mercredi, 23 avr. 2008. 14:25

S'il y a un point qui est rassurant dans les présentes séries chez le Canadien, c'est bien le travail des joueurs russes, ou si vous voulez de l'ancienne URSS. Alex Kovalev (2-4-6), Sergei Kostitsyn (3-3-6) et son frère Andrei (3-2-5) sont les trois premiers marqueurs du Tricolore et ont été en plus dominants dans le match numéro sept de la série face aux Bruins. Et Dieu sait que ces joueurs sont souvent pointés du doigt lorsque les séries arrivent. On parle de joueurs qui ont hâte de retourner à la maison. Mais avouons que ces trois joueurs avaient plutôt hâte de débuter la prochaine ronde lundi, comme leurs coéquipiers d'ailleurs.

Le seul joueur qui a été décevant face aux Bruins est Andrei Markov. Une seule passe en sept matchs et neuf lancers au filet au total, alors que son temps de glace moyen par rencontre était de 26 minutes. On s'entend que c'est peu. Souvent mes collègues affirment que Markov est blessé, mais j'en doute puisqu'il est toujours sur la patinoire lors des entraînements et ne passe pas beaucoup de temps dans la clinique. S'il y a un joueur qui est essentiel au succès du Canadien, c'est bien lui, surtout en avantage numérique. Il faut donc lui laisser le bénéfice du doute.

Alex Kovalev nous a parlé des préjugés face aux joueurs russes après le dernier match. Il nous a révélé qu'en 1994, Mike Keenan a mis les Russes au défi avant le début des séries. Outre Kovalev, on retrouvait Sergei Nemchinov, Alexander Karpovtsev et Sergei Zubov parmi les joueurs qui n'avaient pas toujours une bonne réputation. Mais en mettant ces joueurs au défi, Keenan s'est assuré que tout le monde soit dans le même bateau.

Mais aujourd'hui, les choses ont changé selon Alex Kovalev. « Maintenant on gagne en équipe et on perd en équipe. Les jeunes nous suivent présentement et on ne fait aucune distinction. Peu importe le pays d'origine, on travaille avec un seul objectif présentement et c'est celui de remporter la coupe Stanley ».

Et ça parait. On ne sent plus les problèmes internes qui faisaient du Canadien une équipe complexe au cours des dernières années. Pas qu'elle aurait remporté la coupe Stanley avec le talent qu'il y avait à l'époque, mais l'esprit d'équipe n'était pas aussi bon et trop de joueurs avaient leur propre « agenda », ce qui n'est plus le cas.

Bref, si les joueurs russes du Canadien sont prêts à aller à la guerre au cours du printemps, les partisans du Canadien pourraient bien avoir un long printemps. Souhaitons seulement que la ville de Montréal va demeurer intacte d'ici là. Je reviendrai sur le sujet un peu plus loin.

Drôle de canard

Vous ne trouvez pas étrange toutes les discussion sur le directeur général des Ducks, Bryan Burke qui deviendrait le prochain patron chez les Maple Leafs? Comment a-t-il pu laisser ces rumeurs se retrouver dans les journaux au cours des dernières semaines alors que son club bataillait dans les séries? C'est quand même incroyable et ça lance un drôle de message à ses joueurs. Bryan Burke a encore une dernière année de contrat avec les Ducks. Il a affirmé qu'il ne savait pas s'il allait respecter son contrat ou s'il allait tenter sa chance ailleurs.

La classe des grands

Au cours des deux dernières séries, j'ai eu la chance de parler presque à chaque jour à Vincent Lecavalier (2007) et Jean-Sébastien Giguère (2008). Je voulais simplement vous dire qu'on est chanceux d'avoir des ambassadeurs comme eux dans le monde du hockey. Simples, joviaux, toujours ouvert aux discussions et d'une grande classe. Si on fait le tour des joueurs québécois qui évoluent dans la LNH, il est difficile de trouver des athlètes québécois qui nous représentent mal.

Ils sont de bons exemples pour les jeunes qui arrivent dans la ligue et malheureusement on ne prend pas beaucoup le temps de leur dire merci. C'est fait.

L'émeute

On a eu droit à de grandes célébrations lundi après cette victoire du Canadien. Les images de la ville en feu ont fait le tour du monde. Même au prestigieux poste CNBC aux États-Unis, où il est question des marchés financiers, on voyait Montréal qui brûlait. Faut le faire! Mais pourquoi êtes-vous surpris? Pourtant qui sème le vent récolte la tempête. La vraie question est la suivante. À quand cette tempête? Vous ne savez pas encore qu'on peut faire n'importe quoi dans notre société et que personne ne recevra des petites tapes sur les mains? Pas avec les élus qu'on a. Aucune chance…