C’était en 2005, Maxime Lamarche venait tout juste d’accrocher ses crampons après une saison à titre de joueur chez les Capitales de Québec. Des vieux genoux de receveur malgré le début de la vingtaine l’ont forcé à remiser son gant de balle. Il était loin de se douter que 8 ans plus tard, il allait devenir directeur général de Baseball Québec. Un poste qu’il occupe toujours, en 2019.

 

Retournons en 2005, où Lamarche tourne en rond dans son appartement et se demande comment il va gagner sa vie. Il avait entrepris des études en Floride et en Iowa pour évoluer au baseball collégial par le fait même. Il n’a pas terminé ses études.

 

« Mon objectif était de jouer dans les majeures, c’est tout. Je n’avais pas d’autre objectif. Lorsqu’on évoluait dans les collèges américains, on visait le baseball professionnel. Après avoir passé une saison chez les Capitales, je réalisais que le rêve était devenu hors de portée. Je me suis vraiment demandé ce que j’allais faire. » En fait, plus tôt dans sa vie, Maxime se croyait destiné à travailler à la shop.

 

Le directeur général de Baseball Québec s’est donc trouvé un emploi chez l’entreprise de fabrication de bâton de baseball, B45 et chez les Capitales, dans le domaine de la vente. Un certain Michel Laplante, grand manitou des Capitales de Québec, a épaulé Lamarche à son arrivée dans les bureaux du Stade Municipal, maintenant devenu Stade Canac.

 

« J’avais des qualités de leadership que je ne savais même pas que j’avais. C’est un peu Michel qui m’a aidé à découvrir ses qualités. Plus tard, j’ai fait le parallèle entre ses qualités et le travail de receveur sur un terrain. J’ai tout appris sur le tas. J’ai rempli un mandat et un autre mandat est arrivé », raconte Lamarche, au restaurant Les Affamés, son coup de coeur près du Stade olympique.

 

Michel Laplante avait vu ces qualités chez Lamarche durant son stage d’une saison comme receveur chez les Capitales.

 

« Il y avait des joueurs qui sortaient du junior élite qui avaient de meilleures statistiques offensives que Max, mais il était un excellent receveur défensif. Et surtout, il voulait apprendre. Il voulait déménager à Québec et vivre avec un petit salaire pour continuer à jouer au baseball. Il aurait été prêt à dormir dans sa voiture », image le président des Capitales.

 

Celui-ci n’a donc pas hésité à amener Lamarche dans les bureaux, une fois sa carrière de joueur terminée.

 

« C’est un gars d’idées. Il essaie des choses. Souvent, on recherche un filet de sécurité avant de se lancer dans un projet. On veut y arriver, sans trop prendre le risque que ça ne fonctionne pas. Max, c’est tout le contraire. »

 

Un gars de balle à la tête de Baseball Québec

 

Par la force des choses, l’homme de 36 ans est gestionnaire. Mais lorsqu’on l’entend parler de baseball, on sent d’abord que c’est lorsqu’il est entre les lignes blanches d’un terrain qu’il tripe vraiment.

 

« Quand je suis au téléphone au bureau, j’ai souvent un bâton de baseball dans les mains et je fais des élans dans le vide », dit-il. On voit le genre.

 

Il y a quelques semaines, lors du repêchage amateur du baseball majeur, Lamarche a passé la journée en compagnie d’Antoine Jean et Raphaël Pelletier. Le directeur général était en compagnie de deux des plus beaux espoirs québécois pour vivre ce moment avec eux. Lorsqu’un Québécois signe un contrat dans un collège américain, il y a des fortes chances que le directeur général l’ait vu jouer, qu’il sache à quelle position il évolue et même de quel côté il frappe.

 

Trop passionné pour être gestionnaire?

 

« J’ai presque le goût de dire que oui. Je n’ai pas tous les moyens financiers et tout le temps voulu pour accomplir ce que j’ai en tête pour le baseball au Québec. Nous avons beaucoup défi. Notamment celui de continuer à attirer les jeunes à jouer au baseball et poursuivre le baseball chez les filles », mentionne-t-il.

 

Laplante siège sur le conseil d’administration de Baseball Québec et il a participé à la nomination de Lamarche au poste de directeur général. Il n’avait aucune crainte, sauf une.

 

« C’est une plus grosse machine, Baseball Québec, et ça peut être plus long avant de voir les choses changer ou constater un impact sur les décisions qu’on prend. J’avais peur que Max n’ait pas la patience pour gérer un tel organisme. Une fois de plus, il a su s’adapter et trouver un moyen de faire avancer les choses à sa manière, avec son équipe. »

 

Après un creux de vague historique à la suite du départ des Expos, la popularité du baseball au Québec est réapparue au début des années 2010. L’engouement dû au retour des Expos et la venue annuelle des Blue Jays lors de deux matchs préparatoires au Stade olympique y est pour quelque chose, c’est indéniable.

 

« C’est certain que ça a aidé, mais ce n’est pas tout. Les matchs des dernières années ont été disputés en début de semaine, face à des équipes moins populaires que les Yankees et les Red Sox et l’engouement y est toujours. Il y a plusieurs jeunes parents qui ont joué au baseball et qui ont connu les Expos qui inscrivent leurs enfants au baseball », conclut Lamarche.