SINGAPOUR - Au bout de deux saisons très compliquées, l'écurie McLaren-Honda commence à envisager une sortie de crise par le haut, et même une victoire éventuelle en 2017, avec encore un champion du monde, Fernando Alonso, et bientôt le Belge Stoffel Vandoorne.

La 182e et dernière victoire remonte déjà à la fin de la saison 2012, au Brésil. L'oeuvre de Jenson Button, 36 ans, le champion du monde 2009. Il a décidé de prendre un congé sabbatique l'an prochain, pour se ressourcer, se régénérer, après 17 saisons au plus haut niveau du sport automobile, et sera remplacé par le réserviste Vandoorne, 24 ans.

« Je suis excité comme un gamin, je vais pouvoir faire plein de choses que je n'avais plus le temps de faire », répète Button depuis l'annonce surprise de ce congé sabbatique, le samedi soir à Monza, début septembre, alors que certains le voyaient déjà dans une Williams en 2017, dans l'écurie de ses débuts en F1, histoire de boucler la boucle.

Epuisé, laminé par deux saisons au purgatoire de la F1, Button va rester un ambassadeur de luxe de l'écurie de Ron Dennis, créée en 1966 par le regretté Bruce McLaren. Il va faire plus de triathlon, sa grande passion hors-F1, et pourrait même goûter au pilotage d'une Super GT, au Japon, ou d'une voiture de rallycross, sur des circuits mi-asphalte mi-terre.

Pendant ce temps, Alonso tentera de réussir l'un des derniers défis de sa longue carrière: faire gagner une McLaren-Honda pour la première fois depuis la fin du 20e siècle et les triomphes à répétition d'un tandem de légende, Alain Prost et Ayrton Senna.

Victoire en 2017?

« La première victoire de ce projet sera vraiment quelque chose d'énorme pour nous tous », a dit Alonso jeudi, en prélude à ce GP de Singapour qui pourrait marquer une étape dans la renaissance de McLaren-Honda.

« Je ne sais pas si j'aurai cette chance ou si ce sera Stoffel. Quand elle arrivera, tous ceux qui sont impliqués depuis le premier jour pourront se sentir très fiers. »

L'orgueil d'Alonso est mis à rude épreuve depuis le début de l'an dernier: "Nous étions à 10 secondes (des meilleurs) l'hiver dernier, puis à 5.8 secondes en Australie lors du premier GP (de 2015)", a rappelé le fier Espagnol. Il a ensuite omis de rappeler le classement de McLaren fin 2015: 9e et avant-dernier du championnat constructeurs, devant la modeste Marussia.

La traversée du désert, pour Alonso, est un peu moins longue que celle de McLaren. Il avait encore gagné deux fois en 2013 (Chine, Espagne), lors de son avant-dernière saison chez Ferrari. Depuis, plus rien, ou pas grand chose, jusqu'à cette saison 2016 où les McLaren se rapprochent inexorablement du Top 10.

« Pour faire de cette victoire une réalité, nous devons travailler très dur pendant les prochains mois, et même accélérer le processus, car en F1 personne ne peut attendre éternellement. Les choses peuvent changer rapidement, de nouvelles règles arrivent l'an prochain. En F1, il n'est pas possible de se relaxer », a ajouté le double champion du monde.

Le but de McLaren est de revenir sur les talons des trois "top teams", Mercedes, Ferrari et Red Bull, à condition de dépasser Williams et Force India.

« Nous allons encore beaucoup nous améliorer l'an prochain, car nous avons moins de problèmes de fiabilité cette saison, ce qui nous permet d'engranger des tonnes d'informations très utiles pour l'avenir », ajoute Alonso, devenu chez Ferrari et McLaren un ambassadeur parfait pour la pensée positive et la Méthode Coué.

Dernier facteur qui pourrait jouer en faveur des hommes de Woking: les nouvelles règles aérodynamiques, autour de pneus plus larges de 25%, pourraient bien surprendre quelques ingénieurs trop audacieux, ou pas assez: "Il y a une vraie question autour de l'interprétation des nouvelles règles. C'est une bonne opportunité de rattraper les autres", espère Alonso.

Au classement provisoire du championnat 2016, McLaren pointe au 6e rang, juste devant Toro Rosso, la filiale de Red Bull. Grâce à une jolie 5e place d'Alonso à Monaco, sur un circuit en ville. Comme celui de Singapour...