jeudi, 22 août 2013. 16:24

Même si mes coéquipiers de l'Impact ont perdu 1-0 face au CD Heredia, mercredi en Ligue des champions de la CONCACAF, je considère que l'équipe a joué un match correct dans les circonstances.

Un carton rouge sévère à Adrian Lopez nous a forcés à nous défendre à 10 contre 11 pendant la deuxième demie. C'est quelque chose qui fausse les données dans un match. On n'était plus à forces égales, tout change.

Ça fait longtemps que je connais la CONCACAF, donc le carton rouge qu'a obtenu Lopez n'est plus le genre de décisions qui me surprend. Il y a des différences de culture entre le soccer nord-américain et celui joué en Amérique latine, où le jeu physique est moins toléré. Je ne veux pas pointer l'arbitre du doigt puisque, de son angle, l'appel n'était peut-être pas évident, mais pour ma part, je ne crois pas que ça méritait un carton rouge. C'est une décision qui a changé complètement le rythme du match et la stratégie prévue par l'équipe pour gérer un match de 90 minutes.

Pas une excuse

Mais ça n'excuse pas tout. On a joué une première mi-temps ordinaire pendant laquelle on n'a pas créé beaucoup de chances. Même si l'autre équipe contrôlait plus le jeu que l'Impact en première demie, je croyais qu'on se dirigeait vers un match nul de 0-0.

En deuxième demie, on s'est bien débrouillé même avec un joueur en moins. Dans ce genre de situation, l'équipe devient plus solidaire et les joueurs redoublent d'effort pour contrer l'absence du 11e joueur. Blake Smith et Daniele Paponi ont même réussi à créer deux chances avec un joueur en moins. Même si le CD Heredia avait l'avantage de la possession, on ne peut pas dire qu'ils ont réussi à créer une tonne de chances malgré son avantage d'un joueur.

Il a semblé y avoir mésentente entre Evan Bush et les défenseurs Jeb Brosvky et Hassoun Camara sur l'unique but du match. À leur décharge, il faut dire que ce n'est pas facile de jouer sur une surface artificielle, qui est plus rapide, quand on est habitué à jouer sur une surface naturelle. De plus, le terrain était mouillé, un autre aspect qui ne facilitait pas le travail de personne.

C'est dommage de perdre dans les dernières minutes du match. Ça aurait été bien de se sauver avec un point, surtout si on considère l'effort que les joueurs ont livré en deuxième demie pour maintenir le pointage à 0-0.

L'équipe pense à long terme

La décision de laisser plusieurs joueurs réguliers à Montréal a beaucoup fait jaser, mais elle revient au groupe d'entraîneurs qui l'a prise en pensant à long terme et non juste au match de mercredi. Je ne peux pas donner de détails, mais il y avait quelques blessures mineures à guérir et notre calendrier chargé a poussé l'équipe à choisir de donner du repos à quelques joueurs. Je crois aussi qu'il doit y avoir une certaine rotation des effectifs match après match pour s'assurer d'avoir des jambes fraîches sur le terrain à chaque rencontre.

L'entraîneur a une grande confiance en tout son groupe et il le prouve en donnant la possibilité à des joueurs qui n'ont pas eu l'occasion de jouer depuis quelque temps de disputer ce match. Cette chronique pourrait être bien différente si on avait marqué sur l'une de nos chances. Si l'équipe avait gagné, on dirait que les jeunes ont bien répondu à l'appel. Personne ne se serait plaint d'un match nul non plus. En perdant ce match, c'est certain que cette décision allait être remise en doute.

Le contexte n'était pas idéal pour les joueurs qui disputaient un premier match avec l'équipe. Le match a été joué au Guatemala, sur un terrain artificiel et contre une équipe qui nous était inconnue. Rien pour aider ces jeunes joueurs. De plus, la cohésion n'était pas à son meilleur entre des joueurs qui n'ont pas nécessairement l'habitude de jouer ensemble régulièrement. Une chose est sûre, la seule façon que ces joueurs prendront de l'expérience, c'est avec du temps de jeu. Il n'y a que ça qui améliorera leur compréhension du jeu et pourra ainsi les faire progresser dans le soccer professionnel.

Au final, tout est encore à jouer avec deux matchs à disputer dans la phase des groupes. Nous et Heredia avons trois points chacun alors que les Earthquakes de San Jose n’en ont aucun. Il nous reste un match à jouer contre San Jose et un autre contre Heredia, cette fois à domicile. Si on regarde le classement, ça ferait notre affaire que San Jose batte Heredia afin d'éviter que ces derniers ne s'éloignent au classement. Ça aurait été bien une victoire mercredi, mais il reste beaucoup de soccer à jouer et chaque équipe aura une chance de prendre sa revanche.

Un gros match samedi

En MLS, nous affronterons le Dynamo de Houston, samedi. Nous avons seulement deux points d'avance sur Houston et c'est très serré de la première à la sixième place au classement. En ce moment, chaque match est important puisqu'il reste presque juste des affrontements contre des équipes de l'Est. Nous avons la chance de nous distancer de Houston au classement et nous devrons en profiter pour aller chercher une victoire à domicile comme nous sommes capables de le faire.

*Propos recueillis par Jean-Philippe Daigle