OTTAWA – L’entraîneur Mike Sullivan a préféré prolonger le suspense. Est-ce qu’il démontrera de la loyauté envers Marc-André Fleury ou il tentera de relancer son club en le remplaçant par Matt Murray?

De l’extérieur, la décision peut sembler évidente ou même facile puisque c’est Fleury qui a permis aux Penguins de Pittsburgh d’accéder au carré d’as en jouant un rôle majeur dans leur parcours ponctué de la perte d'éléments clés.

Cependant, la réflexion s’avère plus complexe. D’abord, les Penguins viennent de se faire rosser par les Sénateurs et ils souhaitent renverser la vapeur dès la quatrième partie. Sullivan se demande certainement si l’insertion de Murray dans la formation partante peut produire l’effet désiré surtout qu’ils ont soulevé la coupe Stanley avec lui l’an passé.

De plus, les dirigeants des Penguins réfléchissent sûrement au long terme. Le repêchage d’expansion de l’organisation de Las Vegas approche à grands pas et les spéculations laissent croire que les Penguins protégeront Murray au lieu de Fleury pour des questions d’âge et de salaire.

Ainsi, il n’est pas impossible que les Penguins préfèrent investir dans leur relation avec Murray malgré la superbe contribution de Fleury depuis le début des séries.

« On va annoncer le tout en matinée », a expliqué Sullivan devant un mur de journalistes.

« C’est toujours une décision difficile, mais c’est positif dans le sens qu’on peut compter sur deux bons gardiens. Je ne prends jamais cette décision à la légère, on veut choisir l’option qu’on croit qui donne les meilleures chances à notre équipe de l’emporter », a-t-il ajouté sur le même sujet.

Quant à l’aspect de la loyauté, Sullivan a habilement répondu à la question.

« Je pense qu’on affiche de la loyauté envers toute notre équipe, ça ne concerne pas un seul joueur. On forme une équipe. Est-ce qu’on est reconnaissants de la contribution de tous nos joueurs incluant Fleury? Absolument. On ne serait pas rendus à ce point sans ces joueurs. C’est ainsi qu’on voit les choses, il faut être loyal à toute l’équipe », a exposé l’entraîneur.

Il y a deux façons de voir les choses. Sullivan pourrait pencher vers l’option de Murray ou bien il a usé de stratégie en laissant planer cette possibilité au lieu d’identifier Fleury comme son homme de confiance.

ContentId(3.1232836):Marc-André Fleury se fait chasser du match
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Ce n’est pas la première fois que Fleury se retrouve dans une situation particulière quant à son statut avec les Penguins. Ceci dit, la pilule serait sans aucun doute très difficile à avaler s’il était laissé de côté après ce qu’il vient d’accomplir.

Sans surprise, Fleury gardait son attitude positive face à cette incertitude.

« Je n’ai pas encore parlé à Mike, j’espère pouvoir retourner devant le but », a réagi Fleury dans le petit vestiaire de l’Université d’Ottawa.

« Je dois oublier ce qui est arrivé et je dois aussi apprendre de mes erreurs. Il n’y a jamais eu un gardien avec 16 victoires parfaites en séries », a-t-il ajouté.

Dans le dernier droit de l’entraînement du club, Fleury a été aperçu en discussion avec l’entraîneur adjoint Jacques Martin. 

« Ça fait un petit bout que je suis dans la LNH donc je sais quoi faire, mais c’est toujours bon de miser sur des personnes ressources. Je peux lui parler d’un paquet de sujets. Je dois garder une mémoire à court terme et rester positif », a commenté le gardien.

Quant à savoir s’il trouve injuste les critiques qui se tournent rapidement vers lui au lieu de cibler le groupe, Fleury a confirmé que ça faisait « partie de la game » pour un gardien.

ContentId(3.1232855):Les Sénateurs ont frappé tôt et fort
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« Je suis habitué depuis le temps. J’ai le dos large. Mais je ne me préoccupe pas trop de ce que les gens peuvent dire. Je serai prêt pour le prochain match », a noté l’athlète de 32 ans.

Quelques minutes plus tard, ce fut au tour de Murray de répondre aux questions.

« Même si je connaissais la décision, je ne vous le dirais pas », a-t-il rapidement admis avec le sourire.

« Je sais simplement que je dois être prêt pour les deux éventualités. Je vais me conformer à la décision », a relaté l’Ontarien.

De toute manière, Murray ne se laisse pas déranger parce qu’il vient de traverser une année rocambolesque avec sa blessure à la Coupe du monde et celle lors de l’échauffement du premier match éliminatoire.

« Je n’ai jamais vécu une année comme celle-ci, je ne suis pas habitué aux blessures. Mais bon, les saisons sont longues et c’est normal de traverser des hauts et des bas. J’ai persévéré à travers ça et je suis revenu en force chaque fois », a raconté Murray en retenant le bon côté.

Brassard est content que la confiance de Fleury ait été ébranlée

ContentId(3.1232850):Penguins 1 - Sénateurs 5
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Contrairement aux Penguins, les Sénateurs ont profité d’une journée de congé et quelques joueurs ont été mandatés pour s’adresser aux médias. Ils ont tous été questionnés sur la situation des gardiens et Derick Brassard n’a pas craint d’y aller de cette réponse.

« Peut-être ça va être bon pour notre équipe d’avoir ébranlé sa confiance », a-t-il déclaré.

« On s’attend à le voir devant le filet, mais ça ne change absolument rien que ce soit lui ou Murray parce que ce sont deux gars qui ont prouvé qu’ils peuvent gagner dans cette ligue. Fleury, c’est un compétiteur, on s’attend à ce qu’il offre une meilleure performance », a poursuivi Brassard.

Malkin garde la foi en Fleury

Ça fait déjà plus de 10 ans qu’Evgeni Malkin est le coéquipier de Fleury. Ils ont vécu plusieurs expériences amusantes ensemble et Malkin se dit persuadé que son copain pourra rebondir s’il en a la chance.

« Fleury n’a pas eu son meilleur match, mais je sais qu’il serait prêt à jouer la prochaine partie. Il a une bonne confiance et on croit en lui.

« Ce n’était pas seulement lui le problème, tous les joueurs ont connu une mauvaise prestation. Il faut oublier ça, ce n’est qu’un match et ce n’est pas fini. On croit en notre groupe. C’est vrai qu’on a mal joué, mais c’est à nous de faire le contraire dès la prochaine partie », a enchaîné Malkin qui assure bien composer avec la pression qui repose sur lui, Sidney Crosby et Phil Kessel pour compter plus que trois buts en trois matchs. 

Fleury ou Murray, la décision qui pourrait tout changer
Qui? « Fleury, Fleury, Fleury! »
Une débandade chez les Penguins