RDS et RDS Direct présenteront le match Saints-Buccaneers dimanche soir à 20 h.

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Alors que la mi-saison se pointe le bout du nez dans la NFL, on aura droit dimanche soir au deuxième duel du calendrier régulier entre les Saints de La Nouvelle-Orléans et les Buccaneers de Tampa Bay.

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la victoire de 34-23 des Saints au Superdome lors de la première semaines d'activités, en septembre. C'est pourquoi je m'attends à une confrontation bien différente de celle à laquelle on avait assisté il y a deux mois. Sans trop entrer dans le détail, on se rappellera qu'on avait là un match entre une équipe misant sur la continuité et de stabilité au point de vue du personnel et du système, contre un rival qui tentait de trouver une chimie avec un nouveau quart n'ayant pas eu la chance de s'exercer avec ses nouveaux coéquipiers en raison de l'absence de matchs préparatoires.

Tout cela pour dire que ça avait été une partie plutôt éprouvante pour les Bucs, particulièrement en attaque et sur les unités spéciales. La défense n'avait pas grand-chose à se reprocher, comme ç'a été le cas pratiquement chaque rencontre cette saison. Force est d'admettre toutefois que du point de vue offensif, les Bucs ont effectué de beaux progrès depuis ce premier match de 2020. Ne serait-ce que pour cette raison, je crois que les données du premier duel peuvent être rangées de côté.

Tom Brady avait été victime de deux interceptions dans cette contre-performance pour ses débuts à Tampa. Non seulement c'est son seul match de deux interceptions cette année, mais à ses quatre derniers départs, son ratio touché/interception est 9/0. On sent que le synchronisme s'est installé avec son groupe de receveurs et les membres de son champ-arrière. C'est une unité qui est sur son erre d'aller, donc la confrontation ne sera pas la même.

Dans la premier choc Saints-Bucs, ce sont les revirements et l'indiscipline qui avaient été les principales raisons de la mauvaise prestation des visiteurs. On se souvient que Brady avait été victime d'une interception ramenée pour un touché par Janoris Jenkins. Sur l'autre interception, les Saints avaient pris possession du ballon à la ligne de 35 des Bucs avant d'inscrire un autre majeur sur cette séquence. Tampa s'était aussi fait bloquer un botté de précision. Ils ont aussi remis le ballon aux Saints sur un échappé après un botté de dégagement et les Saints en avaient profité pour ajouter. Bref, lorsqu'on met tout cela ensemble, on s'aperçoit que les Bucs avaient alloué 34 points cet après-midi en se tirant dans le pied à de multiples reprises. 

Malgré tout, la défense des Bucs avait limité Drew Brees à 160 verges de gains aériens, Michael Thomas à trois attrapés pour 17 verges, et Alvin Kamara - qui est sensationnel cette année - à 16 verges sur 12 courses, et 51 verges sur cinq réceptions.

J'ai hâte de voir si c'est le même traitement qui leur sera réservé, puisqu'on s'attend à ce que le trio de gros canons offensifs des Saints soit réuni dimanche avec le retour anticipé de Thomas dans la formation.

Chapeau aux Saints

Plus je vois les Saints aller cette saison, plus je me dois de lever mon chapeau pour leur résilience, eux qui remportent match serré après match serré depuis environ un mois. Ils trouvent continuellement des façons de gagner en revenant de l'arrière malgré l'absence de joueurs offensifs importants. Dans ces quatre derniers matchs, il y a eu des remontées au quatrième quart, et deux gains en prolongation, face aux Chargers de Los Angeles puis plus récemment face aux Bears de Chicago.

ContentId(3.1376675):NFL : Drew Brees contre Tom Brady, prise 2
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On a trouvé des façons de faire avancer les chaînes en incorporant plus de Jared Cook dans la recette, et plus de Taysom Hill également. Ça n'a pas été toujours facile, mais on voit bien qu'ils sont coriaces, ces Saints.

Une des facettes de cette confrontation que j'ai hâte de voir, c'est la lutte qui opposera le dangereux Kamara au redoutable duo de secondeurs des Bucs composé de Lavonte David et Devin White. Avec de telles qualités athlétiques et de rapidité entre ces deux-là, on est équipés pour courir avec le no 41 des Saints sans trop de problème. Tampa a bâti sa défense autour de joueurs rapides, et ce n'est pas bête du tout comme stratégie, étant donné que dans cette division, il faut tenter de ralentir comme on le peut Kamara et Christian McCaffrey, des Panthers de la Caroline.

