NASHVILLE - Roman Josi a marqué un but, récolté deux passes en plus de cadrer six des sept tirs qu'il a tentés dans la victoire de 5-1 des Predators samedi. Il est devenu le premier défenseur depuis Ducan Keith – avec les Blackhawks, en 2010 – à amasser trois points au cours d'un match de finale de la coupe Stanley.
Parallèlement à cette performance offensive flamboyante, Josi a contribué à museler Sidney Crosby et Evgeni Malkin alors que le capitaine des Penguins et son principal allié offensif n'ont pas obtenu un seul tir au but.
Crosby a été blanchi de la sorte cinq fois – quatre ce printemps – en 145 matchs de séries disputés en carrière. Dans le cas de Malkin, il a subi cet affront huit fois en 146 parties. Mais Josi, Ryan Ellis, P.K. Subban et Mattias Ekholm et leurs coéquipiers ont réussi ce qu'aucun autre club n'avait réussi à leurs dépens : les priver tous deux d'un tir au but au cours d'un même match.
Dans le corridor adjacent au vestiaire où les vedettes des « Preds » accordaient les entrevues dimanche midi, Roman Josi est revenu sur la performance de samedi : la sienne et celle de son équipe.
Lorsque je lui ai demandé s'il préférait s'imposer offensivement comme il l'avait fait la veille avec son but et ses trois points ou plus simplement museler des joueurs aussi dominants que Sidney Crosby et Evgeni Malkin, Josi a candidement tranché : « Je préfère gagner! Et pour gagner, je suis prêt à faire tout ce qu'il est nécessaire de faire sur la patinoire », a lancé le leader de la brigade défensive des Predators.
Pour mousser leurs chances de victoires, Josi et les membres du meilleur quatuor de défenseurs de la LNH excellent offensivement. Leurs 14 buts et 50 points – Matt Irwin (deux passes) et Yannick Weber (une mention d'aide) affichent seulement trois des 50 points multipliés par la brigade défensive des Predators – en témoignent avec éloquence. En finale de l'Est contre Anaheim, les défenseurs des Preds ont été impliqués dans 12 des 19 buts marqués aux dépens des Ducks.
ContentId(3.1234317):Coupe Stanley : Roman Josi redonne vie aux Predators (LNH)
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Aussi menaçants soient-ils en attaque, ces quatre défenseurs excellent aussi en défensive. « Tout part de l'arrière. Nous aimons contribuer offensivement et nous le faisons régulièrement, mais notre premier mandat est de bien épauler Pekka (Rinne) autour de son but », a indiqué Josi qui domine les défenseurs des «Preds» avec ses six buts – un sommet cette année en séries – et 14 points. Seul Erik Karlsson des Sénateurs d'Ottawa avec ses deux buts et 18 points devance Josi sur le plan des statistiques offensives chez les défenseurs depuis le début des séries.
Derrière Josi, Ryan Ellis (cinq buts, 12 points), P.K. Subban (deux buts, 11 points) et Mattias Ekholm (un but, 10 points) contribuent largement à l'apport offensif généré par ce grand quatuor de défenseurs. Les 50 points des défenseurs des Preds les placent d'ailleurs au premier rang de la LNH en séries.
En guise de comparaison, la brigade défensive des Penguins – une brigade amputée de leur meilleur élément en Kristopher Letang – n'a offert que sept buts en 22 matchs de séries ce printemps. Un manque à gagner qui met plus de pression encore sur les Crosby, Malkin et Kessel et qui met encore plus en évidence leurs (rares) passages à vide.
« Comme n'importe quel joueur de hockey, c'est clair que j'aime marquer des buts. Mais si tu me donnes le choix entre marquer des buts ou museler des gars aussi dominants que Crosby et Malkin comme nous l'avons fait hier, je vais choisir l'exploit défensif 100 fois avant l'exploit offensif », a répondu Ryan Ellis qui a d'ailleurs réalisé un très beau repli samedi pour priver Crosby d'une poussée au filet.
Feu vert en tout temps
Bien qu'il prône une attention particulière à la défensive, l'entraîneur-chef des Predators assure que les membres de son top-4 ont le feu vert en tout temps.
« Ils ont mon entière confiance en raison de leur grand talent et de leur niveau de responsabilité. Nous voulons qu'ils se portent à l'attaque, nous voulons qu'ils génèrent de l'attaque. Nous voulons qu'ils soient le moteur de notre avantage numérique. Roman Josi est aussi bon et aussi responsable à l'attaque qu'il l'est en défensive. Il prend les bonnes décisions sur la patinoire, peu importe la facette du jeu dans laquelle il est impliqué. On parle souvent d'attaquants qui sont bons sur l'ensemble de la patinoire. Roman Josi est ce genre de joueur. Il excelle d'une ligne de but à l'autre ligne de but. Parce qu'il est aussi doué offensivement, il attire l'attention avec ses performances en attaque. Mais il est aussi bon en défensive et un match comme celui d'hier permet de le démontrer », a défilé Peter Laviolette.
