SYRACUSE, New York - Quatorze jours. Voilà combien de temps a duré la saison régulière 2018-2019 de Michaël Bournival, qui redouble présentement d’efforts au gymnase et sur la glace pour revenir au jeu en séries, afin d’aider le Crunch de Syracuse à y effectuer un long parcours.

 

Pour bien comprendre sa longue absence, rappelons les faits. Le 17 mars 2018, Michaël Bournival frappe Yannick Veilleux, du Rocket de Laval, en coin de patinoire. Une mise en échec banale, un résultat qui ne l’est pas: déchirure du ligament croisé antérieur.

 

Exactement neuf mois plus tard, soit le 17 novembre 2018, Bournival effectue un retour au jeu. Cela ne dure que cinq matchs. Le 30 novembre, à Cleveland, il est en repli défensif et étire le bras droit pour subtiliser la rondelle à un adversaire. Poc. Son épaule débarque. Ça lui était déjà arrivé dans le junior, avec les Cataractes de Shawinigan. Mais cette fois, une opération est nécessaire.

 

Ce qui nous amène à aujourd’hui, quatre mois et demi plus tard. Bournival est tout près d’être à 100% de ses capacités, alors que l’on s’attendait à ce qu’il rate au moins six mois. « J’ai des bonnes chances de jouer, tout va dépendre à quel point on se rend loin en séries, disait Bournival lorsque le RDS.ca l’a rencontré à Syracuse, vendredi matin. Je suis en avance dans ma réhabilitation. J’ai travaillé très fort au gymnase pour me donner une chance de rejouer cette saison. J’espère en avoir l’opportunité. »

 

Moins dur que sa commotion

 

Bournival en a broyé du noir depuis un an, mais ça n’a pas été le moment le plus démoralisant de sa carrière. « Deux grosses blessures back to back, c’est dur sur le moral, avoue le jeune homme de bientôt 27 ans. Ç'a été tough, mais moins pire que la grosse commotion cérébrale que j’ai subie il y a quelques années. N’empêche que deux opérations en neuf mois, c’est pas facile. Surtout qu’au début, je ne pouvais pas faire grand-chose. Il fallait que je laisse mon épaule guérir. »

 

Cette commotion à laquelle Bournival fait référence, il l’a encaissée lors de la saison 2015-2016, dans l’uniforme des IceCaps de St. John’s. Les symptômes qui en ont découlé l’ont limité à 20 rencontres cette saison-là. C’est ainsi que s’est terminé son séjour avec le Canadien, qui a décidé de ne pas lui offrir de contrat à l’été 2016.

 

Après 89 rencontres au total avec le Tricolore, Bournival a pris la direction de Tampa. Il y a deux ans, il a endossé le chandail du Lightning 19 fois et l’an dernier, à cinq reprises.

 

Juliette a tout changé

 

Il espérait à nouveau fouler les glaces de la LNH cette année, mais son épaule en a décidé autrement. Cette fois, ce n’est pas les médicaments antidouleur ni les nombreuses heures passées au gymnase qui ont constitué sa meilleure réhabilitation.

 

C’est plutôt l’arrivée de sa petite Juliette, au début de 2019. « C’est la plus belle chose qui est arrivée dans ma vie, scande Bournival, sourire aux lèvres. Elle apporte beaucoup de positif dans ma vie. Mes priorités ont changé. Une petite fille, c’est la plus belle chose au monde. Je suis choyé qu’elle soit arrivée à ce moment-ci de ma vie. »

 

Sans contrat cet été

 

Parlant de « priorités qui ont changé », Bournival espère éviter un déménagement à sa belle Juliette et à sa conjointe, Marianne, et conclure une nouvelle entente avec le Lightning, cet été. Le Shawiniganais aura alors droit à l’autonomie complète, lui qui a touché 225 000$ à Syracuse, cette saison.

 

« Je n’ai pas parlé à personne du Lightning encore, mais je ne me stresse pas avec ça, note l’ailier gauche de 5 pi 11 po et 198 lb. Je me concentre seulement à revenir au jeu. Je crois que depuis trois ans, j’ai prouvé au Lightning et au Crunch quel genre de personne et de joueur je suis. Je n’ai peut-être pas beaucoup joué cette saison, mais j’ai démontré beaucoup de choses avec mon acharnement au gymnase. Le Lightning, c’est une très belle organisation, qui traite bien ses joueurs. J’aimerais rester. »

 

La bonne nouvelle pour Bournival, c’est que le Crunch de Syracuse a tous les éléments pour se rendre loin en séries, lui qui sied présentement au premier rang de la division Nord.

 

Un retour inattendu lors du tournoi printanier attirerait assurément l’attention des dirigeants du Lightning. Ou ceux d’une autre formation.