Mis ensemble, David et White totalisent pas moins de 128 plaqués, 6,5 sacs du quart, une interception, six passes rabattues et 16 plaqués pour des pertes de terrain jusqu'à présent en 2020. Ils ont alloué des attrapés, mais ils sont extrêmement solides sur les plaqués pour limiter les gains après la réception, ce dont Kamara se nourrit.

Le demi offensif vedette excelle après sept matchs comme je l'ai mentionné. Kamara récolte en moyenne 141 verges par match. Son plus petit total de verges, il l'a obtenu face à ces mêmes Bucs, et c'était 67 verges. Évidemment, lorsque tu affrontes les Saints, tu dois aussi déranger Brees dans la pochette, lui qui dégaine rapidement, en bon vétéran. 

Le duel de dimanche marquera les débuts dans l'uniforme des Bucs d'Antonio Brown. On aura l'occasion d'entrer dans le vif du sujet un peu plus tard, mais mentionnons pour commencer que la profondeur est de plus en plus intéressante dans le groupe de receveurs de Tampa.

Donnons la chance au coureur en retirant la première semaine de Brady dans son tout nouvel environnement sans le moindre match présaison. Depuis ce match, les Bucs ont disputé trois matchs dans lesquels ils pouvaient miser sur leur groupe de receveurs au complet. Dans ces rencontres, ils ont inscrit en moyenne 37 points! Dans les autres matchs, c'était en moyenne 28 points. C'est une différence notable.

Chris Godwin a été blessé, Mike Evans a lui aussi été hypothéqué physiquement, et on ne sait d'ailleurs toujours pas s'il est réellement remis. Avec Brown, non seulement on pallie aux blessures, mais on permet à l'attaque aérienne de rester hyper dynamique. Imaginez maintenant si tout ce beau monde est en santé... Disons que la perspective d'une formation 0-1 (aucun porteur, un ailie rapproché) à quatres receveurs incluant Godwin, Evans, Brown, Scotty Miller et Rob Gronkowski est assez épeurante. Tu ne peux pas doubler tout le monde, donc c'est sûr que quelqu'un parmi ces cinq-là se retrouverait en situation un contre un.

Et si on décide d'avoir six demis défensifs pour contrer la menace du jeu aérien, soudainement c'est pour Ronald Jones et Leonard Fournette qui ont le feu vert pour amasser des grosses portions de terrain en affrontant des boîtes défensives moins imposantes. Il sera intéressant de voir si Bruce Arians, qui n'a pas peur d'être agressif dans ses appels, optera pour ce genre de formation offensive.

Je sais qu'Antonio Brown n'a qu'une seule semaine de pratique à son actif. L'an dernier, en début de saison avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, il n'avait pas une très longue préparation non plus. Ça ne l'avait pas empêché d'être sur le terrain pour 24 jeux, d'être visé huit fois et de capter quatre ballons pour 56 verges et un touché. Ça dépend toujours de l'allure du match, mais quand j'entends Arians nous dire que Brown va jouer entre 10 et 30 essais, j'ai tendance à croire que ce sera plus près de 30.

Brown est polyvalent étant donné qu'il peut aussi bien dominer comme ailier espacé que comme demi inséré. Brady, bien sûr, a toujours adoré s'appuyer sur ses demis insérés avec les Troy Brown, Wes Welker, Danny Amendola et Julian Edelman. La mode dans la NFL veut aussi qu'on offre des opportunités aux receveurs d'obtenir des portées derrière la ligne de mêlée. Avec ses feintes et ses accélérations, Brown peut très bien se voir confier ce genre de mandat.

Il peut aussi agir comme retourneur ici et là au besoin, comme il l'a fait si longtemps avec les Steelers de Pittsburgh. Brown peut amener l'attaque des Bucs à un autre niveau alors qu'elle était déjà en train de prendre son envol.

Du côté des Saints, l'unité défensive d'accorder de gros jeux aux attaques adverses. À ses cinq dernières sorties, elle a concédé sept passes de plus de 48 verges. Ce n'est jamais une bonne nouvelle. Globalement, la défense est au 23e rang pour le nombre de points permis aux équipes adverses. Cette unité totalise six revirements... dont trois obtenus dans la semaine no 1 face aux Bucs. C'est donc une maigre récolte de trois revirements en six matchs depuis, un nombre qui est nettement insuffisant.

