MONTRÉAL – Deux ans après avoir reconnu leur insatisfaction relativement à l’intérêt suscité par la tenue du Championnat du monde de hockey junior à Montréal, les dirigeants de Hockey Canada ont été forcés de constater que les ajustements apportés pour corriger le tir en vue du retour de l’événement au Centre Bell n’avaient pas généré les résultats escomptés.

« Quand nous avons accueilli l’événement en 2015, nous avons effectué des recherches auprès des acheteurs de billets afin d’établir les prix pour 2017. Nous les avons finalement diminués de 30 % en plus de modifier notre stratégie globale de vente », a expliqué le chef de l’exploitation de Hockey Canada, Scott Smith, jeudi.

« On espérait que les foules seraient plus imposantes », a-t-il ensuite avoué.

Après avoir disputé ses quatre matchs de la ronde préliminaire au Centre Air Canada de Toronto, Équipe Canada junior a déménagé ses pénates à Montréal pour la suite du tournoi. Mais à l’aube de la finale qu’elle devait disputer contre les États-Unis, l’équipe hôtesse n’avait toujours pas joué devant une salle comble.

En fait, la foule pour son match de quart de finale contre la République tchèque a été si décevante que la direction du Championnat a pris la décision de revoir à la baisse le prix des billets en vue de la demi-finale dans l’espoir de convaincre les indécis. Néanmoins, plusieurs sièges étaient inoccupés pour la victoire du Canada contre la Suède mercredi.

Même s’il s’est dit « très content » de la réponse des partisans, le président de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), René Fasel, n’a pas non plus joué à l’autruche.

« Effectivement, les prix étaient trop chers, a statué M. Fasel. Il faut appeler un chat un chat. Je me promène autour de la patinoire ici, je paie 7 $ pour un petit popcorn. En plus, je paie mon billet 100 $ et si je viens avec ma famille, je pense que ça fait entre 500 $ et 800 $. Ça fait beaucoup d’argent. »

Scott Smith a expliqué que Hockey Canada avait utilisé comme point de référence les données issues de la tenue du tournoi à Calgary et Edmonton en 2012 afin d’établir le prix des billets pour la candidature jumelle de Toronto et Montréal en 2015 et 2017.

« Cette année-là, 175 000 personnes s’étaient inscrites à une loterie afin de gagner le droit d’acheter des billets. Et bien que je ne possède pas tous les détails, je sais que les prix des billets étaient comparables à ceux fixés par les équipes de la LNH dans ces deux marchés », a justifié M. Smith.

Selon René Fasel, il est improbable de voir l’IIHF s’ingérer dans le travail des organisateurs en établissant des normes universelles pour les événements qui sont sous sa juridiction.

« Personne ne connaît mieux le marché que les gens qui sont là, a-t-il raisonné. Pour nous, c’est très difficile. On a le même problème pour les championnats du monde seniors. On va à Paris et Cologne cette année et les prix sont fixés par les organisateurs, qui connaissent le marché mieux que quiconque. »

ContentId(3.1213500):Une importance pour le Québec
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Pour le président et chef de la direction de Hockey Canada, Tom Renney, il importait de faire comprendre que les profits générés par l’organisation d’un événement comme le Mondial junior étaient réinvestis dans le développement du sport au pays.

« On est conscient que notre besoin et notre désir de générer des revenus avec cet événement susciteront des critiques. Mais la réalité, c’est qu’une telle pratique est nécessaire pour pouvoir investir dans toutes les branches de notre organisation », a plaidé Renney.

« Si aujourd’hui Hockey Canada a un système de développement très performant, c’est grâce aux revenus générés avec le Mondial junior », a lui aussi tenu à souligner M. Fasel.

Le Championnat du monde de hockey junior sera présenté à Buffalo en 2018 et sera de retour au Canada, dans la région de Vancouver, l’année suivante.

« Nous allons apprendre de cette expérience et faire mieux en 2019 », a promis Scott Smith.