Les Alouettes de Montréal ont réussi leur ouverture locale au Stade Percival-Molson avec brio grâce à une victoire de 24-9 face aux Lions de la Colombie-Britannique, vendredi dernier.

L’avantage du terrain est indéniable au football. Depuis le début de la saison dans la LCF, les équipes locales montrent une fiche de 7-1 après les deux premières semaines du calendrier régulier. Ce n’est pas rien!

Cette victoire était importante dans le contexte actuel des Alouettes. C’est une saison où il y a eu beaucoup de changements et l’incertitude régnait. L’équipe avait connu un match difficile lors de la première rencontre de la campagne. Il y avait beaucoup de points d’interrogation, non seulement chez les partisans et les analystes, mais aussi au sein même de l’équipe.

Bref, de remporter le premier match à domicile - un endroit où l’équipe est censée être confortable - de façon convaincante a été un gros soulagement pour toute l’organisation.

Lorsque tu es à domicile, tu veux bien jouer pour plusieurs raisons. Premièrement, tu veux protéger ta maison. Tu veux t’assurer que les équipes sachent qu’ils auront un match difficile quand elles viennent te visiter.

Deuxièmement, tu veux te donner une fiche acceptable à domicile pour te donner une marge de manœuvre par la suite avec les rencontres sur la route. Si une formation remporte six ou sept de ses neuf matchs à la maison, après elle n’a pas à en gagner la majorité sur la route pour accéder aux éliminatoires.

Troisièmement, tu veux l’emporter à domicile pour tes partisans. Tu veux vendre des billets. Tu veux leur offrir un bon spectacle et tu veux que les gens apprécient leur soirée lorsqu’ils se présentent au stade.

Un effort d’équipe en défense

Certains joueurs comme John Bowman et Scott Paxson se sont mis en évidence dans cette excellente performance de l’unité défensive. Mais la réalité, c’est que c'est la sélection de jeu hors pair du coordonnateur défensif Noel Thorpe qui a fait la différence.

Il y avait des faiblesses du côté de la ligne à l’attaque des Lions. Le quart-arrière Kevin Glenn n’était pas à l’aise après avoir été victime de quatre sacs du quart lors de son premier match avec la Colombie-Britannique.

Scott Paxson, Kyries Hebert, Chip Cox et John BowmanLes Alouettes ont sauté sur les visiteurs comme un lion enragé saute sur une proie blessée. Quand on a un adversaire dans les câbles dans le sport professionnel, il est important d’être en mesure de le finir.

C’était quelque chose qu’on n’avait pas vu les Alouettes faire l’année dernière. On avait laissé filer des avances. Les Alouettes n’étaient pas capables de passer le K.-O. à leur adversaire.

Dès le début du match, les Lions étaient faibles et les Alouettes ont rapidement passé le K.-O. à leur adversaire. Les Lions n’ont pas obtenu de premier jeu lors du premier quart. Il y avait de la pression constante tout au long du match et de toutes sortes de façon. Lorsqu’un blitz fonctionnait, on l’utilisait à profusion. Les Lions ne trouvaient jamais de solution.

C’était vraiment un travail d’équipe parce que pratiquement tout le monde en défense a un plaqué défensif. Tout le monde a contribué.

Alors je dis chapeau à Noel Thorpe pour son plan de match!

Des Bombers métamorphosés

Les Blue Bombers de Winnipeg seront les prochains adversaires des Alouettes alors qu’ils seront en visite à Montréal vendredi.

L’an dernier, les Bombers ont obtenu trois victoires seulement, mais deux d’entre elles ont été obtenues aux dépens des Alouettes, dont une dans la métropole.

C’est une nouvelle saison et Winnipeg s’est nettement amélioré. Les Alouettes ne doivent pas prendre les Bombers à la légère, car même la saison dernière il avait réussi à gagner à Montréal en connaissant une saison de misère.

À quoi s’attendre des Bombers? À un adversaire transformé. Quand on regarde Winnipeg cette année, c’est une équipe qui n’est plus du tout la même. Lorsqu’on observe chacune des catégories statistiques, tant en attaque qu’en défense, ils se sont améliorés.

Certaines catégories sont, pour moi, extrêmement importantes. Les Bombers commettent beaucoup moins de revirements que l’année dernière. Les quarts-arrières font beaucoup moins d’interception et les porteurs et les receveurs protègent le ballon. Winnipeg attaque les quarts adverses avec beaucoup de succès.

Au-delà des statistiques, je crois que la plus grande transformation de cette équipe est du côté de l’attitude.

Mike O’Shea, qui est le nouvel entraîneur-chef, a apporté une attitude de gagnant. L’an dernier, si cette équipe tirait de l’arrière, il n’y avait aucune chance qu’elle puisse revenir. Elle n’avait pas confiance en elle.

Mais ce n’est pas du tout le cas cette saison. Face à Ottawa, les Bombers tiraient de l’arrière 21-7 et ils n’ont jamais paniqué. Ils n’ont pas changé leur plan de match. Ils ont continué à courir avec le ballon. Finalement, ils l’ont emporté 36-28.

C’est une équipe qui a une différente mentalité et une différente aura autour d’elle. Ils ont changé toute la structure de l’organisation, du président à l’entraîneur-chef. C’est du sang neuf au sein de cette organisation. Il y a également un nouveau stade, un nouveau quart et un nouveau porteur.

Et finalement, on se rend compte que c’était vraiment pour le mieux. Cette organisation avait besoin d’un grand ménage. Tout le monde y a passé et aujourd’hui on en voit les résultats.

C’est une équipe qui surprend en ce début de saison. Elle joue avec beaucoup de confiance.

Un spectateur qui se nomme Marc Trestman

L’ancien entraîneur-chef des Alouettes, Marc Trestman, est de passage à Montréal et il assistera à la rencontre de vendredi.

Quand Anthony Calvillo vient assister au match, les joueurs des Alouettes sont contents. Lorsque n’importe quel joueur ou personne qui a travaillé pour l’organisation est présent, de bons sentiments et souvenirs de l’époque où les Alouettes étaient dominants reviennent en mémoire . En espérant que cela pourra leur servir pour le match de vendredi.

Ce sera bien pour les partisans et pour l’équipe de revoir Trestman. Je crois aussi qu’il est très content de revenir à Montréal, lui qui est maintenant l’entraîneur-chef des Bears de Chicago dans la NFL.

Trestman l’a toujours dit, et il le répétera. Il n’était pas venu à Montréal pour avoir un tremplin. Néanmoins, son séjour avec les Alouettes lui a permis d’obtenir un poste d’entraîneur-chef dans la NFL.

De façon plus importante, je pense que son séjour ici l’a changé comme individu. Pour tous ses anciens joueurs, moi-même y compris, on dit que son passage nous a marqués. Mais je crois que pour lui aussi son passage dans l’organisation des Alouettes a été marquant dans sa vie.  

Il est venu à Montréal et est sorti d’un environnement comme aux États-Unis où le football est perçu différemment. Il a fait ses premiers faits d’armes comme entraîneur-chef avec les Alouettes. Il sera toujours très reconnaissant envers l’organisation.

Sa famille et lui sont tombés en amour avec Montréal. C’est plaisant de voir que ce lien d’attachement est toujours présent.

*Propos recueillis par Christian L-Dufresne