On demeure capable de mettre de la pression sur le quart avec un bon front défensif. Ça sera intéressant de voir s'ils trouveront un moyen d'embêter Brady, qui se départit du ballon en deux temps trois mouvements.

Des conditions gagnantes pour Brown?

Pour revenir au dossier Brown, entendons-nous sur une chose : il faut être immensément talentueux pour obtenir chance après chance dans la NFL malgré ses frasques hors terrain. Il est un talent indéniable capable d'être un des meilleurs de sa profession lorsque la tête est à la bonne place. Ses années avec les Steelers où il était top-5 dans à peu près toutes les catégories de receveurs en témoignent.

ContentId(3.1376615):Saints-Buccaneers 2 : les débuts d'Antonio Brown (NFL)
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On sait que c'est un athlète qui travaille fort et qui se garde dans une forme exemplaire. Historiquement, ç'a toujours été le cas. En taut que choix de 6e ronde (tout comme Brady d'ailleurs), il a toujours mis les bouchées doubles, comme s'il n'avait jamais vraiment rejeté son statut de négligé voulant faire mordre la poussières à ceux qui ont douté de lui. Il n'y a pas beaucoup de receveurs qui ont son ardeur au travail. Donc je n'ai pas de difficulté à croire Arians lorsqu'il vante le condition physique dans laquelle est arrivé Brown.

Lorsque je regardais son premier point de presse mercredi, j'avais l'impression de revoir ses premiers commentaires lorsqu'il s'est joint aux Raiders d'Oakland, puis aux Patriots par la suite. Il ressort la cassette; il est content d'avoir une chance, de se joindre à un bon club et un bon groupe d'entraîneurs. Ça avait l'air sincère. Mais les paroles, c'est une chose, mais il sera intéressant de voir si les bottines suivront les banines et s'il réussira à être un bon coéquipier. S'il pète encore sa coche et fait sa diva, ce sera un retour à la case départ pour lui.

Le plus gros test pour moi sera sa réaction lorsque pendant une semaine ou deux, il sera moins utilisé car les Bucs ont plusieurs éléments offensifs à intégrer au plan de match. Va-t-il déplorer son manque d'implication ou va-t-il se réjouir pour ses coéquipiers? C'est là qu'on distingue les bons joueurs d'équipe des moins bons.

Il a intérêt à garder la bonne attitude, car c'est possiblement la dernière chance qu'on lui accordera dans la NFL. Il reste les Seahawks de Seattle de Russell Wilson et Pete Carroll, mais disons qu'il a épuisé plusieurs de ses vies lors des deux dernières années.

Clairement, Brady l'a pris sous son aile. Il n'est pas fou; il sait que dans le meilleur des scénarios, Brown peut aider les Bucs à se rendre loin et à gagner un Super Bowl. Le vétéran quart s'investit personnellement pour que Brown s'intègre au groupe de receveurs. On raconte qu'il a même mis en contact son nouveau receveur avec le célèbre motivateur et conférencier Tony Robbins, un ami personnel de Brady. Il va aussi aller vivre chez Brady pour commencer son séjour à Tampa, comme il n'avait fait en Nouvelle-Angleterre.

Au moins, on peut dire que Brown semble prêt à travailler sur lui-même et à faire un travail d'introspection. Parce que c'est entre les deux oreilles qu'il y avait du travail à faire.

Pour le reste, le système de support fourni à Brown semble excellent. Il a Brady qui lui a donné un vote de confiance, Arians qui était le coordonnateur offensif des Steelers à ses débuts dans la ligue, et Byon Leftwich, un des amis d'enfance de Brown, comme coordonnateur à l'attaque des Bucs. Il y a aussi son ancien coéquipier Antwaan Randle El qui travaille avec les receveurs de l'équipe, et Larry Foote, un ancien secondeur des Steelers, qui travaille avec la défense. Bref, si ça ne marche pas avec les Bucs, je ne vois pas où ça pourrait marcher!

Voyons maintenant s'il peut se faire des amis chez les Bucs jusqu'en décembre, alors qu'aura lieu son procès. On peut s'imaginer que s'il est reconnu coupable de gestes condamnables le mois prochain, son séjour en Floride sera de courte durée.

Mais pour l'instant, Brown a quelques semaines de football devant lui pour prouver qu'il a encore sa place dans le football professionnel, tant comme joueur que comme individu.

* propos recueillis par Maxime Desroches