jeudi, 15 nov. 2012. 23:44

Nous allons renouer avec une grande rivalité dimanche : une finale de l'Est entre les Alouettes et les Argonauts. C'est la sixième fois depuis 2002 que ces deux équipes s'affrontent lors de la finale de leur division.

Les Alouettes ont remporté cinq de ces duels tous disputés à Montréal. La défaite était survenue en 2004 alors qu'Anthony Calvillo s'était blessé durant la partie. Bref, l'histoire est très favorable pour les Moineaux.

Depuis que Marc Trestman a pris la barre de l'équipe en 2008, c'est la quatrième fois que la formation montréalaise termine au premier rang de sa division et qu'elle profite de la semaine congé. Lorsque les Alouettes disputent la finale de l'Est au Stade olympique avec une semaine de congé sous les ordres de Marc Trestman, l'équipe montre une fiche de trois victoires contre aucun revers.

En 2008, ils avaient défait les Eskimos 36-26. En 2009, c'était une victoire contre les Lions de 56-18 et en 2010, ils avaient battu les Argos 48-17. Si nous faisons la moyenne de ces trois matchs, les Alouettes gagnent une finale de l'Est à Montréal 47 à 20 depuis que Trestman est là. C'est assez dominant!

Pourquoi la semaine de congé aide-t-elle les Alouettes?

Marc Trestman est un fin stratège et un homme méticuleux. Lorsqu'on lui donne une semaine de plus pour décortiquer l'adversaire, il va trouver des faiblesses. Il est aussi très bon pour évaluer son équipe. Il va s'assurer que si moindrement une tendance ressort, elle sera effacée. Les Alouettes arriveront donc avec de nouveaux jeux, de nouvelles stratégies et de nouvelles formations. Toutefois, ils ne changeront pas tout ce qui les a amenés où ils sont.

L'enrobage de l'attaque notamment sera différent. J'ai hâte de voir quel genre de surprises Trestman nous réserve. C'est sûr qu'il va y avoir de nouvelles choses que les Argonauts n'auront pas vues lorsqu'ils auront étudié les Alouettes. La clé sera de choisir ces jeux dans les moments clés du match et de les exécuter. Il n'y a rien de pire que d'avoir un super jeu qui a fonctionné toute la semaine, que l'adversaire ne l'a jamais vu et que lorsqu'on le fait, il y a une erreur et le jeu est gaspillé. Quand l'occasion va se présenter, il faut en profiter.

Une communication beaucoup plus ardue

Une des raisons pourquoi les Alouettes ont dominé ces trois finales de l'Est à domicile est qu'il y a eu en moyenne 50 000 personnes au Stade olympique. Ça fait beaucoup de bruit! Ceux qui disent qu'il n'y a pas d'ambiance au Stade olympique, mettez-y autant de partisans et je vous jure qu'il y en a beaucoup.

Il y a beaucoup de communication à l'attaque. Que ce soit dans le caucus, pour la cadence, à la ligne d'engagement ou que le quart-arrière envoie des commandes à ses receveurs, toutes ces facettes sont affectées lorsqu'il y a autant de bruit.

Jouer dans un environnement aussi bruyant rend la vie de la ligne offensive beaucoup plus difficile. Souvent, il faut utiliser la cadence silencieuse pour remettre le ballon en jeu. Parfois, les joueurs de ligne sont une fraction de seconde en retard et en plus, les joueurs défensifs partent vers l'avant tandis qu'eux reculent. Il est alors plus simple de les déborder, surtout les bloqueurs.

Cela rend également l'offense moins complexe. En raison de la cadence silencieuse et du bruit, on ne peut pas faire une multitude de mouvements avant le jeu. Il faut garder le jeu simple, car sans commandes verbales, tu ne peux pas synchroniser tes receveurs. La défense est donc moins mêlée avant que le ballon soit remis en jeu.

Le facteur Ricky Ray

En 2010, les Alouettes avaient vaincu les Argos 48-17. Mais, à cette époque, c'était un certain Cleo Lemon qui commandait l'attaque torontoise. Ça n'a pas été un grand quart et il n'a pas eu une longue carrière. Tout le contraire de Ricky Ray. Cela change les données et c'est ce qui donne espoir aux Argos. Il a joué du bon football au cours des trois derniers matchs. En trois départs, il a réussi 10 passes de touché contre seulement une interception. La semaine dernière il a été bon et efficace. Il n'a rien fait de spécial outre sa course pour un touché sur un jeu d'attiré du quart qui a surpris tout le monde, mais il a permis à son équipe d'accéder à la finale de l'Est.

Il est important de noter une chose. Lors des trois affrontements entre les Alouettes et les Argonauts, Ray a disputé un seul match du début à la fin et c'est lors de la victoire des siens par la marque de 23-20 en début de saison. L'histoire nous dit que c'est plus difficile lorsque Ray dirige l'attaque des Argos.

J'ai très hâte de voir comment les deux équipes vont réagir au premier quart. Je me demande quel va être le pointage après 15 minutes. D'un côté, il va y avoir les Argonauts qui vont arriver gonflés à bloc. Ils ont finalement de l'espoir. Pendant des années, Toronto s'amenait à Montréal sans quart, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Ils ont également du momentum.

