Croisé dans le vestiaire des Capitals, jeudi matin, Nicklas Backstrom assurait que la formation actuelle était la meilleure, la plus forte, la plus complète depuis son arrivée à Washington en 2007. «Sur papier, nous sommes certainement un club qui peut aspirer à la coupe Stanley. Il nous reste à être aussi bons sur la glace que nous le sommes sur papier», convenait l’excellent joueur de centre.

Jeudi soir, les Capitals n’ont pas relevé le défi fixé par Backstrom.

Oui, ils ont battu le Canadien. Oui, leur victoire de 3-2 les rapproche à quatre points du Canadien – le Tricolore a toutefois disputé trois matchs de plus – et du premier rang du classement général. Mais en dépit du résultat de la rencontre, les Capitals sont loin d’avoir été aussi bons sur la glace qu’ils le sont sur papier.

Malgré l’absence de Carey Price devant le filet, malgré l’absence de Brandon Gallagher devant le filet adverse où il est si bon et si détestable, le Canadien a tout fait sauf gagner. Dans un match qu’il a dominé autant sur le plan de la vitesse que de l’intensité, le Canadien a décoché 73 tirs. Trente tirs de plus que les Caps. Des Capitals qui n’auraient jamais été dans le coup, n’eût été la performance de Braden Holtby qui a effectué 33 arrêts, dont une dizaine au moins de très solides et deux ou trois qui se sont hissés dans la catégorie des vols.

Devant Max Pacioretty qui l’a mis à l’épreuve à neuf reprises – vous avez bien lu, Pacioretty a cadré neuf des 16 tirs qu’il a décochés – Holtby a réalisé au moins trois arrêts sensationnels. Devant Alex Galchenyuk, Holtby a sorti la jambière de nulle part pour voler un but à l’attaquant de l’heure chez le Canadien. Devant Plekanec, devant Eller, devant la majorité des attaquants du Canadien – seul Christian Thomas n’a pas obtenu de tir à l’attaque, Gilbert et Beaulieu à la ligne bleue – Holtby s’est imposé. Il a même obtenu l’aide de son poteau gauche qui est venu à sa rescousse sur un bon tir d’Andrei Markov.

Impérial face au Canadien

Comme s’il voulait les aider à composer avec l’absence de Carey Price, Holtby a offert aux partisans du Tricolore une performance à la hauteur de leur gardien favori. Une performance qui a forcé Michel Therrien à résumer la défaite de son équipe comme l’ont fait plusieurs entraîneurs-chefs de la LNH après des gains du Canadien au cours des dernières années. «Leur gardien a fait la différence dans le match», a convenu l’entraîneur-chef du Tricolore.

ContentId(3.1164482):LNH : Les Capitals l'emportent 3 à 2 contre le Canadien
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«Braden est notre meilleur joueur depuis le début de l’année. Il a gagné plusieurs matchs à lui seul cette année», mentionnait Backstrom après l’entraînement matinal des Caps. Sur ce point, il ne s’est pas trompé. Vraiment pas ! Ceux qui doutaient des capacités défensives des Capitals devront d’ailleurs se raviser. Vrai qu’il n’y a qu’un Carey Price, mais Braden Holtby, comme Henrik Lundqvist, comme quelques autres excellents gardiens dans la LNH, ne sont pas très loin derrière.

Et si, pour des raisons que la raison ne peut pas toujours expliquer, Henrik Lundqvist est rarement à la hauteur de sa réputation face au Canadien, Braden Holtby lui est en mesure de la surpasser. Holtby n’a jamais perdu en temps réglementaire contre le Canadien (7-0-2). Il a signé deux blanchissages aux dépens du Tricolore qu’il a limité à 1,40 but par match en plus d’afficher une efficacité de 95 % et des poussières. Des statistiques que le Canadien et ses partisans devront prendre au sérieux si les deux clubs se croisent tard en séries le printemps prochain.

Pacioretty : bouc émissaire

Le Canadien a obtenu trois attaques massives. Ses cinq tirs qui ont atteint la cible ont été bloqués par Holtby. Devant lui, ses coéquipiers en ont bloqué au moins le double.

ContentId(3.1164499):Reportage sur la défaite du Canadien
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Ironiquement, c’est peut-être en désavantage numérique que les Capitals ont été les meilleurs jeudi soir. À cinq contre cinq, le Canadien a eu le dessus largement tant les Caps ne pouvaient suivre le rythme imposé par la troupe de Michel Therrien. Tant les Caps qui devraient représenter des menaces constantes en raison de leur puissance en attaque ont été éclipsés par le Canadien.

En avantage numérique, les Capitals, malgré les terrifiantes unités qu’ils ont envoyées sur la glace, sont loin d’avoir été à la hauteur de ce qu’ils présentent sur papier. C’est même pendant leur deuxième attaque massive – Pacioretty était au cachot – que Paul Byron a enfilé un but qui permettait au Canadien de niveler les chances tôt en deuxième. En passant, c’était le 6e but déjà du Canadien en désavantage numérique alors qu’il en a accordé 12 seulement.

Une statistique impressionnante.

Ceux et celles qui seraient tentés de remettre en cause la décision de Michel Therrien de jongler avec ses trios en raison de la défaite devraient se garder une petite gêne. Une grosse même. Au nombre d’occasions de qualité que le Canadien a générées, il est impossible d’imputer le revers aux nouveaux trios.

Attaquant le plus menaçant du Canadien, Max Pacioretty a connu un match frustrant jeudi. Non seulement a-t-il été incapable de toucher le fond du filet malgré toutes les occasions en or qui se sont présentées, mais c’est sur une erreur bête commise en zone défensive – une mauvaise passe que les Capitals ont facilement interceptée – que Washington a inscrit le but de la victoire.

Et Mike Condon ?

Déjà qu’il a le mandat impossible de faire oublier la perte de Carey Price, il s’est fait déclasser par Braden Holtby hier. Remarquez qu’il aurait été excellent que Holtby l’aurait encore déclassé.

« On a contrôlé le match »

Condon n’a pas excellé hier. Il a offert une solide performance, mais n’a pas excellé. À mes yeux, et c’est facile à dire du haut de la galerie de presse, il me semble qu’il aurait pu effectuer l’arrêt au lieu d’être déjouer sur le premier tir des Caps dans le match. Un bon tir de Tom Wilson, mais un tir certainement parable.

Je suis beaucoup moins sévère sur le deuxième but. Oui la rondelle l’a atteint dans le dos avant de tomber derrière lui dans le fond du filet. Oui un gardien doit toujours savoir où est la rondelle. Mais elle est quand même tombée du ciel cette rondelle, dans le cadre d’un jeu inusité. Dans ces circonstances, il me semble que Condon mérite la clémence.

Sur troisième but ? Non seulement Pacioretty a saboté la sortie de zone, mais le tir qu’Oshie a fait dévier n’a donné aucune chance à Condon.

Le Canadien n’a pas perdu à cause de Condon jeudi. Il n’a pas non plus perdu à cause de l’erreur de Max Pacioretty. Le Canadien a perdu parce que Holtby a privé Pacioretty de marquer à neuf reprises, parce qu’il a limité le Canadien a deux petits buts sur ses 35 gros tirs.

C’est aussi simple que ça.

30 Min. Chrono - la profondeur bien pensée du Canadien