Sous les feux de la rampe pour ses prouesses offensifs, P.K. Subban se distingue d'ailleurs ce printemps pour la qualité du jeu qu'il offre à titre de couvreur des meilleurs attaquants adverses.
« Quand on analyse ce que nous avons dû faire pour nous rendre en finale, il est évident que l'aspect défensif a été un facteur de premier plan. Pour atteindre la finale, nous avons dû contenir des Jonathan Toews, des Ryan Getzlaf et voilà que nous avons à relever des mandats similaires contre des gars aussi dangereux que Crosby et Malkin. Le fait d'y arriver est certainement un gage de la grande qualité du travail de gars comme P.K. et du reste de notre défensive. Mais aussi du reste de l'équipe, qui adopte et applique le système que nous mettons de l'avant et qui doit être respecté si nous voulons connaître du succès », a ajouté Peter Laviolette.
Malgré la victoire éclatante de 5-1 signée samedi, les Predators sont toujours en retard 1-2 dans la série qui se poursuivra lundi. Une série qu'ils tenteront d'égaler en dépit des absences de leur premier centre Ryan Johansen et de l'excellent Kevin Fiala qui s'est fracturé un fémur en deuxième ronde contre St.Louis.
« Nous sommes dans une situation où nous devons nager pour éviter de couler. Mais nous comptons sur un groupe confiant et si nous maintenons le niveau d'intensité déployé depuis le début de la série, nous mousserons nos chances de gagner. »
Crosby vs P.K. prise deux
La qualité du jeu défensif de P.K. Subban et de ses coéquipiers est venue à bout de la patience de Crosby, Malkin et Kessel qui se sont rendus coupables de quelques gestes témoignant une frustration évidente en fin de match samedi.
Outre les pénalités écopées par les vedettes des Penguins, P.K. Subban a assuré que Sidney Crosby l'avait invectivé en fin de rencontre, se plaignant en fait de sa mauvaise haleine.
Bien qu'il refusait de répondre aux questions associées au troisième match parce qu'il avait déjà en tête la quatrième partie, une partie qu'il a qualifiée de « plus importante de nos carrières jusqu'ici », P.K. Subban a envoyé un autre crochet au menton du capitaine des Penguins. « J'espère qu'il vous répétera mot pour mot ce qu'il m'a dit sur la patinoire », a lancé Subban avec un sourire en coin.
ContentId(3.1234399):Coupe Stanley : Sidney Crosby réagit aux propos de P.K. Subban
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Non seulement Crosby n'a pas voulu répéter les paroles que lui a mises Subban dans la bouche, mais il les a niées catégoriquement. « Je n'ai jamais dit une telle chose. Il a tout inventé. Il cherche simplement de l'attention », a indiqué le capitaine des Penguins.
Après la défaite un brin gênante de samedi et le fait qu'il n'ait pas obtenu de tir, Crosby – tout comme Malkin, Kessel et les autres vedettes des Penguins – a décidé de prendre part à l'entraînement optionnel en après-midi dimanche.
Crosby a reconnu l'excellence du travail des défenseurs des Predators. Des défenseurs qu'il a comparés aux Lidstrom, Keith, Vlasic et Burns contre qui le capitaine des Penguins s'est déjà frotté en finale de la coupe Stanley. Il a aussi insisté sur l'importance d'obtenir de meilleurs résultats dans le cadre du prochain match qui servira de tremplin vers la coupe aux Penguins en cas de victoire. Mais qui ramènera les deux clubs à la case départ en cas de victoire des Predators.
Crosby a toutefois bénéficié de l'appui de son entraîneur-chef qui a minimisé la portée du fait que son capitaine et Evgeni Malkin n'aient pas obtenu de tir lors du match de samedi. « Vous accordez beaucoup d'importance à une simple statistique. Sid et Malkin n'ont pas obtenu de tir parce qu'ils ont opté pour des passes à plusieurs reprises en zone adverse. Il faut aller au-delà les chiffres pour analyser le match », a insisté Mike Sullivan.
On veut bien : mais si Malkin et Crosby n'obtiennent aucun tir encore lundi, les chances que les Predators nivellent les chances dans la série finale, seront bien plus grandes que si Crosby et Malkin obtiennent deux ou trois tirs chacun. Surtout si ces tirs sont associés à des occasions en or de marquer.