Les Alouettes vont arriver avec de nouvelles choses, mais ils n'ont pas disputé un match qui avait une signification depuis la semaine 16 contre ces mêmes Argonauts. Est-ce que les Alouettes vont être rouillés? J'ai hâte de voir l'exécution des Moineaux et l'énergie des Argos.

Je regardais les deux dernières finales de l'Est des Als. Après un quart, Montréal menait 17-3 contre la Colombie-Britannique et 17-0 contre Toronto. Avec les Argonauts, ce n'est pas compliqué, tu ne veux pas leur donner d'espoir. Tu veux mettre le match hors de portée tôt.

Il y a des confrontations qui seront intéressantes à voir. Les receveurs de passes des Alouettes contre la tertiaire des Argos. Ils aiment bien jouer des couvertures homme à homme. Est-ce que les receveurs réussiront à se démarquer et à attraper des ballons avec des demis défensifs sur le dos, ce qu'on appelle des attrapés contestés, quand les deux joueurs ont l'opportunité de mettre la main sur le ballon? Les receveurs vont devoir ressortir de là avec le ballon. Jamel Richardson sera probablement opposé à Patrick Watkins, un demi de coin de six pieds cinq pouces. Je ne sais pas s'il sera toujours affecté à la couverture de Richardson pendant toute la rencontre, mais disons qu'il a le gabarit pour surveiller le no 18 des Alouettes.

Une autre bataille qui sera intéressante à regarder est celle entre le front défensif montréalais et la ligne offensive torontoise. Ce sera une lutte clé, parce que s'il n'y a pas de pression sur Ricky Ray, il trouvera tôt ou tard ses receveurs. À la blague, je dis souvent que même si on amenait Deion Sanders avec les Alouettes, il n'aurait pas empêché des receveurs de le battre si un quart-arrière a tout le temps voulu pour décocher ses passes.

C'est impossible de couvrir un receveur pendant six ou sept secondes en couverture homme à homme. Il finit toujours par réussir une feinte et à se démarquer. Donc, lorsqu'une défense joue agressivement comme celle des Alouettes, il doit y avoir de la pression sur le quart pour espérer freiner l'attaque adverse.

La ligne à l'attaque des Argos n'a alloué que 36 sacs du quart. Pour mettre en perspective, la ligne offensive des Alouettes n'a accordé que 30 sacs du quart, ce qui la place au premier rang à ce chapitre en compagnie des Lions. Mais, je crois que c'est flatteur pour la ligne des Argos puisque je crois que les quarts torontois se sont fait frapper beaucoup plus souvent que ceux des Alouettes.

De plus, je n'ai jamais vu un quart avec autant de sang froid que Ricky Ray. Il accepte de se faire frapper. J'imagine qu'à l'intérieur de lui il n'aime pas cela, mais il demeure stoïque. Il ne montre rien. C'est sa grande force avec son courage. La défense montréalaise devra essayer de tester le courage de Ray, car c'est l'effet d'accumulation qui l'affectera.

Avant de mettre de la pression sur Ray, il faut aussi arrêter Chad Kackert. Le porteur de ballon de Toronto est dangereux parce que le système de Scott Milanovich ressemble un peu à celui des Alouettes puisque celui-ci était le coordonnateur offensif à Montréal avant de se joindre aux Argos.

Essentiellement, Kackert est un peu le Brandon Whitaker des Argos. Il faut le menotter parce que lorsque vous regardez les statistiques de Whitaker quand il connaît une bonne performance, que ce soit comme porteur ou comme receveur, c'est toujours dans ces parties que les Alouettes marquent le plus de points. C'est donc pourquoi les Alouettes ne peuvent laisser Kackert connaître du succès.

Il ne faut pas oublier les unités spéciales

J'ai hâte de voir les unités spéciales. Kyries Hebert contre Chad Owens, ce sera spectaculaire! J'ose espérer que Hebert sera en mesure de jouer et que les entraînements manqués ne l'affecteront pas.

Le maraudeur des Alouettes est comme un missile à tête chercheuse. C'est une bête sur les unités spéciales. Chad Owens est le retourneur pour Toronto. Le no 34 des Alouettes est un joueur qui punit ses adversaires lorsqu'il les plaque. Je ne sais pas si les retourneurs qu'il affronte regardent du coin de l'œil où il est placé, mais je suis certain que cela les affecte quand il est sur le terrain.

Chad Owerns est un rouage important chez les Argonauts. La bonne nouvelle est qu'en trois matchs contre les Alouettes, il n'a pas trop fait de dégât. Sur les bottés de dégagement, il a récolté 157 verges en 15 retours, dont un de 40 verges. Si on enlève ce retour, on parle d'une moyenne de 8,3 verges par retour. Ce n'est pas cela qui fera perdre le match aux Alouettes.

