BROSSARD, Qc - La filière finlandaise chez le Canadien de Montréal a gagné un joueur, celle du Québec en compte un de moins. Elle a perdu un jeune défenseur gaucher qui, en plus, avait le logo du CH en haute estime depuis un tout jeune âge.

Dans une transaction annoncée samedi matin, la direction du Tricolore a cédé le Longueillois Simon Bourque aux Jets de Winnipeg en retour de l'attaquant finlandais Joel Armia, du vétéran gardien de but Steve Mason et de deux choix au repêchage.

« Je faisais mon échauffement avec les autres joueurs sur le terrain synthétique et je me suis fait sortir du groupe parce que Marc (Bergevin) voulait me rencontrer. Je suis allé rencontrer Marc, il m'a annoncé la nouvelle, il m'a souhaité bonne chance et ç'a été ça », a résumé Bourque lors d'une conversation téléphonique avec La Presse canadienne samedi midi.

Choix de sixième tour du Canadien en 2015 et muni d'un contrat de trois ans signé en mars 2017, Bourque n'a pas semblé voir venir la nouvelle. Malheureux de quitter une organisation avec laquelle il avait toujours rêvé d'être associé, il réalise quand même qu'une nouvelle chance s'offre à lui.

« Je veux être un joueur de hockey et je pense que les Jets de Winnipeg vont me donner cette chance de faire mes preuves. Mais c'est sûr que c'est un choc pour moi en tant que Québécois, Montréalais. J'aurais aimé ça faire partie du Canadien, c'est clair. »

Bourque n'aura finalement passé qu'une seule saison dans l'organisation du Canadien. Une saison qui, de son propre aveu, l'a déçu.

Avec le Rocket de Laval, une formation qui a connu toutes sortes d'ennuis, Bourque n'a participé qu'à 46 matchs et a été limité à trois mentions d'aide.

« Ç'a été une saison très difficile pour moi, mais comme je l'ai mentionné, un joueur de hockey attend seulement une opportunité. Et l'année passée, de voir que je n'ai pas nécessairement eu cette chance de montrer à toute la direction que j'étais capable de faire le job, de vraiment m'imposer, j'ai été extrêmement déçu, c'est évident. »

Malgré cette déception, Bourque s'est présenté au camp de perfectionnement rempli de bonnes intentions.

« J'avais faim. J'étais vraiment prêt à faire un pas en avant en tant que joueur de hockey. C'était ça, mon objectif. J'étais arrivé en grande forme, prêt mentalement à montrer ce que je suis capable de faire. »

Retrouvailles

À défaut de pouvoir porter l'uniforme de l'équipe qu'il est allé encourager maintes fois avec son père, Bourque semble destiné à renouer avec Éric Dubois, qui oeuvre à titre d'adjoint à Pascal Vincent derrière le banc du Moose du Manitoba dans la Ligue américaine. À moins, bien sûr, que Bourque ne brouille les cartes à un point tel que les Jets lui ouvrent leur porte.

Mais si ce scénario ne se réalise pas immédiatement, Bourque pourra de nouveau profiter des conseils d'un instructeur qu'il a en haute estime et qu'il a bien connu avec l'Océanic de Rimouski pendant trois saisons, entre 2013 et 2016.

« C'est un lien qui est assez fort. Quand tu as 16 ans et que tu arrives dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, d'avoir un gars comme Éric qui m'a accueilli et qui m'a enseigné beaucoup de choses, ç'a été formidable », a déclaré le défenseur de six pieds un pouce et 195 livres.

« Il a apporté beaucoup de maturité à mon jeu et en tant que personne. Il a pris le temps de me connaître et à partir de là, il a vraiment su m'aider dans tous les aspects, comme le contrôle de mes émotions, mon jeu sur la glace, comment gérer un match et le temps qu'il reste au cadran. Il m'a appris beaucoup de choses. »