Dans un combat de boxe, un pugiliste peut gagner par décision unanime, décision partagée, décision majoritaire, par disqualification, par retrait ou par arrêt de l’arbitre. C’est une mise hors de combat technique.

Mais il n’y a rien de mieux qu’un bon knock-out!

Après avoir perdu un combat par décision discutable d’un officiel, le regretté Marvelous Marvin Hagler (62-3-2, 52 K.-O.) avait déclaré : « Jamais plus je vais me fier à la décision d’un juge. Sa fiche et sa popularité le prouvent.

Et celle d’Archie Moore (186-23-10, 123 K.-O.), l’ex-champion des mi-lourds qui cherchait toujours la victoire par K.-O :  «Il ne faut jamais laisser son sort entre les mains d’une tierce personne...»

Mais les choses ne se passent pas toujours comme on le veut, surtout avec des rounds de deux minutes chez les femmes.

D’habitude, c’est à Las Vegas que ça se passe. Un juge rend un compte différent des autres et la baraque saute. Le boxeur fait une crise prétextant qu’il aurait dû gagner. Teddy Atlas lance à qui veut l’entendre que c’est un vol manifeste. Qu’untel méritait certainement la décision. Que le juge était corrompu.

Max Kellerman enchaîne et crie au vol. Même Mike Tyson met son grain de sel et voici que Jim Lampley, anciennement de HBO, crache son fiel.

Maintenant, c’est à Montréal que la chicane est prise. Si c’est bon pour Vegas, c’est pour le Québec... non?

Personnellement, je n’ai pas peur de l’admettre. J’ai tendance à favoriser nos boxeurs de chez nous.

Aujourd’hui, c’est le juge Benoit Roussel qui est cloué au pilori parce c’est son vote qui a causé la défaite de Kim Clavel et la chance d’être couronnée championne à nouveau.

Pas une première

Ce n’est pas la première fois que les décisions de Roussel sont critiquées et contestées. Mais il n’est pas le seul.

C’est compréhensible puisqu’il est juge de boxe depuis maintenant 19 ans, soit depuis 2004. Non seulement juge-t-il des combats au Québec, mais on le retrouve un peu partout sur la planète. En carrière, il a officié dans 816 combats.

Samedi soir dernier, j’ai eu l’occasion de décrire l’affrontement de Clavel contre Evelin Nazarena Bermudez en compagnie de l’ex-championne mondiale Marie-Ève Dicaire et de Bernard Barré, un des plus grands connaisseurs de boxe au Québec, sinon au Canada.

Après le combat, je voyais Clavel gagnante 97-93.  Marie-Ève et Bernard présentaient des scores de 96-94.

Dans le sac

J’étais certain que l’affaire était dans le sac. Mais l’annonceur maison Christian Gauthier a voulu étirer la sauce en nommant le score de Bill Lerch en premier : 98-92... Clavel. Puis ce fut au tour de Frank Lombardi, du Connecticut, un autre vétéran de 721 combats de dévoiler son score... 96-94 Bermudez. Ne restait que Roussel.

Hésitation de Gauthier et... 96-94... Bermudez!

Mes deux analystes n’en revenaient pas. La foule rouspétait. On croyait toutes et tous que Clavel était gagnante.

Mais attention... Si le score de Roussel avait été dévoilé en premier, suivi des scores de Bill Lerch et de Frank Lombardi, ç’aurait pu être différent. La pression aurait été sur les épaules de Lerch et pas sur celles de Roussel.

Dicaire

Dicaire connaît bien Roussel. Il a été d’office dans quatre de ses combats et trois fois, il a été le juge qui a donné la plus basse note à notre ex-championne.

Contre Marie Lindberg : Il a donné une note de 99-91 comme Sylvain Leblanc tandis que Jail Casper y allait d’un pointage de 98-92.

Il a donné la note la plus basse à Dicaire contre Mikaela Lauren, Yamila Belen Abellaneda et Paty Ramirez.

Clavel

Roussel a rendu jugement dans trois des combats de Clavel. Deux fois, il a été le plus bas soumissionnaire. Contre Bermudez et contre Naomi Arellano Reyes. Les deux juges ont vu le combat 98-92 pour Clavel. Roussel a donné une note de 96-94.

Marie-Pier Houle

Elle a boxé à quatre reprises alors que Roussel était juge. Roussel a jugé trois de ses combats, l’autre a été un K.-O..

Contre Cindy Reyes Espoinosa (les deux juges : 77-75 et 76-76. Roussel : 77-75.

Contre Timea Belik (59-55 et 60-54). Roussel : 60-54.

Contre Yamila Esther Reynoso (59-55 x 2). Roussel 60-54.