Sean Whyte aura un grand rôle dans la rencontre de dimanche. Le placement de ses bottés de dégagement sera hyper important. Si tu ne veux pas mettre ta couverture dans le pétrin, il faut que les bottés soient placés là où ils doivent aller. Ce n'est pas seulement la distance et le temps de suspension, c'est aussi où le ballon sera envoyé.

En regard de tout ce que je viens d'énumérer, je crois que la tendance sera maintenu. Je vois encore les Alouettes l'emporter en finale de l'Est au Stade olympique contre les Argos. L'historique nous dit que c'est les Alouettes qui gagnent et je pense qu'ils sont encore capables de répéter.

Est-ce que la défense remportera un championnat?

Nous avons appris mercredi que Drew Tate ratera le reste de la saison. La bonne nouvelle pour les Stampeders est que Kevin Glenn a été le partant sensiblement toute la saison et que c'est lui qui a affronté en majorité les Lions lors des trois duels. Calgary a gagné beaucoup plus avec Glenn que Tate cette saison. Bref, Glenn est un réserviste de qualité. Ils sont également sur une bonne séquence, eux qui ont gagné cinq matchs consécutifs.

On a tous hâte de voir comment les Lions vont sortir dans ce match, surtout le quart Travis Lulay. Il a eu une blessure à l'épaule et il a manqué beaucoup de temps de jeu. Son dernier match complet remonte au 12 octobre. Le 3 novembre dans la défaite des Lions face aux Stampeders, il avait réussi 9 passes pour 88 verges de gains. Rien de spectaculaire, mais au moins il avait joué un petit peu. En un mois, il n'a pas joué un match complet.

La bataille entre les deux porteurs de ballon canadiens sera intéressante. Le porteur qui aura le dessus fera une grande différence dans le match. Jon Cornish a une moyenne de 49 verges par la course et 21 verges par la passe contre les Lions en 2012, mais il n'a inscrit aucun touché. Andrew Harris a maintenu une moyenne de 53 verges au sol et 25 par la passe contre Calgary, mais il a marqué trois touchés. Ce seront donc des joueurs qui auront un impact dans le match. Impact positif s'ils connaissent de bonnes performances, négatif s'ils sont menottés.

La seule victoire des Stamps contre les Lions était lors de l'avant-dernier match de l'année. Il faisait moins-15 à Calgary, il y avait de la neige et la rencontre n'avait aucune signification pour les Lions. Il perdait même 34-0 à la demie. Ils sont revenus de l'arrière en montrant un peu de fierté en deuxième demie pour finalement s'incliner 41-21.

En fin de compte, ce n'est peut-être pas une mauvaise chose. Ça démontre un peu que les Stampeders ont le potentiel de marquer des points et de gagner. C'est une petite leçon d'humilité pour les joueurs des Lions. C'est surtout bon pour les entraîneurs qui peuvent faire passer leurs messages qu'il faut se présenter à chaque match. Je m'attends qu'en finale de l'Ouest il y ait de l'intensité et de l'émotion. Les Lions comme les Alouettes auront un stade rempli à craquer et très bruyant.

L'unité défensive des Lions est incroyable. Elle a été la meilleure du circuit cette saison. Il y a 25 catégories défensives qui sont comptabilisées par la LCF. Elle a terminé première dans 18 de ces catégories, dont les points accordés, les sacs du quart, les verges aériennes et au sol, en plus des verges totales. Ils n'ont alloué en moyenne que 19,7 points par match. La force de cette unité est la ligne défensive.

Malgré tout, ils sont bons partout. Ils ont de l'expérience à la ligne tertiaire, ils ont une bonne communication et tous les niveaux de la défense se complètent à merveille. Pour que tu sois premier contre les verges au sol et premier pour les sacs, ça me fait dire que tu as une très bonne ligne défensive. On dit que la défense gagne des championnats, à elle de le prouver!

Néanmoins, les Riders étaient deuxièmes dans les points accordés et les Stampeders les ont battus. Par contre, les Stampeders ont donné le ballon 42 fois à leurs adversaires et cela viendra probablement les rattraper. C'est donc pourquoi je favorise les Lions dans cette partie.

Bref, selon mes prédictions, nous aurions une Coupe Grey Lions-Alouettes. La dernière fois que ces deux équipes s'étaient affrontées en finale de la LCF, c'était en 2006. Les Lions l'avaient emporté 25-14.

Prédictions de la semaine XI

Miami c. Buffalo
Green Bay c. Detroit
Arizona c. Atlanta
Tampa Bay c. Caroline
Cleveland c. Dallas
Philadelphie c. Washington
New York (Jets) c. St Louis
Cincinnati c. Kansas City
Jacksonville c. Houston
Nouvelle-Orléans c. Oakland
San Diego c. Denver
Indianapolis c. Nouvelle-Angleterre
Baltimore c. Pittsburgh
Chicago c. San Francisco

Semaine de congé : Tennessee, New York (Giants), Minnesota, Seattle

Résultats de la semaine XI : 13 gains, 1 revers (92,9%)
Résultats après 11 semaines : 106 gains, 54 revers (66,3 %)

*Propos recueillis par Christian L-Dufresne