MONTRÉAL – Lors du premier match de la saison, les Alouettes de Montréal ont réservé une petite surprise – ou plutôt une grosse – au Rouge et Noir d'Ottawa en utilisant l'imposant Tyrell Richards comme chasseur de retourneur sur les unités spéciales.
La scène se passait à la fin du premier quart quand les Alouettes ont d'abord déployé cette tactique. Sans tarder, elle a été remarquée par notre collègue et analyste, Pierre Vercheval, dont la curiosité venait d'être piquée par cette approche inusitée.
Et sans tarder, Richards lui a donné raison d'avoir dirigé les yeux des téléspectateurs vers lui. Le numéro 42 des Alouettes a pulvérisé son petit opposant de 190 livres, Hakeem Bailey, pour rabattre ensuite au sol le retourneur, DeVonte Dedmon.
Mercredi, à l'entraînement, Richards trouvait ça amusant qu'on vienne le questionner sur ce déploiement intrigant des Alouettes. Après tout, ce rôle de « gunner » est presque toujours confié à des machines de vitesse possédant une certaine robustesse. Et non à un secondeur plus que costaud.
« Euh, on m'a placé dans ce contexte parce que je peux réussir des jeux à cette position. Qu'on me place n'importe où sur le terrain, je trouve que je peux aider mon équipe », a d'abord prononcé Richards qui ne se disait pas trop surpris par la décision.
« Non, j'étais content en fait. Après tout, je me retrouve confronté à un petit joueur qui peine à me bloquer. Je pèse autour de 250 livres, mais je parviens à courir plus vite que plusieurs de ces joueurs. Je tente de faire mon mieux dans ce rôle », a exprimé Richards avec le sourire.
Même si les Alouettes ont obtenu une semaine de répit après leur première rencontre, Richards prévoit que les entraîneurs des Tiger-Cats ne vont pas le laisser s'amuser aussi facilement.
« Ottawa a essayé de me doubler la deuxième fois. Ce sera donc aux entraîneurs adverses de décider. S'ils jugent que je cause des ennuis à leurs joueurs, ils devront s'ajuster. Avec une performance comme celle du premier match, je me doute bien que ça devrait arriver », a convenu Richards alors que les unités spéciales des Ti-Cats sont dirigées par Jeff Reinebold qui jouit d'une très bonne réputation à ce chapitre.
Des ambitions au poste de secondeur
Richards a démontré une partie de ses qualités athlétiques en pouvant jouer à ce poste. Mais on s'entend que l'athlète repêché au tout premier rang en 2022, grâce à une transaction des Alouettes, veut surtout s'imposer à sa position de secondeur.
Pour le moment, il doit se contenter d'un rôle de soutien aux partants Tyrice Beverette et Avery Williams et il n'a pas le profil pour jouer du côté large qui est patrouillé par Najee Murray.
« Je vise toujours de grandes choses. Quand je serai sur le terrain, je veux jouer aussi bien que j'en suis capable en espérant m'approprier une place de partant ou de jouer un peu plus chaque semaine. Voilà tout ce que je souhaite présentement », a confié Richards entre deux bouchées de Mr. Freeze.
La saison dernière, en plus d'être embêté par des blessures, Richards devait se replonger dans les nuances du football canadien après avoir effectué son parcours universitaire à Syracuse.
« C'est revenu graduellement l'an passé et je me sens à l'aise présentement », a cerné le colosse de 24 ans qui a gagné des points lors des matchs préparatoires.
En lever de rideau, la défense des Alouettes a exposé une solide performance ne concédant aucun touché au Rouge et Noir. Richards comprend donc qu'il doit patienter tandis que le maraudeur, Marc-Antoine Dequoy, souhaite que son unité soit constante contrairement au portrait observé en 2022.
« Je suis très fier de notre performance avec des interceptions et des sacs du quart. Évidemment, on va encaisser des touchés, c'est impossible que ça n'arrive pas. Mais on a entamé la saison en force et on ne veut pas traverser des hauts et des bas », a indiqué Dequoy.
Les membres de la défense montréalaise s'attendent à un grand test à Hamilton puisque les Tiger-Cats ne peuvent pas se permettre d'entamer la campagne avec un dossier de 0-3.
« Ils vont tout faire surtout contre un adversaire de la même division, c'est important au classement. On s'attend à tout de leur part que ce soit des jeux truqués ou autre », a mentionné le Québécois.
Pour ce duel, Matthew Shiltz sera le partant en raison de la blessure subie par Bo Levi Mitchell. Dequoy n'espère rien de mieux que de faire taire la foule hostile de Hamilton.
« Le plus beau sentiment, en défense, dans un stade adverse, c'est de réussir un gros jeu et que ça devienne complètement silencieux; c'est très satisfaisant », a-t-il lancé.