Mary Spencer

Mary Spencer a livré deux combats sous l’œil de Roussel. Elle a passé le K.-O. à Chris Namus et perdu la décision contre Femke Hermans. Les deux juges ont donné la victoire à Hermans 96-94 et 97-93. Roussel a opté pour le plus haut score : 99-91 Hermans.

Caroline Veyre

Veyre s’est battue deux fois alors que Roussel était juge. Elle a vaincu Emma Gongora par 77-75 et 80-72.  Roussel 78-74.

Autre triomphe sur Anaelle Angerville : 59-55 x 2. Roussel : 60-54.

Leila Beaudoin

Deux fois, elle a reçu des notes alors que Roussel était juge. Contre Valgerdur Gudstensdottir. Les deux juges : 60-54 et 59-55. Benoit Roussel : 59-55.

Contre Amel Anouar : 60-54 x 3.

Pourquoi pas trois étrangers?

J’essaie de comprendre pourquoi la Régie n’engage pas trois juges d’ailleurs qu’au Québec quand un ou une de nos pugilistes locaux est de service, surtout lors des matchs de championnat. De cette façon personne ne pourrait crier au meurtre contre un des nôtres.

En somme, c’est une tempête dans un verre d’eau. Je ne changerais pas notre Régie des sports pour celles de Las Vegas ou bien encore de la Californie.

Personnellement, je n’ai jamais aimé la façon dont Roussel juge ses combats. Mais ceci ne veut pas dire que c’est moi qui a raison. C’est un peu comme décrire la météo. Certains diront qu’il fera beau. D’autres admettront qu’il ne fera pas mauvais.

Depuis maintenant 34 ans que je décris des matchs de boxe en compagnie d’Yvon Michel et de Bernard Barré. Combien de fois nos scores ont été différents? Alors on argumente, on gesticule. On prend les juges à partie et on en vient à la conclusion que : la boxe... c’est la boxe. Demain c’est un autre juge qui passera dans le collimateur.

Au fait, le but des Nordiques contre le Canadien le 28 avril 1987 était-il bon?

C’est Kerry Fraser qui était l’arbitre...

Bazinyan dans les grandes ligues

Erik Bazinyan a réussi en six rounds ce que David Benavidez 27-0, 23 K.-O.) a pris onze assauts pour finalement venir à bout de Ronald Ellis (18-4-2, 12 K.-O.). Même Christian Mbilli a dû se contenter d’une victoire par décision contre lui.

Vous me direz qu’Ellis n’avait pas boxé depuis 22 mois, mais tout de même, sa fiche montrait des signes de talent.

Malheureusement, tout comme Mbilli, Bazinyan fait du sur-place. Aux États-Unis, on dirait qu’il n’existe même pas.

Non, mais... Saul « Canelo » Alvarez doit-il rire dans sa barbe. Il laisse ses premiers aspirants se battre entre eux pendant que lui regarde les possibilités d’affronter Terence Crawford ou bien encore Jermall Charlo, le frère de l’autre.

C’est de cette façon qu’on fait la piastre...

Le 25 novembre prochain, Benavidez va se mesurer à Demetrius Andrade, à Las Vegas. Et puis après...

Va-t-on enfin voir « Canelo » contre Benavidez?

« Canelo » l’a déclaré lui-même, il boxe pour l’argent. Et présentement, celui qui pourrait lui rapporter le plus de pesos est Crawford, même si son poids est de 14 livres inférieurs à celui du Roi mexicain.

Quant à Jermall, je ne le vois pas dans la mire de « Canelo ». Un jumeau c’est assez.

Malgré tout cela, Bazinyan, Mbilli, David Morrell (9-0, 8 K.-O.) Jaime Mungia (42-0, 33 K.-O.) et William Scull (21-0, 9 K.-O.) n’ont présentement rien en vue.

Autre que Mbilli, qui est de la même écurie que lui, je verrais d’un bon œil Bazinyan affronter quiconque de ce groupe de champions et de la classe élite.

Peut-être que je rêve en couleur...

Spencer a raté sa chance

Les derniers jours n’ont pas été tellement ensoleillés pour deux de nos boxeuses impliquées dans des matchs de championnats mondiaux.

Toutes deux ont subi la défaite et leur avenir est incertain. Dans le cas de Clavel, elle a déclaré qu’elle poursuivrait sa carrière. Chez Spencer, c’est en suspens.

Cela se comprend puisqu’elle aura 39 ans le 12 décembre prochain.

C’est dommage ce nouveau revers contre Hermans. Elle a bien commencé le combat, mais après le quatrième assaut on a senti ses 38 ans la trahir.

