MONTRÉAL – Les Dieux du football ont rappelé à Johnny Manziel et aux Alouettes qu’on ne se transforme pas en sauveur aussi rapidement. Malgré quelques parcelles de magie de Johnny Football, son premier départ s’est conclu par un résultat catastrophique de 50 à 11.

 

« Les Dieux du football m’envoient une leçon d’humilité », a justement évoqué Manziel dans son point de presse.

 

L’agent de Manziel ne s’était pas gêné pour dire que c’était prématuré d’envoyer son client dans la fosse aux lions si vite. Il a eu sans doute eu envie de rire et de pleurer en même temps alors que Manziel a été victime de quatre interceptions uniquement en première demie! D’ailleurs, le nouveau visage des Alouettes a même commis une interception sur sa première vraie passe et il a été sagement retiré du match au quatrième quart. 

 

Mike Sherman et les dirigeants des Oiseaux avaient plutôt déterminé que Manziel pourrait s’en tirer contre son ancienne équipe. Ils ont eu tout faux alors que les Tiger-Cats de Hamilton ont causé une tonne d’ennuis à Montréal.

 

Manziel a terminé le match en ayant complété 11 de ses 20 tentatives de passes pour des gains de 104 verges. Il a été victime d'un total de quatre interceptions avant de passer ler dernier quart sur les lignes de côté.

 

« Je sentais beaucoup de confiance en vue de ce match, je me sentais préparé et je n’étais pas inconfortable. Je pense que je me suis probablement trop emballé. Ça m’a mené à faire des lancers vraiment pas typiques de ma part. C’est arrivé dès la première séquence offensive et on s’est creusé un trou du même coup. J’assume une grande part de responsabilités pour cette défaite », a répondu Manziel sans se défiler.

 

« Est-ce que j’aurais aimé avoir deux ou trois semaines de préparation avant mon premier départ? Bien sûr », a-t-il tout de même admis.

 

En dépit de l’atroce conclusion, Sherman croit encore que sa décision n’était pas précipitée.

 

« Je n’ai aucun regret. Il devra surmonter ce premier match et apprendre de ses erreurs. Il n’a pas eu tant d’opportunités de démontrer son savoir-faire parce que la protection n’a pas été très bonne. Le seul regret que j’ai, c’est d’avoir déçu une belle foule à domicile dans une belle soirée », a noté l’entraîneur en admettant que personne n’avait l’air prêt pour ce duel.

 

Il ne faudra jamais oublier que l’Américain de 25 ans a été intégré à une équipe en déroute. Sur le premier touché des visiteurs, Hamilton a mangé tout rond la défense montréalaise – embêtée par plusieurs blessures  - qui a concédé un immense total de 521 verges dans cette partie. Quant au suivant, c’est la gaffe de Manziel qui a coûté le majeur. Pour le troisième, ce sont les unités spéciales qui ont foiré alors que le botté de dégagement de Boris Bede a été bloqué.

 

Le premier quart s’est finalement conclu alors que les visiteurs menaient par l’inimaginable pointage de 28 à 0 ! Sherman va sans doute passer la nuit à se demander pourquoi sa troupe n’était pas prête.

 

Une catastrophe sur toute la ligne

« Je ne peux pas l’expliquer, j’aimerais pouvoir le faire. La préparation avait été bonne, mais on n’a pas été en mesure de transposer les entraînements sur le terrain pour le match. Ils ont clairement botté notre derrière et je parle des joueurs et des entraîneurs. On s’est tous fait botter le derrière ! », a lancé Sherman.

 

« On a manqué le début du match, ça, c’est certain. C’était inacceptable dans les trois phases de jeu au premier quart. On n’avait pas de jus, on ne s’est pas présenté carrément. On ne peut pas offrir ça à nos partisans. Il faut respecter les gens qui sont dans les gradins, ceux qui paient de l’argent pour venir ici », a déploré Patrick Lavoie en parlant des 18 576 fans. 

 

« On avait l’air d’une équipe collégiale sur le terrain en première. C’est tout le monde, la ligne offensive, celle défensive, l’attaque, la défense. Tout le monde a joué de manière pourrie », a expulsé le centre Kristian Matte avec frustration.

 

Ceux qui n’ont pas regardé le match pourraient croire que c’est un peu fou d’écrire cela, mais Manziel a tout de même démontré des choses très intéressantes. Même s’il s’agissait de son premier départ depuis le 27 décembre 2015 – un désert de 950 jours -, il a démontré qu’il pouvait encore éviter plusieurs plaqués et décocher de très belles passes en mouvement.

 

« Il n'y a pas d'excuse »

Toutefois, avec un précipice de 38-3 après une demie, il ne fallait pas croire à un miracle. C’est sans compter que la ligne offensive des Alouettes – qui change à chaque match et même au cours de celui-ci – n’a pas facilité la vie de Manziel. La défense devra également cesser de se faire malmener pour lui donner une chance.

 

Au final, la patience des partisans a encore été mise à rude épreuve alors qu’ils ont assisté à un neuvième revers consécutif à domicile. Les Alouettes ont une fiche de 1-17 depuis 18 rencontres et de 1-6 cette saison, le pire de la LCF.

 

On pouvait tout de même sentir l’excitation de plusieurs spectateurs quand Manziel prouvait qu’il détient des atouts pour s’illustrer au nord de la frontière. Rappelons que nul autre que Doug Flutie avait éprouvé des difficultés à sa première saison au sein du circuit canadien.

 

Le mandat de mener à son équipe à la victoire dès un premier départ dans la LCF n’est pas une tâche facile. À preuve, depuis 2005, les quarts-arrières ont un dossier de 24-42 à leur première sortie.

 

Les Alouettes tenteront de freiner cette séquence de quatre revers, le 11 août, lors d’une visite sur le terrain du Rouge et Noir d’Ottawa.

 

Retour sur les quatre interceptions

 

Logiquement, tous les yeux étaient tournés vers Manziel pour son envol en sol canadien. À la suite d’une petite remise vers l’avant qui a été comptabilisée comme une passe, Manziel est tombé dans le piège tendu par Hamilton. Larry Dean a reculé en couverture à la dernière seconde et il s’est interposé devant B.J. Cunningham pour l’interception. Un résultat qui était annonciateur de la suite.

 

Sur la deuxième interception, Manziel a vraiment manqué de veine. Il venait d’éblouir le stade en évitant trois plaqués, mais sa passe haute a échappé à Tyrell Sutton pour tomber dans les mains d’un adversaire.

 

Les Alouettes tiraient de l’arrière 28-3 au moment de la troisième interception. La passe de Manziel vers Ernest Jackson a nettement manqué de précision alors qu’il voulait relancer son club.

 

Quant à la quatrième interception, le numéro venait de réussir quelques passes intéressantes, mais il a été trop gourmand alors qu’il était dans la zone payante.

 

Les joueurs des Tiger-Cats ont donc eu le dessus sur leur ancien coéquipier. Même que Don Unamba, qui a déjà joué avec les Alouettes, s’est permis de célébrer un plaqué avec un geste que Manziel a utilisé dans le passé.

 

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