finale à sept coups du meneur, est maintenant à égalité en tête. Quelques instants plus tard, tandis que Woods se dirige vers le tertre de départ du neuvième trou, la foule rugit de nouveau à proximité du 18e vert. Puis, de nouveau dans le légendaire Amen Corner. Et une fois de plus en direction du 15e vert.
Des oiselets? Des aigles? Non, c'était la foule qui réagissait aux modifications apportées aux nombreux tableaux indicateurs présents sur le terrain qui annonçaient que Woods était à égalité en tête. Il n'a toutefois pu garder le rythme. C'était l'année où huit golfeurs ont partagé à un moment ou à un autre la tête du tournoi, du moins jusqu'à ce que Charl Schwartzel ne scelle l'issue de la course avec quatre oiselets consécutifs sur le neuf de retour.
Une journée incroyable. Une ambiance électrique.
Et maintenant, le silence. Lourd.
Le Tournoi des Maîtres qui aura lieu en novembre se déroulera sans spectateurs en raison du coronavirus, privant ainsi Augusta National de son essence même – et de ce qui le rend si magique.
« Il y a de l'écho là-bas. Le son voyage, a noté Woods. Il n'y a aucune place semblable à celle-là sur la planète. »
Woods se souvient des rugissements de la foule qu'il a provoqués. Il entend probablement encore les spectateurs scander « Tiger! Tiger! » après avoir signé sa cinquième – et plus invraisemblable – victoire au Tournoi des Maîtres l'an dernier.
Ou encore le changement de ton de la foule lorsque son coup d'approche au 16e trou en 2005 a dévalé la pente du vert, avant de s'immobiliser pendant une seconde sur le rebord de la coupe, avant d'y disparaître pour un oiselet. Un murmure d'anticipation, qui s'est transformé brièvement en soupir de déception, avant l'explosion de joie qui frôlait le délire.
Interrogé à savoir quel moment l'avait marqué le plus, Woods a indiqué que ce n'était même pas l'un des siens.
Il a été jumelé en ronde finale avec Davis Love III en 1998. Derrière lui se trouvait le vétéran âgé alors de 58 ans Jack Nicklaus, en train d'effectuer une remontée au classement, à la suite d'un coup d'approche qui a terminé sa course dans la coupe au troisième trou pour un oiselet.
« Les rugissements étaient tellement plus forts. C'était les rugissements de Nicklaus, s'est souvenu Woods. J'ai grandi en l'observant, et j'ai eu la chance de le vivre en personne. »
Rory McIlroy préserve aussi des moments précieux vécus au Tournoi des Maîtres, notamment de son tout premier. En 2009, à l'âge de 19 ans, il a connu une première expérience respectable. Cette année-là, Woods et Phil Mickelson ont fait partie du même duo en ronde finale, mettant la table pour une autre fin de tournoi spectaculaire.
« Je marchais en direction du 15e vert, tandis que Tiger et Phil remontait le septième, s'est rappelé l'Irlandais du Nord. Ils ont complété le premier neuf en 30 et 33 coups. C'était mon premier Masters, et je me souviens de m'être retrouvé sur le neuf de retour, et d'entendre les rugissements de la foule; il y avait six rangées de spectateurs de chaque côté des allées. »
Puis, son esprit s'est porté sur le Tournoi des Maîtres de novembre, un Masters d'automne.
Un Masters discret.
« Je crois que chaque trou au Augusta National se jouera comme au 12e vert, a dit McIlroy. Ce vert est situé à environ 150 verges du spectateur le plus rapproché du terrain, et il est pratiquement invisible en raison des fosses de sable.
« Tu cales un coup roulé, et les spectateurs ne peuvent voir s'il a été réussi, a-t-il raconté. Chaque année, on vit ça sur un trou comme celui-là. Mais jamais sur les 17 autres du parcours. »