mercredi, 15 févr. 2012. 07:41

Au-delà de la remarquable performance de Phil Mickelson qui a inscrit sa 40e victoire en carrière sur le circuit PGA Tour, j'ai retenu deux points qui m'ont particulièrement agacé lors de notre reportage dimanche dernier.

Reportons-nous aux derniers moments d'une interminable ronde finale dans le cadre du tournoi AT&T Pebble Beach Pro-Am.

Tiger Woods s'installe sur le vert du 18e trou pour effectuer un coup roulé qui lui vaudrait un aigle si jamais la balle disparaît au fond de la Coupe. À ce moment, il affiche trois coups de plus que la normale en parcours final, présente une fiche cumulative de -8 et occupe le 15e rang.

Sur le même vert, Mickelson qui a émerveillé les amateurs tout au long de la journée tentera d'inscrire quant à lui un oiselet qui lui permettra de terminer sa journée de travail avec un pointage de 64. À moins d'un miracle de la part de Charlie Wi, qui était du dernier groupe, Mickelson allait savourer sa 40e victoire en carrière.

Woods a raté l'objectif de quatre pieds. Il avait encore une opportunité d'obtenir un oiselet, ce qui lui aurait permis de grimper à la neuvième position au classement. Plutôt que de s'installer et effectuer le coup, il a marqué sa balle.
La règle non écrite au golf professionnel veut que l'on « donne » toute la place qui lui revient à l'éventuel gagnant. Plutôt que d'agir de la sorte, Woods a manqué de tact et manqué de respect vis-à-vis son partenaire de jeu.

On connaît le reste de l'histoire, Mickelson a calé son roulé, Woods a ensuite bêtement raté le sien après avoir étouffé les applaudissements des spectateurs réunis autour du vert.
Triste comportement de l'ancien numéro un mondial d'autant qu'il nous avait montré quelques signes d'impatience et affiché à quelques occasions une arrogance qu'il semble le seul à afficher à la suite de ses bons coups. Ce fut notamment le cas après qu'il eut réussi une sortie de la fosse de sable parfaite au 12e trou. Nullement impressionné Mickelson, quelques secondes plus tard, a calé un long roulé pour sauver la normale.

Woods nous a démontré de belles choses lors des trois premières rondes à Abu Dabhi. Il a terminé le tournoi avec un pointage de 72. Sa rentrée sur le circuit PGA Tour présente la même particularité avec un score de 75 en ronde finale. Il lui reste encore du travail à faire.

Il devrait savoir que son retour dans le cercle des vainqueurs n'est pas uniquement une question de modifier son élan, il lui faudra aussi changer son comportement. Et pour le moment, il ne semble pas maîtriser la situation pas plus dans un cas que dans l'autre.

Le second aspect qui m'a choqué concerne le temps de jeu. À un certain moment, Carlo a mentionné que les joueurs qui patientaient pour jouer un coup avaient déjà passé près de cinq heures et trente minutes sur le terrain. Je comprends très bien qu'il s'agissait d'une formule pro-am et que cela occasionne inévitablement un temps de jeu plus long qu'à la normale, mais il y a quand même des limites. Qui tient absolument à jouer au golf pendant plus de six heures?

Parmi tous les irritants répertoriés chez ceux qui ont abandonné la pratique du golf, le temps de jeu figure généralement en haut de la liste. On ne saurait les blâmer.

Encore et encore avons-nous vu des professionnels s'éterniser lors de la lecture de coups roulés à Pebble Beach dépassant largement les 45 secondes accordées pour effectuer l'analyse et le coup. Si cela peut s'avérer une stratégie pour déstabiliser un adversaire, cela devient également agaçant pour les spectateurs et téléspectateurs. Encore pire, cela se traduit par des habitudes similaires chez les amateurs qui n'hésitent pas à copier les professionnels.

Si les dirigeants du circuit PGA Tour ont du cran, ils devraient imposer des pénalités aux retardataires, un geste qu'ils n'ont pas posé depuis des années.