On va le dire bien simplement : le Canadien s’est fait planter royalement alors qu’Alexander Ovechkin, avec ses quatre buts, a donné le ton à la victoire de 6-1 des Capitals.

 

C’était laid. Vraiment. De fait, à part quelques beaux jeux de Paul Byron et Charles Hudon, à part quelques présences intéressantes de Victor Mete, à part une belle séquence en avantage numérique en deuxième période, le Canadien n’a rien fait de bon à Washington samedi.

 

Comme l’a d’ailleurs candidement reconnu Claude Julien, il est impossible de gagner avec seulement une moitié d’équipe. La question : où diable était l’autre moitié? Déjà à New York où le Canadien croisera les Rangers dimanche? Si tel est le cas, espérons seulement que les deux moitiés seront cette fois du rendez-vous.

 

Sur quoi s’attarder après un match aussi affreux?

  1. Les Capitals ont le numéro de Carey Price
  2. Protéger Mete oui, mais à quel prix
  3. Petry : de mal en pis
  4. Ovechkin : un divorce payant
  5. Petits détails, grosses conséquences

Chiffre du match : 70

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le Canadien a décoché un total de 70 tirs (39 cadrés) samedi soir à Washington, soit 33 tentatives de plus que l’ont fait les Capitals qui ont touché la cible 23 fois seulement.

Comme quoi il vaut parfois mieux tirer moins souvent, mais obtenir de bonnes occasions de marquer que de poivrer le but de tirs anodins...

 

Les Capitals ont le numéro de Carey Price

 

Parce que Carey Price et Braden Holtby sont deux des excellents gardiens de la LNH et qu’ils devraient encore cette année être du sprint final dans la course au trophée Vézina, le duel Canadien-Capitals promettait un face-à-face intéressant entre les deux gardiens. Surtout que Price a des choses à se faire pardonner face aux Caps.

 

De fait, les Capitals sont la bête noire de Price dans l’Association Est. Avec les quatre buts accordés en première période hier, et le revers qui vient avec, Price a maintenant encaissé 12 revers en temps réglementaire (6-12-4) en carrière contre Washington. Sa moyenne de buts alloués par match oscille autour de 3,17 et son efficacité n’est que de 89,5 %.

 

Inversement, Holtby a le numéro du Tricolore comme le confirme sa fiche de 11-1-2, sa moyenne qui oscille autour 1,60 but alloué par match et son efficacité de plus de 94 %.

Dont-on blâmer Price dans la défaite de samedi?  Bien sûr! À titre de plus haut salarié, de pierre d’assise du club, Price a non seulement le mandat d’être le meilleur de camp, mais il doit également remplir le rôle ingrat de racheter les erreurs de ses coéquipiers. Il ne l’a pas fait hier. Vrai que n’importe quel gardien de la LNH aurait pu être surpris par la frappe surprenante il est vrai d’Ovie sur son premier but. Vrai aussi qu’autour de lui, ses défenseurs ont bien davantage compliqué son travail qu’ils ne l’ont facilité. Mais un gardien du statut de Price doit être en mesure de se remettre d’un mauvais but, ou de deux. Samedi, on l’a senti déstabilisé et même dépassé par le début de match canon d’Ovechkin et ses coéquipiers.

 

Claude Julien a pris – selon moi – une très bonne décision en le gardant au banc après le premier entracte. Ça lui permettra de revenir devant le filet dès dimanche et de se reprendre face aux Rangers qui jouaient, eux-aussi, samedi, et qui ont perdu 7-5 à Toronto, alors que les Leafs ont chassé Henrik Lundqvist avec cinq buts sans riposte au cours du premier vingt.

 

Bonne nouvelle pour Price, ses coéquipiers et leurs partisans, Carey présente un dossier de 15-5-1 en carrière contre les Rangers en matchs de saison régulière. Il a remporté ses 10 dernières décisions, 14 des 15 dernières.

 

En passant, c’est contre Edmonton (86,7 %), Colorado (88,8 %) et Minnesota (89,1 %) que Price affiche ses pires moyennes d’efficacité.

 

Protéger Mete oui, mais à quel prix?

 

La contre-performance de Carey Price a certainement miné les chances de victoires du Canadien à Washington. Mais que dire que la décision de remplacer Victor Mete par Jordie Benn à la gauche de Shea Weber?

 

Parce que le Canadien croisait une machine offensive redoutable, je comprends très bien Claude Julien et ses adjoints d’avoir voulu protéger le jeune de 19 ans. L’ennui, et il est énorme, c’est qu’en voulant protéger Mete, on a nui à l’équipe alors que Benn a beaucoup moins bien joué que l’arrière recru. Benn a de belles qualités. Il les a démontrées l’an dernier après son acquisition alors qu’il a abattu du bon boulot au sein d’un troisième duo. Mais il n’a pas la vitesse – que ce soit au chapitre du coup de patin ou de l’exécution – pour relever le défi au sein d’un premier duo.

 

Mark Streit non plus.

 

De fait, Streit a grandement compliqué le travail de Mete au sein du troisième duo alors que sa lenteur l’a empêché de soutenir son jeune coéquipier. De fait, c’est Mete qui a tenu à bout de bras Streit au cours de la partie.

 

J’ai bien hâte de voir comment Julien et son équipe réagiront au terme d’un match aussi lamentable en défensive. Car bien qu’on veuille – et je répète que c’est normal – protéger Mete, les deux premiers matchs démontrent que le Canadien n’a pas les effectifs pour y arriver. Car les défenseurs appelés à la remplacer à la gauche de Weber sont simplement moins bons que lui. Ou en fait, ils sont tellement lents qu’ils exposent l’ensemble de leurs lacunes.

