MONTRÉAL - Francis Perron s'est souvent fait reprocher de manquer de constance dans son jeu au cours des dernières années. Le capitaine des Huskies de Rouyn-Noranda n'a pas ménagé les efforts et a pris les grands moyens pour ne pas qu'on le critique à ce sujet, cette saison.

L'ailier gauche a noirci la feuille de pointage lors des 29 rencontres qu'il a disputées depuis son retour du camp d'entraînement des Sénateurs d'Ottawa, qui l'ont sélectionné en septième ronde au repêchage de 2014. Au cours de cette irrésistible séquence - la plus longue du genre dans la LHJMQ cette saison - Perron a récolté 24 buts et 32 mentions d'aide, ce qui lui permet d'occuper le troisième rang du classement des marqueurs du circuit.

Malgré tous les succès qu'il connaît, pas question pour lui de prendre tout le crédit.

« Mes coéquipiers y sont pour beaucoup, a-t-il déclaré en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne. Je crois que l'équipe affiche une constance assez exceptionnelle depuis le début de l'année. On se présente à chaque soir et on joue des bons matchs. Je joue avec Jean-Christophe Beaudin depuis le début de l'année et il m'aide beaucoup. »

Le Blainvillois est encore loin du record de 61 matchs consécutifs avec au moins un point de Mario Lemieux, mais il s'approche dangereusement de la marque d'équipe de 35 établie par Mike Ribeiro en 1997.

« C'est sûr que j'y pense. À Rouyn, beaucoup de gens parlent du record de Ribeiro, a affirmé Perron. Ça me trotte derrière la tête... Mais si on gagne contre Val-d'Or et que je n'ai pas de point, je vais sortir avec un gros sourire. Le succès de l'équipe va toujours passer avant les points. »

Lorsqu'il a été nommé capitaine des Huskies (26-3-4) en début de saison, Perron s'était promis qu'il ne ferait pas que parler dans le vestiaire, qu'il passerait aussi de la parole aux actes en donnant l'exemple sur la patinoire. Ses coéquipiers semblent avoir compris le message puisqu'à la mi-saison, la formation abitibienne occupe le premier rang du classement général, huit points devant les Wildcats de Moncton.

« C'est un bon communicateur, c'est un gars qui veut faire la différence, avait déclaré l'entraîneur Gilles Bouchard au sujet de Perron, il y a quelques semaines. Il comprend son rôle. Il est arrivé ici et il voulait être capitaine des Huskies cette année. C'est à lui qu'on a donné le 'C' hors de tout doute. »

Brève déception

La seule ombre au tableau pour Perron au cours de cette exceptionnelle première moitié de saison, c'est qu'il a été ignoré par les dirigeants d'Équipe Canada junior lors des invitations au camp de sélection, au début du mois.

« J'ai été fâché pendant une vingtaine de minutes, mais pas plus que ça, a-t-il lancé. J'espérais avoir une invitation, c'est sûr que ç'aurait été une expérience particulière. C'est quelque chose que tout le monde veut vivre. J'ai trouvé ça un peu poche sur le coup, mais c'est leur décision. C'est hors de mon contrôle. »

Loin d'être rancunier, l'espoir des Sénateurs a rapidement trouvé un point positif à la déception qu'il venait de vivre.

« J'étais content de ne pas manquer trop de matchs avec les Huskies, a-t-il reconnu. Ça me permet de me concentrer sur mon équipe parce que le but ultime est de l'amener jusqu'au bout. »