En ce samedi au 3e tour de Roland-Garros, Leylah Fernandez affrontait la double championne de Wimbledon Petra Kvitova, ancienne 2e mondiale qui se situe présentement au 11e rang.

 

Notre Canadienne perd son service d'entrée, mais comme toujours ne se décourage pas pour plutôt redoubler d'ardeur. Alors qu'elle recolle à 1-1, Leylah se dégage, ouvre ses ailes et présente une performance tellement électrisante pour prendre les devants 5-1 et s'offrir deux balles de manche que j'en ai des frissons. C'est vrai que Kvitova fait des fautes, mais ce que je remarque principalement, c'est l'assurance et les beaux choix de jeux offensifs de notre Canadienne. 

 

C'est certain que sur les points importants, Fernandez rate beaucoup de premiers services et qu'elle joue trop sur le coup droit de Kvitova alors que la Tchèque retrouve sa constance. Peut-être aussi qu'elle est tendue alors que le premier set est à cueillir. Normal, non? Il s'agit de son premier grand tableau à Paris! Elle n'a que 18 ans!

Encore plus remarquable, alors que je la crois complètement perdue après la perte du 1er set 7-5 et l'avance de Kvitova de 3-0 avec deux bris au 2e set. Malgré tout, cette formidable jeune dame, forte mentalement et résiliente, offre tout ce qu'elle peut offrir pour revenir dans le match. D'ailleurs, il ne lui manque pas grand-chose au 2e set alors qu'elle est à un point, à deux reprises, d'égaler à 4-4. 

 

Bon, son beau parcours s'arrête au 3e tour cette fois-ci, mais Leylah Annie Fernandez est épatante et courageuse et je suis certaine qu'elle corrigera, au fil des mois à venir, les petites lacunes qui causent sa perte aujourd'hui. Sans l'ombre d'un doute, il faut posséder, être habitée même, par une première balle au service plus fidèle que l'amour d'une mère pour son enfant! Le nombre de fois que Leylah s'expose par manque de constance dans cet aspect de la plus haute importance me tue, alors que je sais que Kvitova lui fera payer ce manque de constance dans cet aspect du jeu.  

 

Ce passage à Paris avec ce 3e tour, dans les conditions difficiles que l'on connaît, permet tout de même à Fernandez d'atteindre son meilleur classement à vie, soit la 87e place en ce jour. Je vous rappelle que la championne junior de Roland-Garros l'an passé a commencé l'année au 209e rang. C'est tout simplement grandiose de la voir s'améliorer à une vitesse accélérée.

 

Genie veut revenir à un haut niveau

 

Du côté d'Eugenie Bouchard, cette quinzaine nous permet de réaliser jusqu'à quel point son désir de revenir à un haut niveau, c'est du sérieux. Quand elle décide d'engager un préparateur physique très en demande comme Gil Reyes (l'ancien d'Andre Agassi), c'est qu'elle tient absolument à devenir ultra forte physiquement. On ne parle pas ici d'une couple de semaines à grimper les montagnes dans le Nevada comme elle l'a déjà fait dans le passé avec lui mais bien un investissement à long terme, soit pendant tout l'arrêt en raison de la COVID de mars jusqu'au mois d'août, le tout entre-percé de quelques rencontres inter-villes, juste pour ne pas oublier comment se comporter lors des tournants importants d'un match. 

 

Cela paraît tellement qu'elle est moins fragile. Ça se voit dans ses déplacements, dans sa façon de rester en équilibre en dévissant sur la balle et surtout pour rester calme et confiante tard dans un long match. L'excellente nouvelle également, c'est que Genie a aussi accès à Andre Agassi et sa femme Steffi Graf. Les deux stars l'encouragent et lui  donnent un bon coup de main pour trouver une personne ressource de qualité.

 

Lorsque Steffi était sur le circuit, sa grande copine était l'Australienne Renee Stubbs. Quand elle avait besoin de partager et vivre autre chose que l'immense pression imposée par son père, c'est Renee qui passait du temps avec elle dans les vestiaires pour la faire rire un peu et alléger l'atmosphère. Depuis plusieurs années Stubbs amène son point de vue à la télévision aux États-Unis en plus de coacher l'Australienne Samantha Stosur. Mais elle a un peu de temps à consacrer à Genie en plus de lui dénicher un coach de qualité. Un autre « mate » originaire de l'Australie pour Bouchard, Tim Blenkiron qui enseigne et gère l'académie No Quit à Las Vegas. Bouchard apprécie sûrement l'attitude super cool des gens de ce pays, elle si stressée et anxieuse pour retrouver le haut du pavé.

 

Les résultats sont probants alors que la Québécoise occupe la 330e place au mois d'août pour se rendre jusqu'à la 140e aujourd'hui. Soyons honnêtes, cela est au-delà des attentes et même absolument formidable! Le problème, et il est d'ordre majeur, c'est qu'à peu près tout est annulé d'ici la fin de l'année. Il ne reste en octobre que les tournois de Séoul et Linz en Autriche, ainsi qu'Ostrava et Limoges à replacer dans l'horaire. Encore là, Eugenie est loin au classement et espère que son agent pourra faire quelques miracles pour lui obtenir une chance de jouer en cette fin d'année 2020.

 

Peu importe, et cela est facile pour moi à dire, mais il faut continuer de pousser pour Genie et Leylah. Les défis sont grands pour nous tous.

 

Je crois que ces temps incertains nous amènent à exceller dans des conditions qui nous sortent de notre zone de confort. L'avenir, je le crois fermement, est prometteur pour Leylah et Genie. Restons optimistes, c'est de toute façon, la meilleure façon de se positionner face à l'inconnu.