MONTRÉAL – Deux jours plus tôt, en pareilles circonstances, le but de Brendan Gallagher n’avait été rien de plus qu’un insignifiant moment de réjouissance dans ce qui allait être l’une des pires raclées de la saison.

Lundi soir, alors qu’on ne donnait pas plus cher de la peau du Canadien, celui de Lars Eller a fait la différence dans une victoire inespérée de 4-3 aux mains des Canucks de Vancouver.

Avec son équipe confrontée à un déficit de trois buts dans un deuxième match de suite, Eller est parvenu à produire l’électrochoc qui a réveillé son équipe et ce qui avait toutes les apparences d’une troisième défaite consécutive s’est transformé en une spectaculaire remontée.

« On aurait bien sûr préféré être en avance 3-0, mais je crois que c’est la première fois de la saison qu’on se remet d’un retard de plus d’un ou deux buts. C’est très satisfaisant. Ça bâtit le caractère dans le vestiaire, ça bâtit la confiance. »

Avec Devante Smith-Pelly à sa gauche, Eller n’a jamais considéré une autre option que le tir au but.

« Leur défenseur jouait la passe, alors la décision a été facile à prendre, décrivait le Danois, qui revendique maintenant six buts depuis le début de la saison. À 3-1 avec plus de la moitié du match devant nous, l’écart ne semblait soudainement plus aussi grand si on se concentrait simplement à aller chercher un but à la fois. »

Max Pacioretty et Tomas Fleischmann ont franchi le reste de la route menant à la parité, puis David Desharnais a inscrit son troisième but gagnant de la saison en prolongation. Mais après le match, tous parlaient du but d’Eller comme du point tournant du match.

« Le but de Lars nous a donné beaucoup de vie », a remarqué Michel Therrien tandis que P.K. Subban affirmait avoir senti l’espoir renaître après le but du 81.

« C’était tous des gros buts, mais celui-là a parti le bal et on n’a jamais regardé en arrière après ça », n’a pas hésité à dire l’auteur du but vainqueur.

ContentId(3.1162297):Canucks 3 - Canadiens 4 (Prol.)
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Le résultat positif est toutefois venu remettre à plus tard une récurrence sur laquelle il faudra éventuellement se pencher sérieusement. Le Canadien a connu un autre début de match atroce. Pour un quatrième match de suite, il s’est tiré dans le pied dans les premières minutes de l’engagement initial. Il a maintenant donné sept buts en première période à ses trois dernières sorties.

« On ne le fait pas exprès, mais on est évidemment conscient qu’on doit connaître de meilleurs départs, rassurait Eller. C’est une facette du jeu dans laquelle on excellait en début de saison, mais présentement, il y a place à amélioration. »

« C’est difficile d’entamer le match comme des déchaînés pendant 82 matchs, mais on doit réaliser que tant qu’on continuera de connaître des départs de la sorte, les autres équipes en profiteront parce qu’elles seront prêtes dès la première mise en jeu », concédait calmement Subban, qui préférait pour l’heure se concentrer sur le bon côté des choses.

« On a bien répondu quand ils ont porté le score à 3-0. On a fait beaucoup de bonnes choses dans la deuxième moitié du match et je crois qu’on méritait la victoire ce soir. »

« Des fois, des choses comme ça arrivent, mais justement, l’important c’est d’être capable de se relever », notait Desharnais sur le même ton optimiste.

Le Canadien montre une fiche de 2-2 lorsqu’il tire de l’arrière après 40 minutes de jeu. Il a marqué 25 de ses 67 buts après le deuxième entracte.

« Depuis le début de l’année, je crois que nous avons démontré que nous sommes une équipe qui est à son meilleur en troisième période, faisait remarquer le gardien Mike Condon, auteur de 23 arrêts dans la victoire de lundi. Au deuxième entracte, ça respirait la confiance dans le vestiaire. On avait encore beaucoup d’énergie et on savait qu’on allait sortir en force. C’est exactement ce qu’on a fait. »