Décidément, Vasek Pospisil peut commencer à se demander s'il est condamné à être aux premières loges de plusieurs moments marquants de la jeune carrière de Félix Auger-Aliassime.

 

Pour la deuxième fois en autant de matchs joués par Pospisil sur le circuit ATP depuis qu'il est remis d'une hernie discale, il aura son jeune compatriote dans les pattes dès le coup d'envoi de son tournoi, lors de la séance d'après-midi mardi, à la Coupe Rogers.

 

Si le souvenir de la victoire en quatre manches d'Auger-Aliassime sur Pospisil au premier tour à Wimbledon le mois dernier — gain qui était synonyme de tout premier succès pour le tennisman de 18 ans en Grand Chelem — est assez frais dans la mémoire de plusieurs, moins de gens se rappelleront que c'est contre son ami Pospisil que le jeune prodige avait décroché sa toute première victoire sur le circuit ATP, en mars 2018, au tournoi d'Indian Wells.

 

Or, la rencontre de mardi représente un autre moment que le cadet des deux Canadiens attendait depuis fort longtemps. C'est qu'il donnera, à l'aube de ses 19 ans (8 août), ses premiers coups de raquette devant la foule montréalaise. Ayant dû renoncer à l'édition de 2017 en raison d'un pépin physique, Auger-Aliassime avait éventuellement goûté à sa première Coupe Rogers à Toronto, l'an dernier, à 17 ans.

 

« On s'est envoyé quelques textos (vendredi) pour en rire un peu, Vasek et moi. Les deux, on n'en revenait pas que le hasard ait encore voulu ça. C'est drôle mais j'avais un feeling qu'il allait se passer quelque chose du genre. J'en avais glissé un mot à mon préparateur physique. C'est comme si j'avais le pressentiment que j'allais affronter Denis (Shapovalov) ou Vasek dès le premier tour. »

 

« D'un côté c'est dommage. Ça aurait été préférable autant pour les partisans que pour nous de s'affronter plus loin dans le tournoi. Mais ça fait partie du jeu (...) C'est un drôle d'addon, mais c'est comme ça. C'était arrivé par le passé, donc je savais que ça se pouvait (que ça se reproduise) », a insisté Auger-Aliassime.

 

« J'aurais aimé pouvoir me servir de l'énergie de la foule seulement pour moi! Ça aurait été le cas contre plusieurs adversaires, mais pas contre Félix, a pour sa part admis Pospisil.

 

« En même temps, ce sera une belle expérience pour nous deux », a relativisé Pospisil, qui espère que la douleur au poignet gauche qui l'embête depuis quelques semaines disparaîtra à temps pour performer près du sommet de ses capacités.

 

Deux duels entièrement canadiens de suite?

 

Le pire dans cette histoire, c'est que le gagnant du troisième chapitre Auger-Aliassime/Pospisil se positionnera pour un affrontement potentiel dès le lendemain face à... nul autre que Milos Raonic, dont le nom a été déplacé dans le tableau en raison du forfait de la tête du Sud-Africain Kevin Anderson. Au lieu de croiser le fer avec l'Américain Taylor Fritz, Raonic aura finalement pour adversaire le Français Lucas Pouille.

 

On vous parlait de la première victoire professionnelle d'Auger-Aliassime acquise aux dépens de Pospisil il y a 18 mois. Eh bien, deux jours plus tard, le Québécois avait vu son parcours à Indian Wells être freiné par ce même Raonic.

 

« Je ne veux pas regarder trop loin devant. Mais c'est fou, ça c'est certain. Que ce soit Vasek ou moi qui gagne le match, il y a le potentiel d'une autre confrontation canadienne au deuxième tour. Je me souviens que c'était arrivé à Indian Wells. C'est particulier que le scénario puisse se répéter ici à Montréal. »

« Il y a de plus en plus de Canadiens sur le circuit, a fait remarquer Raonic. Nous sommes cinq ou six (NDLR : six) dans le tableau principal. C'est le genre de chose qu'on verra se produire plus souvent. Mais en même temps, la façon dont le tableau s'est dessiné, c'est vrai que c'est un peu dommage que ça devait arriver chez-nous. »

 

Avant de penser à l'engouement que créerait un match face à Auger-Aliassime en milieu de semaine, Raonic doit se concentrer, pour l'heure, sur le défi que représente Pouille, un rival qui lui avait montré la sortie en quarts de finale des Internationaux d'Australie lors de leur plus récent affrontement, en début d'année.

 

Pospisil comme adversaire... et comme partenaire

 

Au-delà de leur rendez-vous sur le court Central lors du simple, Auger-Aliassime et Pospisil seront des alliés le reste du temps durant cette Coupe Rogers.

 

Les deux coéquipiers au sein de l'équipe canadienne de Coupe Davis ont en effet décidé d'unir leurs forces au tableau du double. Ils disputeront leur première rencontre face à la paire française composée de Jérémy Chardy et Fabrice Martin, lundi.

 

« C'est toujours un peu étrange quand ça se passe comme ça (affronter un joueur en simple, et faire équipe avec lui en double). Sauf qu'on reste des amis, et ce n'est pas le match de mardi qui changera ça. Félix est jeune, il n'a peut-être pas vécu ça. Mais moi, ce genre de situation, ça m'est déjà arrivé sur le circuit. »

 

Auger-Aliassime a précisé qu'il s'attend à ce que son association avec Pospisil se limite à la Coupe Rogers pour le moment. On a pu deviner dans ses propos qu'il aurait aimé faire équipe avec Denis Shapovalov, mais ce dernier avait déjà pris l'engagement d'évoluer avec le vétéran joueur indien Rohan Bopanna durant les semaines menant à l'US Open.

 

Cette apparition dans le tableau du double s'inscrit toutefois dans une volonté de jouer plus de matchs en duo.

 

« Si tout se passe bien, j'espère jouer en double lors de tous les tournois Masters 1000 qu'il reste au calendrier », a-t-il affirmé.

 

Il restera trois autres compétitions Masters 1000 après celle de Montréal, soit celle présentée à Cincinnati la semaine prochaine, et celles de Shanghai et Paris, au début et à la fin du mois d'octobre.