Canadiens

Un premier trio, enfin

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Voilà maintenant quatre ans que je suis rentré à Montréal. C'est la première fois depuis mon retour que j'ai l'occasion de voir à l'œuvre un trio aussi dominant dans l'uniforme bleu-blanc-rouge.

Je fais bien sûr référence à l'unité formée de Max Pacioretty, David Desharnais et Thomas Vanek. Sur la patinoire du Joe Louis Arena à Detroit jeudi soir, la démonstration a été des plus éloquentes.

Depuis le jour 1 de l'arrivée de l'attaquant autrichien, la chimie s'installe. On n'a qu'à regarder  la façon dont Vanek a refilé la rondelle à Desharnais sur son but. Même pas besoin de jeter un coup d'œil, il savait où son compagnon se retrouvait. Ces trois joueurs se sentent sur la patinoire. Ça se voit et ça n'a pas de prix.

Il y a déjà longtemps que j'ai revêtu cet uniforme, mais lorsque je jouais, le trio de Jacques Lemaire, Steve Shutt et Guy Lafleur était aussi des plus dominants. Loin de moi l'intention de comparer ces deux trios, mais force est de constater que lorsqu'on jumelle la chimie au talent dont dispose Pacioretty, Desharnais et Vanek, les résultats sont probants.

Après la victoire de 5-4 contre les Wings, Pacioretty signalait d'ailleurs à quel point la venue de Vanek lui permet d'apprendre beaucoup de choses, que ce soit sur la façon dont il se positionne devant le filet, ou sur la manière dont il effectue ses passes et complète ses jeux.

Un nouvel équilibre

Non seulement Vanek est-il un bon professeur pour Pacioretty et Desharnais, il permet de plus au Tricolore de compter sur une attaque à la fois plus équilibrée et diversifiée.

J'aime bien Brendan Gallagher, l'ancien complice de Pacioretty et Desharnais, mais ce n'est pas Vanek. Depuis l'acquisition de ce dernier, les pièces du casse-tête semblent mieux tomber en place.

J'aime donc beaucoup ce que je vois et ça m'inspire confiance. Je m'explique.

Le Canadien peut se vanter de compter sur d'excellents vétérans. Comme Michel Therrien l'a si bien dit vendredi après l'entraînement des siens, les succès d'une équipe doivent d'abord et avant tout provenir du vestiaire. C'est le cas à l'heure actuelle. On sent qu'une belle chimie est belle et bien en place. Les gars ont accepté le plan de match proposé par le patron.

ContentId(3.952207):Parmi les meilleurs?

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Quand Josh Gorges, Brandon Prust et Dale Weise seront de retour, ce sera sans doute encore mieux. Disons que si j'étais dans les patins d'une autre équipe, je ne serais pas trop heureux de croiser le Canadien sur ma route au premier tour des séries éliminatoires.

L'improbable remontée victorieuse contre les Sénateurs d'Ottawa le 15 mars dernier y est sans doute pour quelque chose. Le vent a tourné depuis.

Oui, le Canadien a connu des difficultés lors de son récent voyage sur la côte ouest américaine, mais rappelons-nous que Carey Price n'y était pas. Attardons-nous plutôt à la plus récente série de succès du Tricolore, qui a remporté ses quatre derniers matchs et sept de ses huit plus récents. Retenons surtout les grosses victoires acquises sur les terres des Maple Leafs et des Bruins. Ce n'est pas n'importe quoi que d'accomplir cela.

« Be a man! »

Tout n'est pas rose toutefois au pays du Canadien. Quand je vois Alexei Emelin et P.K. Subban mettre de la moutarde après avoir été plaqués solidement, commes ils l'ont fait notamment face aux Bruins, je ne peux m'empêcher de faire des boutons. À un certain moment jeudi soir à Detroit, Subban avait l'air à moitié mort à son retour au banc…

En tant qu'ancien joueur, je n'apprécie pas ce genre de scène. « Be a man » (sois un homme)! Tu es capable de donner des mises en échec, alors tu dois sûrement être en mesure de les encaisser. Feindre une blessure n'a pas sa place et c'est exactement pourquoi ces gars perdent en crédibilité.

Emelin et Subban sont deux excellents joueurs, mais je me passerais bien de ces manies que je suis loin d'apprécier.

*Propos recueillis par Mikaël Filion