 

Petry : de mal en pis


Que Jordie Benn ait bien mal paru au sein d’un premier duo ne devrait pas surprendre grand monde. Du moins je l’espère...

 

Mais que Jeff Petry ait joué plus mal à Washington qu’il ne l’avait fait à Buffalo – où il a été carrément mauvais jeudi soir lors du premier match de la saison – soulève pas mal plus de questions. Et ça devrait soulever aussi pas mal plus d’inquiétudes.

 

Jeff Petry est un bon défenseur. C’est lui qui devrait être le défenseur numéro deux du Tricolore. Avec la complicité de Karl Alzner qui lui apporte une protection défensive et un élément de robustesse pour l’appuyer, Petry devrait être un atout pour le Canadien. Pas un boulet. Petry peine à relancer l’attaque. Il peine à contenir les adversaires qui filent de son côté. Il peine à gagner les batailles qu’ils livrent – et elles ne sont pas nombreuses – le long des bandes ou devant son gardien. Il manque de vigueur, de conviction. Ce n’est pas normal. Pas normal du tout, car sans être un candidat au trophée Norris, il nous a habitués à du bien meilleur hockey.

 

Je sais que la saison n’est vieille que de deux matchs et qu’il est un brin tôt pour paniquer. Mais on a vu dans les deux premiers matchs de Petry une continuité de ce qu’il a offert en matchs préparatoires. Loin de s’améliorer, les choses régressent dans son cas.

 

Et ce ne sont pas Joe Morrow ou Brandon Davidson que le gardien a gardé par défaut avec le club après des camps moribonds qui peuvent venir remplacer Petry et offrir des performances supérieures. De fait, je ne crois pas qu’ils puissent avantageusement remplacer Benn ou Streit non plus.

 

Je ne crois pas que la présence de David Schlemko ait été attendue avec autant d’impatience depuis le début de sa carrière.

 

Un autre exemple de la grande vulnérabilité de la défensive du CH.

 

Ovechkin : un divorce payant

 

Alexander Ovechkin a réalisé samedi ce qu’on n’avait pas vu dans la LNH depuis 100 ans. Et c’est long 100 ans. Ovie a enfilé des tours du chapeau à ses deux premiers matchs en saison régulière pour la première fois depuis que Joe Malone du Canadien de Montréal, Reg Noble (Toronto Arenas) et Cy Denneny (Senators d’Ottawa) ont réalisé cet exploit en 1917.

 

Ovechkin a aussi ajouté un but. Ça lui en donne sept en deux rencontres. L’an dernier, le capitaine des Caps avait eu besoin de 11 parties pour atteindre ce plateau.

 

Pas question ici de vous dire qu’Ovechkin maintiendra ce rythme toute la saison ce qui lui donnerait une année de 451 buts. Mais avec un tel début, il est clair qu’il éveille des espoirs pour un possible 50 buts en 50 matchs. Et disons qu’il s’offre tout un départ dans la course au trophée Maurice-Richard qu’il a déjà gagné à six reprises.

 

Ovechkin compte 564 buts à sa fiche en 923 matchs en carrière. Après des saisons de 32 buts en 48 rencontres (calendrier écourté en raison du lock-out), et de 51, 53 et 50 filets, le capitaine des Capitals s’est contenté de 33 buts l’an dernier. Sa pire saison à ce chapitre si l’on considère qu’il a inscrit 32 buts en 79 rencontres en 2010-2011.

 

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais Ovechkin tient à nouveau entre ses mains des bâtons CCM cette année. Il était avec Bauer au cours des huit saisons précédentes. Je ne sais pas à quel point cela joue en sa faveur, mais si j’étais CCM je soulignerais avec insistance ce retour aux sources et Ovechkin d’or. Ce qui ferait de son divorce avec Bauer, un très rare divorce payant…

 

Petits détails, grosses conséquences

 

Il est très facile d’analyser et de remettre en question après coup des décisions prises dans le feu de l’action.

 

Cela dit, je me demande pourquoi Claude Julien n’a pas réclamé un temps d’arrêt immédiatement après le deuxième but des Capitals, but que T.J. Oshie a enfilé après 46 secondes de jeu seulement. Il me semble que ce temps d’arrêt aurait calmé son club et aussi les Caps qui ne devaient pas plus comprendre que leurs adversaires ce qui se passait sur la glace à ce moment... Le temps d’arrêt est venu deux minutes et cinq secondes plus tard, mais c’était rendu 3-0…

 

Haché menu au score final, le Canadien l’a aussi été aux cercles des mises en jeu alors que les Capitals ont gagné 41 des 67 duels disputés pour une moyenne de réussite de 61 %. Seule source de réjouissance avec le faible 39 % du Canadien, Jonathan Drouin a terminé sa soirée avec 53 % (9 en 17) la seule note au-delà de 50 % de son camp…

 

Après un match solide à Buffalo, le premier trio du Canadien a été bien discret samedi à Washington. Tout comme le deuxième… De fait, Paul Byron, Charles Hudon et Artturi Lehkonen ont peut-être été les joueurs qui se sont signalés le plus positivement à l’attaque pour le Tricolore samedi. Ce n’est pas normal et pas assez pour gagner…

 

Alex Hemsky a été embauché à titre de joueur autonome pour donner un peu de punch à l’attaque massive du Canadien. Après deux matchs, Hemsky s’est plutôt signalé en écopant quatre pénalités mineures. Il était d’ailleurs au cachot lorsqu’Ovechkin a marqué le deuxième de ses quatre buts. On ne peut pas dire que ce sont la bonne façon de faire bonne première impression…

 

Le Canadien n’a pas encore marqué en sept attaques massives. Il peut se consoler avec deux buts enfilés en désavantages numériques. Aïe! On se console comme on peut...