Pourtant, à la veille de son affrontement, elle rêvait d’être championne. Cela fait donc un deuxième revers de suite aux mains de la reine de l’IBF des super-mi-moyennes.

Je demeure convaincu que nos deux vétéranes ont encore de la bonne boxe dans le corps et qu’on les reverra sur le ring, mais il faut maintenant encourager de plus en plus les aspirantes Houle (9-1-1- K.-O.), 33 ans, et Beaudoin (10-1, 1 K.-O.), 27 ans.

« Zurdo » rêve en couleur

Gilberto « Zurdo » Ramirez rêve en couleur en défiant à nouveau Dmitrii Bivol et même « Canelo », si jamais ce dernier accepte de monter son poids à 190 livres.

Ramirez n’a pas eu tellement de difficulté à vaincre Joe Smith fils par décision samedi dernier, mais ceci ne lui vaut pas le droit de croire que Bivol lui accordera une revanche.

Ramirez a subi une sévère correction lors de son affrontement contre Bivol et aucun promoteur sera intéressé à risquer de l’argent pour un deuxième affrontement.

Elles veulent des rounds de 3 minutes

Si la tendance se maintient, les boxeuses livreront des rounds de trois minutes et des combats de douze rounds tout comme les hommes, dans un avenir rapproché.

D’ailleurs, ce sera le cas lors de l’affrontement entre Amenda Serrano (45-2-1, 30 K.-O.) et Danila Ramos (12-2, 1 K.-O.).

Pour le moment, étant donné que les rounds seront de trois minutes, le titre de championne des poids plumes n’est pas à l’enjeu, mais une des quatre Associations devrait offrir son titre prochainement.

Les Avant-gardistes, ce sont elles

Ce sont des ex-championnes, des championnes, des aspirantes et des boxeuses ordinaires, mais elles sont toutes d’accord sur un point.  Elles exigent que les boxeuses soient traitées sur le même pied d’égalité que les hommes avec des matches de douze rounds et des rounds de trois minutes.

Voici les noms des avant-gardistes : Mikaela Mayer, Ann Wolfe, Seniesta Estrada, Laila Ali, Christie Martin, Natasha Jonas, Franchon Crews-Dezurn, Heather Hardy, Christina Hammer, Chantelle Cameron, Sarah Mahfoud, Maricela Cornejo, Elena Reid etc.

Il serait trop long de toutes les énumérer.

Au Québec, inutile de vous dire que de Dicaire en passant par Clavel et les autres, elles veulent toutes des rounds de trois minutes.

Pas de respect

Pour vous donner une idée du peu de respect qu’éprouvent les boxeurs étrangers envers nos pugilistes québécois, le Chinois Zhilei Zhang a déclaré récemment qu’il voulait affronter des rivaux tels Joseph Parker ou bien encore Luis Ortiz d’ici la fin de l’année, si jamais Anthony Joshua ou Deontay Wilder n’étaient pas disponibles.

Zhang a fait cette déclaration il y a une semaine. Je suppose qu’il n’était pas au courant que Parker devait affronter Simon Kean le 28 octobre prochain.

Je suppose qu’il croit fermement que Parker va remporter la victoire sur Kean.

Comment devenir millionnaire en 36 minutes

Maintenant qu’il a vu son frère jumeau Jermell empocher près de trois millions de dollars sans trop forcer en affrontant « Canelo », Jermall (32-0, 22 K.-O.) a aussitôt lancé un défi au roi des 168 livres, histoire de venger son besson.

Imaginez, Jermall n’a pas boxé depuis maintenant 28 mois, soit depuis le 19 juin 2021 et il a été déclaré champion en retrait par le WBC.

Je doute que « Canelo » donne suite à sa requête car il est peu probable qu’un tel affrontement puisse rapporter l’argent que réclame le Roi mexicain pour nourrir ses 32 chevaux de race.

Rozicki en élimination

Ryan Rocky (19-1, 18 K.-O.) détenteur du huitième rang chez les lourds-légers du WBC, s’attaquera au Nigérien Olanrewaju Durodola (43-9, 39 K.-O.), samedi le 2 décembre prochain, au Centre Emera, de Sydney, en Nouvelle-Écosse.

Le titre du WBC est libre depuis l’abandon par Badou Jack.

C’est un affrontement entre deux puissants cogneurs. Rozicki a remporté 18 de ses 19 victoires par K.-O. et Durodola a gagné ses six derniers duels par mises hors de combat.

La seule défaite de Rozicki est cette décision perdue aux mains d’Oscar Rivas (28-1, 19 K.-O.) en octobre 2021.

Bonne boxe!