jeudi, 14 mars 2013. 20:15

À quelques heures de disputer un premier match devant nos partisans, l'esprit des joueurs n'est pas dans le même état que l'an dernier lors de la partie d'ouverture contre Chicago.

L'an dernier, tout était nouveau et on n'avait pas la même sérénité par rapport à notre jeu et à notre image. On était sur les talons et on n'avait pas de vraie identité. Maintenant, nous avons une année de plus dans nos jambes et deux victoires sur la route en poche. Le niveau de confiance est nettement plus élevé et nous sommes plus prêts à passer à l'attaque.

Devant 59 000 personnes au Stade olympique en 2012, on vivait alors un événement unique avec la naissance d'une nouvelle équipe et on était plus nerveux. Personnellement, j'étais très nerveux, car je jouais à la maison. Cette année, c'est différent parce qu'on est plus confiant et qu'on n'a pas peur.

On a remporté nos deux premières parties sur la route sur des pelouses où il est difficile de gagner. On sent cet engouement des amateurs qui se rendent compte qu'il y a déjà des résultats positifs. En tant que joueur, on a les épaules plus hautes et le torse bombé. C'est plus facile d'aller de l'avant après avoir gagné, mais on sait qu'on a encore des choses à travailler.

On a confiance en nos moyens, mais on ne s'enflamme pas. On a deux victoires et c'est très bien, mais on sait qu'il reste encore 32 parties à jouer au calendrier. À chaque match, on cherche simplement à confirmer notre talent et faire mieux d'une partie à l'autre. Comme le dit notre entraîneur Marco Schällibaum, « Aucun match ne sera parfait et le match suivant ne sera jamais pareil. » On sait qu'avec nos succès, les attentes seront plus élevées et que les adversaires vont nous prendre plus au sérieux. Ils vont chercher à démontrer que nos deux victoires n'étaient que de la chance.

« C'est toujours spécial contre Toronto »
« C'est toujours spécial contre Toronto »

Un départ de rêve

Les choses se sont très bien passées pour moi dans mon nouveau rôle en ce début de la campagne. La récupération et la distribution du ballon ont très bien fonctionné. Je pense n'avoir perdu le ballon que deux fois. L'essentiel de mon jeu est défensif. J'ai tout de même été impliqué dans pas mal d'action. D'ailleurs à Portland, j'ai été impliqué dans le dernier but de notre équipe. Je ne sais pas si j'aurai toujours le même rôle dans le schéma de Marco Schällibaum, mais pour le moment, le club gagne. Derrière moi, il y a la défense et le gardien qui font un travail impeccable. Ça rend mon travail nettement plus facile.

On trouvait l'an dernier qu'on n’était pas allé chercher assez de points sur la route. C'est donc une facette importante que l'on doit améliorer pour espérer participer aux séries éliminatoires. On a maintenant autant de victoires à l'étranger que durant toute la saison 2012 et les autres clubs savent maintenant que nous ne serons pas des proies faciles. On a déjà démontré qu'on est serein et qu'on ne panique pas quand le jeu se corse. Lors des 15 dernières minutes de jeu face aux Timbers, on n'avait pas le contrôle du ballon, mais on n'a pas paniqué. On est resté calme et on est allé chercher la victoire. Je pense qu'on a démontré que nous étions vraiment plus matures.

En gagnant le minitournoi en Floride durant le camp, on a augmenté et solidifié notre confiance, particulièrement en défensive. Les tempêtes ne nous font plus peur. On a démontré qu'on était capable de les affronter et qu'il serait difficile pour nos adversaires de percer notre muraille. Nos défenseurs anticipent bien le jeu et notre gardien fait les arrêts clés.

On reconnait qu'on n'a pas eu l'avantage au chapitre de la possession du ballon lors des deux rencontres sur la route, mais l'aspect défensif a été splendide et nous sommes rentrés à la maison avec deux victoires. On doit améliorer la gestion de nos parties. Les choses s'équivalent toutefois parce que l'an dernier, on n'était pas dominé autant au niveau du contrôle du ballon, mais on était plus fragile en défense.

Au niveau offensif, ça demande généralement plus de temps pour se mettre en place. En plus, il faut ajouter qu'on a un nouvel entraîneur qui introduit de nouveaux schémas, qui sont quelque peu différents de ce que nous vivions l'an dernier. Nous sommes plus tranquilles en attaque parce que nous savons que nous pouvons bloquer l'offensive adverse. On sait aussi qu'avec le temps, l'art de dicter l'allure de la rencontre va basculer de notre côté. Éventuellement, on va devenir une équipe dominante dans tous les aspects du jeu.

Les joueurs qui ont rejoint l'Impact en court de route l'an dernier ont pu profiter d'un camp d'entraînement complet cette année. Un gars comme Alessandro Nesta par exemple est avec nous depuis l'ouverture du camp, ce qui lui a permis de se forger une carapace physique pour attaquer la saison. Il a eu le temps aussi de découvrir le rythme de la MLS. La chimie dans la ligne défensive est encore plus forte, car les gars sont prêts à tout et ils anticipent bien le jeu aussi. La communication est également meilleure avec notre gardien Troy Perkins.

L'an dernier, on accordait souvent des buts en situation de jeux arrêtés, sur des coups de pied de coin et dans les dernières minutes. On n'accordait pas de buts toutefois sur des centres ou des ailes. Les Timbers et les Sounders ont centré en masse en début de la saison, mais sans succès. On démontre encore que nous sommes forts au milieu et qu'on sera difficile à traverser.

Rendez-vous avec Toronto

Nos adversaires de samedi sont une formation qui a changé de visage durant la saison morte. Toronto a bâti sa confiance sur sa dernière partie qu'il a gagnée. Je pense que les amateurs vont se régaler de cette bataille de la 401. De toute façon, la rivalité entre les deux villes est naturelle et multiple à divers niveaux. Pas uniquement dans le sport.

Toronto a eu notre numéro l'an dernier et je m'attends à un match intense, car les deux clubs vont sauter sur la pelouse avec beaucoup de confiance. En espérant qu'on en sorte avec trois points.

Pour gagner, il faudra conserver le ballon et dicter le jeu. Nous serons à la maison et on pourra se porter plus vers l'attaque et forcer Toronto à jouer sur les talons. Ça devrait donner plus de chance à nos attaquants de marquer.

Hassoun Camara

Au cours de la semaine, les médias montréalais ont dépeint un portrait fidèle de mon ami Hassoun Camara, qui est aussi mon cochambreur.

Hassoun est une personne tranquille qui se concentre sur le soccer. L'année dernière, il avait été ralenti par des blessures en début de saison, mais il nous avait aidé dans les situations arrêtées. Il joue à la position de latéral droit, qui n'est pas naturelle pour lui. Il a été l'un des meilleurs de l'équipe au cours des deux premières rencontres de l'Impact. En plus, il a marqué un superbe but — que vous avez sans doute vu dans les jeux de la semaine — avec une bicyclette lors du dernier match.

Il apporte beaucoup à l'équipe, car il a une grande capacité aérienne et il sait se démarquer.

Il s'est joint à l'Impact alors que l'équipe était encore en NASL et je sais qu'il se plaît à Montréal. L'aspect francophone facilite son adaptation à la ville. Je pense qu'il aime bien la culture québécoise. On ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve dans le monde du sport, mais je pense qu'il aimerait rester le plus longtemps possible ici.

*Propos recueillis par Robert Latendresse