Pionnières

  • EP 01Mission impossible: Montréal 76
  • EP 02Régis le seul et unique
  • EP 03Gaétan Boucher, humble héros
  • EP 04Lindros revisité
  • EP 05Bernard Trottier, parrain d'athlètes
  • EP 06Chicane de famille : Vendredi saint
  • EP 07Dans les souliers de Mario Tremblay
  • EP 08Jean-Yves Thériault, l'homme de glace
  • EP 09L'aventure du Manic
  • EP 10Rock: l'histoire de Tim Raines
  • EP 11Le Ice Bowl de 1977
  • EP 12Journeyman: boxeur de sous-carte
  • EP 13Le phénomène des statistiques avancées
  • EP 14Pat Burns: l'homme derrière le coach
  • EP 15Pionnières

Le lundi 30 avril, à 21 h, RDS INFO présente le documentaire « Pionnières », un nouvel épisode de la série 25 ANS D’ÉMOTIONS. L'émission sera présentée en rediffusion à RDS le mardi 1er mai à 20 h 30.

Les 25 ans de RDS, célébrés en 2014, se poursuivent à travers la série de documentaires « 25 ans d’émotions ». Au fil des années, on a touché des sujets tous aussi différents qu’intéressants. Avec un point commun toujours, l’émotion. Pour Hélène Pelletier, Chantal Machabée et moi, cette émotion sera au paroxysme ce soir, alors que nous regarderons le documentaire qui nous a été consacré, intitulé « Pionnières ». J’ai volontairement décidé de ne pas le visionner avant, ni même pour vous en parler, d’une part pour garder la surprise intacte, d’autre part pour vivre cette émotion avec les miens.

Mais je peux vous parler de mes collègues, Chantal et Hélène, que je côtoie depuis si longtemps déjà. J’ai une grande admiration pour elles deux. Chantal, que je découvre encore plus au fil de sa biographie que je suis en train de lire, est une femme passionnée qui a suivi son instinct, celui qui la guidait vers une carrière de journalisme en sport alors que les modèles chez les femmes étaient inexistants ou presque. Elle et moi avions, et avons toujours, cette passion en commun. Si Guy Lafleur a été sa bougie d’allumage, pour moi ce fut Bobby Orr, toujours le meilleur d’entre tous dans mon cœur. Chantal compilait les statistiques pour les Patriotes de St-Laurent au collégial AAA – où nous nous sommes d’ailleurs croisées alors que je couvrais l’équipe pour TVSQ, sans savoir que nous ferions un jour carrière dans la même « boîte » – et pour les Voisins de Laval de la LHJMQ, tandis que moi, en plein cœur de mon adolescence, je noircissais des dizaines de cahiers de sommaires de matchs que je transcrivais le matin en écoutant la radio! Nous sommes allées un peu à contre-courant, fendant la vague pour atteindre un idéal que nous nous étions donné : faire carrière en déclinant le sport sous tous ses angles. De quoi inquiéter un peu nos parents respectifs!

Pour Hélène Pelletier, la passion s’est d’abord exprimée sur les courts de tennis où elle a fait carrière dans les années 1980. Sa victoire en double avec Jill Hetherington contre Martina Navratilova et Gigi Fernandez lui avait valu la reconnaissance de l’époque et c’est avec une auréole de gagnante qu’elle est arrivée à RDS. Elle y a fait quelques pas en tant que lectrice de nouvelles, mais est rapidement devenue l’analyste de tennis chevronnée que l’on connaît aujourd’hui. Son expertise est souvent sollicitée dans d’autres médias, une reconnaissance bien méritée acquise à force de travail et d’efforts. Son père le lui disait : « Si tu travailles pendant que les autres s’amusent, tu arriveras plus vite au but. »

Chantal a su s’imposer elle aussi par la rigueur de son travail. Être une femme dans un milieu aussi masculin impose toute une série de règles non écrites dont la première est « pas droit à l’erreur! ». Aujourd’hui elle a fait sa place dans le monde sélect du hockey professionnel. Elle a écouté son cœur en choisissant la passion plutôt que la sécurité d’un métier conventionnel, et ce choix l’a bien servie. J’ai fait un peu le même en décidant de me lancer sans filet dans une carrière aux contours incertains. Et aujourd’hui, moi aussi je peux me réjouir d’avoir suivi la piste que je flairais, oubliant les écueils que j’allais immanquablement rencontrer en cours de route.

Nous sommes trois femmes aux profils bien différents et qui exercent aussi leur métier de façon différente. Hélène analyse les performances des joueurs de tennis, Chantal couvre l’actualité du Canadien, le suit sur la route, reçoit des analystes à l’Antichambre, et moi je fais de la description, du « play-by-play » comme on dit dans le jargon du métier. Trois angles d’attaque distincts, trois façons d’aborder le sport qui nous comblent, chacune d’entre nous.

Pour la réalisation de ce documentaire, nous avons été interviewées avec attention, curiosité et délicatesse par Alexandre Patterson. De longues entrevues de plus de deux heures où nous avons parlé de nos débuts, de notre parcours, de nos familles, de notre vie, de nos passions, de nos réussites, de nos difficultés, de nos espoirs, de nos déceptions, de nos folies et de notre amour du sport. Il y a eu d’autres tournages aussi, dans les milieux de vie de chacune d’entre nous, avec des gens qui nous sont chers. Nous levons un peu le voile sur des pans plus intimes de notre vie. Avec tout ce matériel recueilli, il fallait, au moment du montage, faire des choix. Après tout, c’est un documentaire, pas une minisérie! Cette tâche complexe a été confiée au réalisateur Sylvain Rancourt, assisté de sa complice Kim Verrier, qui devait faire de toutes ces tranches de vie, une courtepointe au dessin cohérent. Il s’y est attaqué avec toute la sensibilité et le brio qu’on lui connaît. Une partie du courriel qu’il nous a envoyé à toutes les trois, pour expliquer sa démarche, en témoigne bien.

« La voie empruntée est plutôt celle de votre vie de journaliste sportive dans le giron de RDS. À travers vos expériences professionnelles et personnelles, on découvre qui vous êtes et on apprend pourquoi vous avez gagné votre place dans le monde du journalisme sportif. Le ton n’est pas revendicateur.  Il n’y a pas de règlement de compte.  Pas de victimisation.  Pas d’apitoiement sur votre sort. Simplement des témoignages vrais et poignants qui illustrent bien les femmes lucides, brillantes et passionnées que vous êtes. »

Lundi soir, Chantal, Hélène et moi regarderons la télé, pas pour y commenter une performance, pas pour y décrire une action, pas pour en rapporter les faits. Nous qui sommes toujours derrière les athlètes, serons en avant-plan cette fois. Un rôle où personnellement je me sens moins à l’aise, probablement que Chantal et Hélène non plus, mais nous verrons certainement avec émotion ce regard extérieur sur nos carrières et nos vies. Marilou St-Pierre, doctorante en communication, apporte aussi son éclairage sur nos carrières et sur la place de la femme dans le monde sportif.

Nous ne savions pas où nos pas allaient nous mener. Nous avons vu un sentier qui nous plaisait, soupçonnant que derrière les branches il y avait un univers passionnant. Nous l’avons emprunté et sommes parties à la découverte.

Pionnières...