mercredi, 28 oct. 2009. 09:00

Quand on parle des meilleurs boxeurs à avoir foulé un ring au Québec, le premier nom qui nous vient à l'esprit est celui de Dave Hilton, de la célèbre famille Hilton de Montréal.

Et pourtant, il y a un autre membre de la famille qui avait la force de frappe de Matthew Hilton et le style de David, mais qui n'a jamais pu s'épanouir. C'est nul autre que Stewart Hilton, le plus jeune de la famille.

Le sort a voulu que nous ne connaissions jamais le vrai talent de ce jeune homme qui a perdu la vie dans un accident de voiture en compagnie de son amie, le 4 septembre 1986.

Stewart avait brillé chez les amateurs avec une fiche de 60 triomphes contre 7 défaites. Chez les professionnels, il avait réussi quatre victoires en autant de combats.

Le pire dans tout cela, c'est que Stewart n'avait que 17 ans au moment de la tragédie.

L'Avocat des Hilton

Quand la malédiction s'acharne sur la boxe, même les gens qui gravitent autour sans jamais avoir mis les gants en paient parfois le prix.

C'est exactement ce qui est arrivé dans le cas de l'avocat du clan Hilton, Me Frank Shoofey le 15 octobre 1985.

Tout a commencé quand le promoteur américain Don King n'a pu se présenter à Montréal pour une conférence de nouvelles à cause de l'ouragan Gloria qui faisait rage sur la côte Est américaine.

Me Shoofey représentait alors le clan Hilton, dirigé par le père de la célèbre famille. On devait y discuter des bourses à offrir à deux membres du clan, Dave et Matthew, qui tomberaient alors sous la tutelle de Monsieur King.

Me Shoofey avait recommandé au père Hilton de ne pas accepter les premières offres de Don King, reconnu comme un négociateur plus ou moins crédible dans le milieu.

C'est Michel Auger, journaliste au Journal de Montréal qui a relaté les derniers moments de la vie du célèbre avocat. C'est lui qui a été le dernier à lui parler avant sa mort.

D'ailleurs,, il titrait son article ainsi : LES DERNIERS MOMENTS DE SA VIE POUR LES HILTON

"C'est devant la Commission athlétique de Montréal que Me Shoofey a plaidé sa dernière cause, à huis clos, trois heures avant d'être assassiné."

"Les commissaires avaient convoqué les deux frères Hilton et leur père, ainsi que le promoteur Henri Spitzer, afin de vérifier les contrats et procéder à un début de véritable enquête sur les combats et l'organisation du gala de boxe de dimanche soir, au Forum."

"C'est en coup de vent que s'était présenté Me Shoofey aux bureaux de la Commission athlétique de Montréal. Il avait pris le temps de discuter avec deux journalistes avant de pénétrer dans l'immeuble pour y plaider son dossier."

"À deux reprises, Me Shoofey était sorti de l'immeuble pour s'entretenir avec les deux scribes qui faisaient le pied de grue sur le trottoir."

Une fois l'audition terminée, Me Shoofey était retourné à son étude de la rue Cherrier, où son dernier appel téléphonique a été avec le président de la Régie de la sécurité dans les sports, le juge Raymond Bernier.

C'est dans son étude qu'il a été abattu de cinq balles, une au corps et quatre autres à la tête.

Une enquête approfondie a été entreprise par les policiers des crimes contre la personne de la police de Montréal.

On connait les noms des deux tueurs à gages qui l'ont descendu pour une somme estimée à 50 000 dollars. Ce sont des délateurs qui ont révélé les noms des deux assassins, mais la justice n'a jamais voulu entendre leurs versions.

Les journaux ont même dévoilé les noms des deux tueurs, un Noir et un autre d'origine grecque. Mais jamais ils ont été traduits devant les tribunaux.

16 jours dans le coma

C'était pourtant un événement de classe pour Montréal, un des plus grands depuis les Jeux olympiques de 1976.

Ça se déroulait au Stade olympique, sous une légère pluie, le 20 juin 1980. Plus de 40 000 personnes bravaient la bruine qui tombait.

En sous carte de l'affrontement tant attendu entre Roberto Duran et Sugar Ray Leonard, un jeune homme du nom de Cleveland Denny affrontait Gaétan Hart ce soir-là.

À première vue, le combat semblait égal. Hart était reconnu comme un champion de division et Denny un aspirant de classe, avec une fiche de 10 victoires 2 revers et 2 verdicts nuls. Il avait 5 K.-O. à sa fiche.

Denny devait représenter sa terre natale, la Guyane, aux Jeux olympiques de 1976 à Montréal, mais son gouvernement avait décidé de boycotter ces Jeux, comme plusieurs autres pays.

Pendant neuf rounds le combat semblait assez égal quand soudainement à la dixième reprise, Hart a coincé Denny dans un coin. Il a commencé à le marteler de gauches et de droites sous l'œil de l'arbitre Rosario Baillargeon , à qui plusieurs ont reproché d'être intervenu trop tard dans cette attaque mortelle.

Totalement inconscient dans son coin, le médecin de la régie, le docteur Louis Leclerc, fit immédiatement appel à la civière et Denny fut transporté d'urgence à l'hôpital, où il est mort 16 jours plus tard sans jamais être sorti du coma.

Lors des funérailles, Gaétan Hart s'est présenté au salon mortuaire avec la ceinture de champion qu'il a remise dans la tombe du défunt.

Ainsi se termine ma saga de la malédiction sur la boxe. Je vous souhaite bonne lecture!

Bonne boxe...

Je vous invite à consulter mon blogue.

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